Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Quelques heures en taxi - Addis-Abeba_Nov. 2009

ADDIS ABEBA - Rétrospective

Une matinée avec D*, chauffeur de taxi


Pour une idée plus précise de ce métier bien spécifique - Septembre 2010 :

http://www.addisfortune.com/Besso%20Comes%20to%20Town.htm


Pour réaliser une planche contact sur Addis Abeba, j'ai suivi D*, samedi dernier, un chauffeur de taxi qui a gentiment accepté de faire le guide. D* joue au rugby avec mon mari, c'est ainsi que je l'ai rencontré. Rendez-vous fixé à 8h30 près du Swiss Café, dans la file bleue des taxis éthiopiens. Il est à l'heure et m'interroge immédiatement sur mes motivations et sur ce que j'attends de lui. Je m'assois, je range mes appareils sous ses yeux amusé, puis nous partons nous ranger dans une autre file d'attente, dans une rue adjacente au boulevard de l'église Medhen Alem. Là, nous commençons à prendre quelques poses, il me donne des idées, s'intéresse à mon parcours, avant d'embarquer les premiers clients à qui il me présente. Ceux-là ne désirent pas être pris en photo. Je me concentre donc sur les paysages. D* me parle de son métier, de ses clients, de ses tarifs. Il m'entretient aussi sur sa rencontre avec le milieu du rugby. Après avoir déposé ses clients, nous retournons au point de départ et embarquons d'autres personnes qui jouent le jeu : c'est l'occasion de prendre mains et positions. Dans une autre rue, nous nous rangeons et attendons de nouveau. Nous discutons avec d'autres chauffeurs de taxi, près d'un building en construction dont les ouvriers, peu farouches, désirent eux aussi être immortalisés ! Je m'assois à l'arrière, nous repartons attendre ailleurs : quelques photos de l'extérieur, et D* va chercher ses amis chauffeurs : il les prie de s'installer sur sa banquette arrière pour que je puisse les photographier ! Une convention qui fonctionne à condition de ne pas prendre en photo le visage, ce qui ne me dérange pas, au contraire ! Puis d'autres personnes s'assoient au fur et à mesure dans la voiture : aujourd'hui, D* fait du 'sharing' ; dans la semaine, il a aussi des contrats avec des 'farengis' notamment. La course en sharing dépend bien entendu de la distance parcourue, ici elle est de 1. 20 birs. Dans le taxi, un djiboutien entame immédiatement une conversation en français, alors que d'autres clients s'installent. Ceux-ci acceptent d'être photographiés. Nous retournons au point de départ, cela fait bientôt deux heures que nous roulons ainsi. D* me dépose près du Swiss Café d'où j'entreprends de faire des photos de ville : au dernier étage du building, les cadres fenêtres s'ouvrent vers l'intérieur, ce qui permet de s'attarder, de choisir le bon angle et d'observer l'avenue de l'église. Ensuite, je me rends vers le Jumbo Buiding, où je monte les six étages avant de sympathiser avec le gardien de l'immeuble qui me donne accès aux terrasses. Plan large sur l'église et Djibouti Street. Puis, au Edna Mall, je monte encore les 5-6 étages : les fenêtres s'ouvrent malheureusement vers l'extérieur, les plans sont plus compliqués mais l'arrondi de l'immeuble m'offre plusieurs perspectives sur Djibouti Street et Bolé Mini. Entre buildings en construction et immeubles neufs, Addis Abeba ressemble plus à un chantier qu'à une ville : les piliers et les fers à bétons rencontrent les fenêtres glacées des immeubles récents, dans une perspective urbaine incroyable. Ce capharnaüm éthiopien raconte bien l'identité de cette citadine cosmopolite.

Un dernier tour en bas, c'est toujours intéressant d'adopter deux points de vue, aérien mais terre à terre, terrestre et irréel … Finalement, et contrairement à ce que je pensais, je ne me suis pas faîte agressée par des récalcitrants à la photographie. Au contraire, les personnes que j'ai croisées étaient plutôt amusées et intéressées. Un bon jour sûrement !

Dans la rue du retour, c'est l'heure du déjeuner et les ouvriers sont assis sur les bancs des petites gargotes : ils m'accostent gentiment, prêts à prendre la pose ! Près de chez moi, un éleveur vient de tuer ses bêtes : les têtes et les peaux de moutons gisent sur le sol, entre flaques de sang et couteau acéré : dernier cliché sur la ville pour aujourd'hui, le cœur au bord des lèvres !

 

Nathalie GUIRONNET

23/11/09



27/11/2009
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