Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Le Mercato

Le Mercato

 

 

 

Le mercato est en chantier depuis plusieurs mois, les stands mobiles ont été détruits, ainsi que de vieux bâtiments, des buildings sont en construction, bref profitez-en maintenant, il est encore temps. Dans quelques mois, voire un an, le côté traditionnel aura disparu et les boutiques seront alignées sur des étages indifférenciés, c'est bien dommage !


 

L’une des choses les plus captivantes à Addis Abeba, c’est le lieu « mythique » de la ville, LE MERCATO.

 

Pour présenter le Mercato, je citerai en premier lieu quelques lignes du guide du Petit Futé (‘ETHIOPIE’ 2008-2009 – 2e édition) :

 

« Ce quartier, considéré comme le plus grand marché à ciel ouvert d’Afrique, présente une succession de boutiques, de grands espaces couverts et de petites ruelles grouillantes d’activités les plus diverses. Ce vaste espace marchand dominé par les commerçants musulmans, notamment yéménites, est une sorte de bazar où tout se vend, se négocie et se recycle.

 

Le marché au beurre et aux épices est un enchantement de couleurs et de senteurs aromatiques dans lequel il fait bon déambuler. On peut également y acheter des vêtements traditionnels, de belles vanneries et divers objets d’artisanat local. […] ».

 

Ce passage, plutôt dénué d’émotions, ne donne qu’une vague idée de cet ensemble complexe.

 

Le Mercato c’est un concentré multivitaminé d’odeurs, de couleurs et de sens. Ce grand marché vous promet plus que ces quelques lignes ne pourront vous en dire.

 

Il regroupe en effet en son sein, et sur plusieurs quartiers, des échoppes de toutes dimensions et en tous genres (à éviter en période des pluies évidemment, sauf si comme moi vous avez un goût prononcé pour les torrents d’eau et les courants d’air!). Un nid de scènes intimes, de vie locale, de métiers oubliés, de gestes imparfaits, ou de talents cachés, tout y est. Des odeurs chaudes et épicées de café, de piment ou de cannelle, des encens délicats à brûler, en morceaux ou en poudre, ou du beurre à baratter ; des couleurs vives et des ustensiles oubliés depuis longtemps en Europe, une simplicité de vie, un courage incroyable devant toutes ces difficultés quotidiennes. De baraquements en tôle et toiles de jute aux petites boutiques en dur dans de grands immeubles disgracieux, il faut prendre la peine de se promener, de s’arrêter et de découvrir là des fleurs séchées, là des plantes médicinales ; des bâtons de cire, ou de la poudre odorante, des ombrelles multicolores, ou des baskets « made in China ». Ruelles pavées, routes goudronnées et sentiers en terre, parkings à ciel ouvert ou souterrains, ânes en pleine rues, badauds chargés d’objets impressionnants, Le Mercato se découvre, se respire. Contrairement aux idées reçues, les habitants et commerçants se laissent facilement approcher, et il n’est pas rare d’être abordé à la volée. « Farengi », ou étranger, un sourire, un groupe qui vous interpelle et vous voici mâchant quelques feuilles de Kat, en pleine rue, juste pour goûter !

 

Le Mercato est multiethnique, multilingue, œcuménique. Une église côtoie une mosquée, des musulmans travaillent aux côtés de pratiquants orthodoxes. Chinoises, éthiopiennes ou kenyanes, une mixité étonnante d’affaires en tous genres, un métissage complet de langues et de peaux. Ethiopiens au raffinement indien, asiatique, ou aux traits africains, tant de mélanges pour un seul pays qui expriment à eux seuls toute son histoire.

 

Le Mercato, lieu d’échanges, où l’on croise au hasard des boutiques des francophones, ou des italophones, qui tiennent des boutiques et qui s’improvisent guides et vous enchantent par leur accent chantant et leurs mots châtiés. Comme nous, laissez-vous entraîner par ces guides hors du commun, qui vous raconteront leurs histoires, négocieront pour vous les meilleurs prix, porteront vos paquets et vous ramèneront toujours à votre véhicule ! Rien ne vous ai demandé mais vous devez « les remercier » : les prix ne sont pas fixes, restez juste dans la limite du raisonnable par rapport au coût de la vie locale ! Attention toutefois aux petits voleurs à la tire, ce n’est pas une légende ! Videz vos poches, tenez bien vos appareils photos et ne prenez pas trop d’argent avec vous !

 

Vous trouverez ci-dessous une petite liste non exhaustive de guides prêts à vous présenter leur marché, où certains sont même nés :

 

 

-          YAREGAL : 0912. 15. 35. 61 (commerçant)

 

-          BERHANU : 0911. 63. 90. 44 (couturier)

 

 

 

 

 

Nathalie GUIRONNET

 

Février 2009

 

 



09/05/2009
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