Une vie en Afrique

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L'entreprenariat à l'expatriation, une belle aventure - Sénégal // Danielle C - avril 2018

Danielle C. est expatriée et vit à Dakar depuis plusieurs années. Dans cette rubrique, nous aimons bien partager les expériences ! Parce qu'on est toujours à la recherche de soutien (quel qu'il soit) et de modèle, je vous propose de découvrir son profil, son expérience et son aventure dans l'entreprenariat. Cela vous inspirera très certainement ! Merci Danielle !

 

 


 

L’expatriation : enrichissement, rencontres, découvertes, remise en question, mise à l’épreuve, dépassement de soi, épanouissement, et rebelote 

 

Oui oui, tout ça à la fois et plus encore ; en tout cas en ce qui me concerne.

Cela fait plus de trente ans que je connais l’expatriation à travers six pays et ce depuis toute petite. Autant dire que c’est devenu une bonne copine ou une grande sœur, celle qui m’influence au quotidien et qui a forgé une grande partie de mon identité et de ma personnalité, celle qui me force à prendre du recul, à sortir de ma zone de confort, celle qui m’a appris que communiquer c’est respecter et que respecter c’est élargir le champ des possibles. Elle nous offre de nombreuses possibilités d’émerveillement face aux relations humaines, à tant de richesses culturelles, intellectuelles, de sites urbains et naturels.

L’expatriation est surtout devenue à force, la seule à avoir accès à mon jardin secret rempli de nombreuses variétés de pensées qui se partagent mon esprit à coups de hauts et de bas. Fort heureusement, les hauts l’emportent plus souvent : ce serait dommage d’être assignée à une vie nomade si elle ne me convenait pas ou plus. Il est probable que cela arrive, voire certain, mais tentons de repousser cette échéance le plus loin possible et de nous préparer au mieux à cette éventualité.

 

En attendant, vivons les hauts bien hauts, et gérons au mieux les bas ! 

 

Le mantra qui illustre cette philosophie que je tente d’appliquer au quotidien est « quand la vie nous donne des citrons, faisons de la citronnade » (en V.O « when life gives you lemons, make lemonade »). L’expatriation pourrait être subie : elle a ce pouvoir de déstabilisation, parce qu’elle nous éloigne de nos proches voire nous déracine, nous fait perdre nos repères habituels, nous précarise dans l’incertitude du long terme. Mais quand nous réussissons à surmonter cette épreuve, la récompense est une délicieuse citronnade agrémentée d’ingrédients qui nous sont propres, un peu de menthe ou d’eau de rose par exemple, chacun y ajoute les siens pour la rendre à son goût.

 

Il ne faut pas se leurrer, il faut s’y préparer, l’exercice se répète à chaque départ pour chaque nouvelle arrivée : c’est cyclique. Pour autant, pas une année ne ressemble à une autre, pas une ville ne ressemble à une autre non plus. Le meilleur conseil que j’ai reçu venait de ma mère multi-expatriée de génie : ne jamais comparer et ne pas avoir d’attentes, au risque de brider son expérience en se repliant sur les acquis du passé, et d’être sérieusement déçu.

 

Il est bien là le défi : ne pas comparer et ne pas avoir d’attentes. Bien qu’habitués ou prévenus, il s’avère que nous ne pouvons pas nous empêcher de nous raccrocher à notre passé pour mieux appréhender ou même façonner notre futur. Sauf que voilà, certaines choses peuvent ne pas se passer comme anticipées, envisagées ou espérées, ce qui rajoute une difficulté supplémentaire à l’adaptation et au succès des promesses de cette nouvelle vie.

 

Dans mon cas, c’était sur le plan professionnel. Conjoint suiveur au parcours ascendant avant le départ en couple à l’expatriation, j’étais convaincue que j’allais pouvoir poursuivre ma carrière de manière linéaire comme si j’étais restée au pays. En hypothétique congé maternité à mon arrivée (hypothétique car je n’étais plus employée), je profite pleinement de mon installation, je prépare mon accouchement, je découvre ma nouvelle ville d’accueil et fais d’agréables rencontres. J’aurais d’ailleurs bien voulu trouver d’autres femmes enceintes de leur premier enfant histoire de vivre l’aventure ensemble mais ça n’a pas été le cas, je reviendrai sur ce point. Maman épanouie et installation réussie plus tard, je me retrouve en situation d’excitation à l’idée de reprendre le chemin du travail 18 mois après notre arrivée, et pour la faire très très courte, le résultat de mes recherches n’a pas été à la hauteur de mes attentes, ces fameuses attentes qui peuvent être un frein à notre avancée ou des distributeurs de claques réalité! C’est compliqué quand on a l’habitude de réussir ce qu’on entreprend de se confronter à ce que la société actuelle pourrait considérer comme un « échec ». Un échec discutable et longtemps discuté entre les différentes pensées de mon jardin secret ; que faire maintenant ? Continuer coûte que coûte à poursuivre cette voie quitte à revoir complètement ces attentes ? Ou est-ce que finalement ces attentes ne jouent-elles pas un rôle secondaire, laissant la place à d’autres questions posées différemment ? Exemple au hasard,  A PARTIR DE MAINTENANT QU’EST-CE QUE JE VEUX FAIRE DE MA VIE PROFESSIONNELLE ? Ah oui, c’est du lourd, un chouïa existentiel même, je ne m’étais pas préparée à cela. S’en suit un long cheminement de remise en question pour aboutir à une succession de constats qui vont façonner une prise de décision : j’aime créer des concepts cohérents de A à Z, je suis une « experte » en expatriation, j’ai besoin d’un projet nomade qui va me suivre et en expatriation il y a plusieurs besoins qui méritent d’être adressés. Un d’en eux ressort souvent, celui d’avoir de bons copains, d’être bien entouré, de recréer un réseau de qualité qui constituera en plus du noyau familial soudé (clin d’œil à mon chéri très compréhensif) un socle de soutien. Quelle chance j’ai de l’avoir ce socle ! Des amitiés d’une pureté et d’une simplicité rares qui se construisent tout au long de son cycle d’expatriation, même en fin de cycle, parfois un peu au début, c’est aléatoire. Ce socle permet de se livrer et de s’épauler un tant soit peu sur les problématiques que nous vivons tous au quotidien. L’intégration sociale à l’étranger est d’ailleurs un des facteurs clés du succès d’une expatriation quelle que soit le degré de réussite de la précédente.

 

De là a germé la graine de www.lemonade.international, l’idée que toute personne à l’étranger devrait pouvoir avoir accès à un répertoire géant afin de faciliter les rencontres directes à tout moment de son parcours, un répertoire basé sur des similitudes de profils, de besoins et d’intérêts. 

 

Un an et demi plus tard (oui l’entreprenariat est une variété de plantes complexe qui a besoin de beaucoup d’eau, de lumières et de temps), de belles rencontres se sont faites, de nouvelles compétences sont acquises en continu, un stress permanent mais positif s’installe tellement je suis hors de ma zone de confort, mais ce n’est que du bon ; au final un bilan positif dressant un angle du portrait de Danielle, ce moi qui change et qui évolue, qui proche d’un nouveau départ n’est plus la même qu’à l’arrivée.

 

Un nouveau cycle excitant se présente. Désormais, je me sens mieux préparée aux éventualités de l’expatriation. J’ai toujours à ma disposition des moyens traditionnels pour m’intégrer et faire des rencontres. Surtout, je peux désormais compter sur Lemonade. Catalyseur d’intégration, accélérateur de relations, Lemonade me permettra de bien me renseigner en amont sur ma ville d’accueil, de trouver des partenaires de marche et de karaoké, des parents dont les enfants ont l’âge de mon fils, d’autres entrepreneurs, ou même des femmes attendant un enfant si besoin Jí ½

 

 

Danielle C., avril 2018



10/04/2018
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