Une vie en Afrique

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Le sud-est éthiopien - septembre 2009

LE SUD-EST ETHIOPIEN – SUR LA ROUTE DE DJIBOUTI

DIRE DAWA –ADDIS ABEBA

Du 11 au 13 Sept. 2009 

Jour 1 – Vendredi 11 septembre 2009 : DIRE DAWA – SOMALIE LAND

7h, l’avion d’Ethiopian Airlines est à l’heure. Après un enregistrement et des formalités plus que rapides, nous nous asseyons dans ce petit Fokker 50 bondé de la compagnie éthiopienne. A mes côtés, un jeune guide francophone qui me permettra de passer les 55 minutes de vol agréablement. A l’arrivée, le temps est particulièrement dégagé et les températures plus hautes qu’à Addis Abeba. Dire Dawa se trouve à 1220 m d’altitude et environ 515 Kms de la capitale. Pas de problème pour sortir de ce paisible petit aéroport de province où notre voiture (que nous avons fait monter la veille depuis Addis Abeba) nous attend.

Direction, le Samrat Hotel, 4 étoiles affichées, à priori le meilleur de Dire Dawa. De prime abord, la piscine semble bien agréable et l’hôtel y gagne en points. Techniquement cependant, ne surtout pas se fier aux quatre étoiles dudit hôtel ! Petit tour des chambres : odeur de tabac froid, Wc qui coule (donc qui ne fonctionne qu’une fois), inondation dans la salle de bain (la pose est éthiopienne bien entendu), sol sale (la propreté des sanitaires laisse aussi à désirer), deux ampoules grillées, ascenseur en panne (embêtant quand votre chambre se trouve au troisième étage et qu’il faut monter une soixantaine de marches). Heureusement, la climatisation et le ventilateur des chambres fonctionnaient, et l’eau de la piscine semblait propre ! A noter, les clients de l’hôtel n’ont pas accès gratuitement à la piscine, mais une réduction leur est accordée !! Compter 428 birrs pour une chambre double. Le restaurant est correct. Vous avez un large choix pour le petit-déjeuner. A titre indicatif, le full breakfast est à 35 birrs, le continental est à 25 birrs. Les jus de fruits sont frais et on peut avoir du lait pour les enfants. Un restaurant indien se trouve dans l’enceinte de l’hôtel, ainsi qu’un café avec billard. Enfin, le parking est gardé et l’hôtel semble avoir un générateur.

Dire Dawa est une tranquille petite ville de 150 000 habitants où l’on ne trouve que l’indispensable ! Pas de supermarché mais des stations services (leurs superettes proposent boissons, eau fraîche et gâteaux – prix sensiblement les mêmes qu’à Addis A.) et des petits cafés plus ou moins accueillants. De belles allées de flamboyants encadrent les routes particulièrement fréquentées par les bajajs. La ville n’est pas construite en hauteur, peu d’immeubles ici. L’architecture de certains quartiers est à influence arabe, toute en courbe, dans les tons ocres, et rappelle les quartiers musulmans d’Afrique de l’ouest. Un fleuve (asséché) traverse la ville de part et d’autre. Pour y avoir vu les éthiopiens culs nus y faire leurs besoins sans aucune pudeur, je vous assure qu’il vaut mieux ne pas trop s’en approcher ! Les multiples petits marchés de Dire Dawa montrent son ouverture vers l’extérieur (marché asiatique, marché du khat à voir de nuit) ; le marché « africain », tentures en plastique et sol boueux, regorge en cette saison d’excellentes mandarines vertes, de pêches locales, de pommes cannelle et de mangues. Beaucoup d’ambiance, de marchandage et de discussions autour des farengis. Photos autorisées et mêmes plébiscitées. Nous faisons l’attraction.

Puis nous empruntons la route menant vers le Somalie Land. Le paysage change radicalement de ce que nous connaissons : yourtes en toiles et conserves recyclées, terrain pierreux et sec mais arboré d’épineux. Vous pourrez y croiser de nombreux animaux tels que de grosses tortues de terre, des marmottes, des dik-diks, des rapaces, des dromadaires (il faut savoir que les éthiopiens les exportent vers les émirats), des colonies de singes, des antilopes et des autruches, des chacals. On dit qu’on peut même y voir des guépards, mais nous n’avons pas eu cette chance. A quelques kilomètres seulement de la frontière somalienne, le sable est omniprésent et les rares épineux rasent le sol. Nous allons à la rencontre des autruches et arpentons le désert avec nos 4x4, roulant derrière le troupeau d’animaux sauvages avant de nous arrêter et de pique-niquer à quelques centaines de mètres des volatiles. Nous admirons ce splendide paysage si silencieux. Qui pourrait savoir qu’à moins d’une heure d’ici se trouve la frontière virtuelle entre l’Ethiopie et la Somalie ? Qu’à seulement une quinzaine de minutes de là on trouve les premiers magasins de contrebande, nous rappelant au passage la problématique d’une région écartelée entre la Somalie, pays de non-droit, et Djibouti, d’où parviennent une multitude de produits de contrebande arrivant directement de la zone franche des Emirats. Une région occupée par une population mixte luttant pour préserver qui ses droits, qui sa culture. 

Au retour, nous empruntons la contre-piste, excellente, pour le fun, et remontons sur quelques kilomètres, la route vers Dire Dawa. De nombreux gués, mais peu d’eau. Nous nous arrêtons rapidement sur le lit d’une très ancienne rivière et cherchons quelques pierres fossilisées que nous rapporterons à Addis Abeba, l’une pour l’école, l’autre comme souvenir. Entre les pierres, nous fouillons, nous pensons, nous admirons cet admirable coucher de soleil aux teintes violettes, certainement un des plus beaux que j’aurai eu l’occasion de voir.

Heureusement que la piste est bonne ; nous rentrons de nuit. Il nous aura fallu 2h30 à 3h de route aller et retour (soit 7 heures, pauses comprises) pour découvrir cet autre monde.

A Dire Dawa, le soir, vous pourrez tester le restaurant italien PARADISIO. Excellent, pâtes cuites al dente, sauces goûteuses, mais pas de pizza ! Le chemin vers l’hôtel se fait en bajaj, où nous nous entassons à cinq dedans ! Sensations garanties à chaque virage et au passage des vitesses ! Compter 3 birrs pour le groupe, de nuit.

 

Jour 2 – Samedi 12 septembre 2009 : DIRE DAWA – HARAR - BABILLE

Après avoir fait le plein d’eau et d’essence, nous quittons Dire Dawa pour Harar. La route est sinueuse et ascendante. On se rend compte à quel point Dire Dawa se trouve profondément encaissée entre les montagnes ; de ce fait, la ville reçoit toutes les eaux pluviales en provenance des hauteurs, allant même parfois jusqu’à provoquer des inondations et des catastrophes humaines. Le paysage est étonnamment vert. Des champs de maïs aux cultures en terrasse, différents tons de vert s’alternent. On aperçoit aussi quelques lacs plus ou moins secs. Les cases sont rondes et en torchis, changeant radicalement avec le style somalien. Quelques kilomètres après la sortie de Dire Dawa, un embranchement offre deux possibilités : retourner vers Addis Abeba (à droite), ou continuer tout droit vers Hararé.

Deux gros villages plus loin, Hararé, petite ville à flanc de colline, parrainée par Charleville Mézières en France, accueille ses visiteurs en éthiopien et en français. Située à environ 525 Kms d’Addis Abeba, et à 1 860 m d’altitude, la ville est à 99% musulmane. Après avoir passé une succession de ronds points, nous passons la porte de la vieille ville puis arrivons sur la placette principale où une belle église orthodoxe côtoie de vieux bâtiments, un café et des boutiques. En lisant le guide, on apprend que cette église a été érigée au XIXième siècle sur l’emplacement de l’ancienne mosquée. L’antique médina est accessible à pieds. Toute pavée, elle conserve son charme d’antan. De nombreuses petites échoppes s’intègrent au sein des vieilles maisons, avec vue sur la campagne. Les enfants sont un peu agressifs mais on sent que la population est habituée à recevoir des touristes. De ce fait, on photographie sans être gêné.

Le long de notre promenade, nous entrons dans une boucherie de chameau (on peut en manger dans les restaurants), observons d’en haut le marché au bois, puis visitons les musées Rimbaud et culturel (armes, vêtements, monnaie, manuscrits, etc.). Une impression d’éternité nous prend à la gorge. Les rues sont bleues pâles, ou blanches, les murs tout en courbes, c’est irréel. Apparemment la ville est dotée d’un système d’égouts depuis peu, financé par l’Unesco depuis que la ville est inscrite au patrimoine de l’humanité. Harar est aussi la quatrième ville sainte au monde. On y trouve un peu d’artisanat, mais il est cher.

Evidemment, pendant la période du ramadan, nous ne pouvons pas déjeuner en ville. Nous parvenons cependant à trouver quelques tibs dans un café éthiopien (il faut surtout éviter le détour aux wc, proches de la cuisine !), et des fruits.

Direction Babillé et Jijiga. Compter environ 45 min. du fait de l’alternance piste et route. Toujours de nombreux champs de maïs, et des épouvantails. Après avoir traversé Babillé, nous empruntons la vallée de Dakhata, rebaptisée par les italiens « la vallée des merveilles » où s’amoncellent étrangement de gros amas rocheux sur environ 13 kilomètres. Le paysage est parsemé de cactus et nous croisons de nouveau les singes. Babillé n’a rien d’exceptionnel. Nous trouvons un café en attendant notre guide. Nous avons rendez-vous pour aller visiter le sanctuaire des éléphants. Nous ressortons donc de Babillé et entrons dans la zone protégée de 6 900 Kms2 hébergeant toutes sortes d’animaux. Un champ de manguiers, un arc-en-ciel magnifique, un très joli paysage au soleil couchant, les conducteurs des 4x4 se lancent dans un safari contre la montre. La piste est plus ou moins bonne. Nous parcourons environ 40 kms mais hormis du caca d’éléphant, impossible d’en voir un, d’autant qu’il fait nuit. Nous rebroussons chemin après avoir croisé dik-diks et phacochères.

Nous retournons à Hararé, vers la petite placette, où nous sommes interpellés par un guide francophone à qui nous demandons de nous indiquer la route pour voir les hyènes. Compter environ 50 birrs / personne, moins pour un groupe (30 birrs/personne) pour assister à leur repas. Nous avons donné 50 birrs au guide. Le vieux quartier de Hararé est très animé en milieu de soirée ; les éthiopiens participent aussi à la cérémonie. Les phares allumés, nous assistons, impressionnés, au repas de ces puissantes bêtes au poil tacheté. L’homme leur parle, il les appelle, pousse des cris et leur donne à manger avec un petit bâton, par la main ou la bouche. Les animaux défilent chacun à leur tour et reviennent, inlassablement, se nourrir. Vous pouvez vous approcher et leur donner à manger vous aussi : sensations garanties. Le spectacle en valait la peine. Il se prolonge jusqu’à 22h.

Retour ensuite sur Dire Dawa, comptez une heure de nuit. La route est bonne mais en lacets. Sur le chemin il n’est d’ailleurs pas impossible de croiser des hyènes et des chacals.

 

Jour 3 – Dimanche 13 septembre 2009 : DIRE DAWA – ADDIS ABEBA

Dire Dawa est annoncée à moins de 500 Kms au départ de la ville mais plus loin les panneaux se contredisent. Attention, le dimanche les superettes des stations services sont fermées. Pour se ravitailler en eau et fruits, il vous faudra faire les petites échoppes aux alentours de votre hôtel, ou vous y prendre la veille.

Nous quittons la ville à 9h et empruntons la Route des Crêtes, passons de montagnes en montagnes, de lacets en lacets, en direction de la capitale. Le temps est parfait, la route bonne. Les paysages sont grandioses, les panoramas pourraient largement se vendre comme cartes postales. Partout des strates de terre de couleurs différentes, à ciel ouvert. Nous sommes dans la région du maïs. En rentrant dans la zone Afar, le sol devient plus sec, sableux, et la végétation rase épouse des arbustes d’épineux. La route longe la voie de chemin de fer. Nous roulons vite, le paysage devient en effet plus monotone, malgré les passages intempestifs de dromadaires, ânes et bœufs. Juste avant Awash, nous passons un magnifique pont en pierre à tête de lion et cahute militaire. Inutile de s’arrêter ! En ville, nous tournons à gauche en direction de la gare et déjeunons au Buffet d’Awash. Grande déception même s’il reste l’unique restaurant « de qualité » de la région ! Seulement un plat éthiopien de disponible sur plusieurs, changement de garniture à la dernière minute sans en avertir le client, mouches et longueur. Bref, deux heures plus tard nous reprenons la route et nous battons contre les camions de marchandises arrivant de Djibouti et remontant eux aussi jusqu’à Addis Abeba. Un passage à noter, peu avant Nazreth, la traversée d’une vallée de pierres de lave noires. De nombreuses épaves dorment le long de la route. Des champs de lentilles se balancent au gré du vent jusqu’à Addis, on dirait des herbes folles. Nous arrivons dans la banlieue d’Addis Abeba vers 17h30.



09/05/2010
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