Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

La vie en panne

La vie en panne

 

Addis Abeba est une grande capitale africaine abritant, officieusement, environ 6 millions d'habitants. Selon le site internet Statistiques Mondiales, l'indicateur de pauvreté se révèle particulièrement important, (55.3 - chiffre de 2006). Pour des dépenses de santé de 7$ par personne et par an (2008), et 0.03 médecins pour 1 000 habitants (2003), et même si depuis ces chiffres ont forcément évolué, un grand nombre d'éthiopiens et d'immigrés en mauvaise situation ne peuvent accéder aux soins et malheureusement le taux de mortalité est important, que l'on vive dans la rue ou non. Toujours d'après ce site, l'espérance de vie à la naissance serait de 52.92 ans pour les hommes et de 57.97 ans pour les femmes (2009). Ces chiffres sont cependant à prendre avec précaution. Le guide d'investissement en Ethiopie de 2009 donne plutôt les chiffres suivants : 53.42 ans pour un homme et 55.42 ans pour une femme.

Une grande partie de la population vit dans la précarité, dans de petites maisons anciennes insalubres ou dans des baraquements en tôle. Les mieux lotis mettent en commun leur argent pour investir dans l'immobilier, les frais de location permettant de nourrir ainsi plusieurs familles. La diaspora éthiopienne renvoie aussi de l'argent et investit dans l'immobilier pour nourrir ceux qui sont restés sur place.

Autour des églises (dans ce sens, celle de Medhen Alem fait office de COUR DES MIRACLES), de nombreux SDF dorment dans la rue, sous les détritus et les cartons, ou dans les buses : femmes âgées esseulées, ou jeunes avec enfants, hommes de tous âges, leur santé dépend de la bonté des passants.

Vieillards ou personnes âgées enroulées dans leur gabi tendent la main assis à même le sol sur le trottoir ; des femmes mendient avec de très jeunes enfants dans les bras, sales, quand les plus grands attendent sagement et jouent sur le trottoir ; parfois en face des maisons dont elles espèrent que les habitants leur donneront de quoi manger. Des malvoyants, de tous âges, accompagnés par un adulte ou un enfant, tendent la main aux fenêtres des voitures.

Des handicapés (homme à dix doigts, malades de la polio, unijambistes …) toujours souriants malgré leur condition, passent aussi de voiture en voiture. Enfin, des enfants plus âgés tentent également leur chance. Où que l'on soit, on croise des personnes la main tendue, ânonnant des prières. Quel que soit le quartier on peut y voir des boudins de tissu enroulés sur eux-mêmes le soir venu, au pied des portails ou contre les murs des maisons.

Enfin, de petits vendeurs parcourent inlassablement les rues, vendant tout, et rien : cartes de téléphone, kleenex, bâtons à mâcher, dvd ou cd …

La solidarité éthiopienne, généreuse, alimente cette fourmilière de sans-abris à chaque coin de rue. La présence des ONG atteste d'un grand besoin d'aide en la matière. De nombreuses initiatives privées permettent également se sont également mises en place.

Cependant, et contrairement à ce qu'on pourrait penser (les guides sensibilisent assez le visiteur sur ce qui les attend), cette pauvreté et cette misère sociale ambiante, même si elles imprègnent la ville, s'y fondent singulièrement et ne pèsent pas tant que ça dans ce pays dont on garde toujours en mémoire cette image de sécheresse et de famine. Peu à peu, et c'est malheureux à dire, on s'habitue à croiser ces pauvres gens, aux traits si fatigués, mais parfois souriants, qui s'expriment maladroitement en anglais tout en essayant de réclamer quelques pièces. En panne de vie malgré leur sourire, en panne d'amour, seuls. Une vieille femme assise au pied d'un portail, en larmes, victimes des voleurs, incapable de rentrer chez elle. Autour, on se mobilise. La panne de vie devient un appel à l'amour et à la solidarité.

En panne de tout, simplement assis là, sans rien de plus qu'un carton ou un gabi.

En panne de vie, sans soins particuliers, affaiblis par les difficultés de la vie, sans toit et sans bien.

En panne de vie, à tout âge, mais rarement à plus de 60 ans.

Ici, on connaît tous un éthiopien qui est mort depuis qu'on est arrivé. Sans aucun prémices, brutalement, un soir couché, et puis plus rien. Sans examens préalables de toute une vie. Juste quelques soins traditionnels moins onéreux.

Une tente kaki ou noire dressée dans la rue indique qu'ici quelqu'un est mort. Elle va y rester pendant quelques jours. C'est la mort qui règne pendant ces jours-là en maîtresse de rue. Et la vie reprend ensuite, comme si de rien n'était.

 

En panne de vie, mais pas pour longtemps, dans un sens … comme dans l'autre.

 

Voici quelques sites internet pour mieux se renseigner :

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=ETH&codeTheme=3&codeStat=SP.DYN.LE00.IN

 

http://www.indexmundi.com/fr/ethiopie/esperance_de_vie_a_la_naissance.html

 

http://www.statistiques-mondiales.com/ethiopie.htm

 

www.statistiques-mondiales.com/ethiopie.html

 

 

Nathalie GUIRONNET

24/04/10




20/04/2010
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