Une vie en Afrique

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Ces petits riens qui nous agressent - L'éthio-pique !

L'éthio-pique

Ces petits riens qui nous agressent ... Ca m'énerve !

 

Créé le 05/10/10

Mis à jour le : 29/06/11

 

  • Comme rien n'est simple en Ethiopie, il faut penser à aller payer ses factures d'eau, d'électricité et de téléphone (pas de rappel papier ni de versement automatique). Déjà, il faut se rappeler de la tranche précise de 3 jours/mois (évidemment ce n'est pas la même période et sur les factures c'est écrit en amharique), et encore, même le jour J cela ne se passe pas toujours comme on le voudrait : soit le chauffeur se fait rabrouer (finalement, il s'est trompé de jour) ; soit la personne est absente et il faudra penser à revenir demain (c'est pourtant le jour théorique du début de la facturation), et rebelote le surlendemain ! Du coup, des files d'attente interminables ! Et quelle n'est pas la surprise de payer une facture de 1,50 etb pour le mois en cours, car soi-disant il n'y avait personne pour ouvrir la porte quand les agents sont passés ! Deux ans pour me rendre compte qu'en fait il arrive très souvent aux agents de passer le dimanche midi pour relever le compteur d'eau, alors que le gardien prend sa journée de repos, et que nous sommes sortis ! Et même si nous étions là, ouvrir le portail pour ça ? Enfin, si par hasard on veut payer à l'avance (quand on part en vacances notamment, cela 'pourrait' éviter de trouver tout coupé en rentrant), même là on n'est pas à l'abri d'une coupure, et rien ne sert de rouspéter, de toutes les façons les interlocuteurs de la hotline ne parlent pas anglais ! Si les intempéries s'en mêlent, alors c'est mission impossible, il faut prendre son mal en patience et ... attendre ! Côté téléphone, quand c'est "busy" à longueur de journée, cela devient pénible d'entendre le petit message en amharique qui nous demande d'essayer plus tard, voire même de ne pas avoir de tonalité du tout (du néant derrière le petit écran du portable) ! Quand la centrale a de l'électricité, et si le réseau fonctionne, il se peut encore que le gouvernement décide de boycotter les lignes et internet pour éviter les regroupements dangereux : oui, ici aussi, cela arrive ! Ou alors, cas extrême mais banal, l'armoire téléphonique a brûlé et tout le monde est coupé ... et comme dit l'employé des télécoms : c'est chinois ... CQFD !
  • Pas une semaine sans rouspéter, sans m'écrier "Mais ils sont bêtes, c'est pas possible d'être aussi bêtes !". Sur la route c'est tous les jours la foire d'empoigne et il y a toujours un imbécile au milieu du carrefour, quand ce ne sont pas les ânes ou les vaches, ou les embouteillages de sortie des écoles ! Sur Churchill, notamment, alors que les éthiopiens sont des résignés nés, et même s'il ne sert à rien de crier, je ronge mes freins quand je vois des véhicules se poser comme des "m..." sur la troisième voie qui n'est pas une aire d'arrêt, et oui, on y roule quand on peut ! Quand ce n'est pas le bus qui pollue toute l'avenue, les piétons qui traversent n'importe comment, l'entrée du parking des professeurs bouchée par des véhicules arrêtés devant ... D'ailleurs, la grande spécialité c'est de se mettre en double file en face des voies de demi-tours, ce qui empêche bien évidemment de tourner du premier coup et oblige à reculer pour continuer. Et ce ne sont pas les militaires qui sont à côté qui vont bouger le petit doigt pour vous aider, ah non, trop facile ! Mais ce qui m'énerve par dessus tout, ce sont les situations grotesques du type carrefour bouché parce que les feux ne fonctionnent pas et qu'il n'y a pas de policier, et que tout le monde 'a le droit de passer'. Parfois, il faut bien 10 min. pour en sortir, de quoi monter en pression ! Un blue donkey ne s'arrête jamais sur une contre-allée, il a le don de se planter au milieu de la voie même (et surtout) quand il a de la place ! D'ailleurs, pour l'avoir vu, les chauffeurs n'ont pas froid aux yeux et n'hésitent pas à s'arrêter en pleine avenue pour en descendre et rejoindre un autre minibus qui a fait de même, bref situation périlleuse à tout niveau !
  • Justement, des militaires partout, tous les 5 mètres ? Louche, très louche, il vaut mieux partir tant qu'on le peut, sinon il faudra attendre presque  5 à 10 minutes que la voiture du diplomate ou du ministre concerné passe enfin ! Et cela peut durer plus longtemps, générer des embouteillages ... Allez, souriez, vous êtes filmés (sur Bolé), et en plus c'est sympa de voir la grande avenue vidée de ses voitures !
  • Les stations d'essence : elles sont souvent sans courant ou sans essence (seules OIL LYBIA tient à peu près la route), mais quand on trouve enfin une station ouverte, il faut faire attention : les éthiopiens n'hésitent pas à passer devant vous depuis la file d'à côté quand c'est votre tour, et on peut toujours crier, on s'en fout de vous ! Enfin, et ça devient courant, il faut vérifier que le compteur est bien à 0 car les pompistes n'hésitent pas à vous voler quelques centaines de birrs !
  • Les travaux, partout, c'était il y a quelques mois : rues sales pleines d'ornières de boue, camions se déversant devant vous, rues rétrécies ou fermées, routes refermées vite fait bien fait et dos d'ânes entraînant des ralentissements, trous béants, bref, on connaît, et c'est loin d'être terminé !
  • Des buildings en construction, partout, des trous béants attendant d'être bouchés, et derrière les palissades jaunes et vertes, dans certains quartiers (dont je ne citerai pas le nom), des espaces encombrés de gravats, dernier signe d'existence des centaines de familles qui ont été expropriées et dont certaines n'ont toujours pas été indemnisées ou relogées, et qui survivent parmi les gravats, le sourire aux lèvres malgré les vas et viens à la fontaine, les toilettes publiques aux wc volés, etc. Honteux. 
  • La plomberie, mon sujet favori : chasse d'eau et chauffe-eau qui coulent tous les deux mois, robinets qu'il faut changer régulièrement, jeyser dans les salles de bain ou pieds qui baignent dans 5 millimètres d'eau, et dans le pire des scénarios (il faut tester, c'est franchement sympa) les tuyaux cassés dans les murs (ça cloque, ça jaunit, il faut casser), les évacuations qui cèdent au bout de quelques mois... Un conseil : repérez les arrivées d'eau !
  • Les coupures intempestives d'électricité, là je hurle aussi (deux ans de coupures à la chaîne, ça laisse des traces), et c'est loin d'être terminé ! Et le comble du comble : la vente d'électricité aux pays limitrophes alors que nous sommes coupés quotidiennement ! Par contre, il semble que ce soit devenu une priorité de vendre à l'étranger afin de financer les travaux qui nous permettront enfin de ne plus subir ces coupures. en tout cas les coupures ne sont pas terminées, ça continue, et oui, il faut vraiment, vraiment, prendre son mal en patience !

Et là, comble du comble, 14 heures de coupure d'électricité parce que ... personne n'avait signalé la coupure ! Les éthiopiens, fatalistes, et les étrangers, passifs, voilà comment on parvient à des situations telles que mon mari dérange un de ses collaborateurs chez EEPCO à 20h30 pour lui demander de se renseigner, et que ce dernier, après prise d'informations, l'informe que personne n'est au courant du problème !! Et comme personne ne répond, obligation d'aller 'les réveiller' dans leurs bureaux pour réclamer une équipe d'urgence ! C'est aussi ça, l'Ethiopie.

  • Les batailles de chat sauvages dans les jardins, les hurlements rauques des chiens qui se bagarrent, et toujours la nuit, évidemment !
  • La pire situation  : courant coupé toute la journée, téléphone fixe out of service (la centrale n'a pas de générateur !), batterie du portable HS, et pour courronner le tout : panne de gaz et tanker d'eau vide, tout ça dans la même journée, c'est du vécu, oui, oui !
  • Un manque de solidarité française, peu d'aide de la part des organismes culturels sur place alors que de temps en temps ce ne serait pas du superflu ! Alors on se bat avec le peu de moyens qu'on a et ce n'est généralement pas grand-chose !
  • Des ministères qui se renvoient la balle, des autorisations à demander partout, un montant exhorbitant à poser, un permis de travail obligatoire, monter une société en Ethiopie c'est un véritable parcours du combattant !
  • Du côté de nos enfants, ce qui les dérange le plus, c'est qu'on les touche et qu'on les tripote ! Ne vous y trompez pas : les éthiopiens sont des personnes douces et curieuses, et n'hésitent pas à s'adresser aux enfants étrangers, à les toucher, à leur parler, à leur attraper la main, bref cela irrite particulièrement ma petite dernière, blondinette au teint rose, surtout quand je l'emmène au marché. D'ailleurs, je ne la sors plus, car généralement elle attire tout ce qui bouge dans le rayon où elle se déplace, et hurle de peur et d'agacement dès que cela arrive !
  • Des "oui oui" qui veulent dire non, des "Yeshi" (OK) pour essayer de d'apaiser les choses, et des sourires édentés pour parer aux injures, à Addis-Abeba un tiers à un quart de la population au moins ne parle pas anglais et ne comprend pas un mot à ce que vous dîtes ! Et au lieu de vous le dire d'emblée, on vous laisse parler avant de vous répondre !
  • Le personnel de maison, toute une histoire ! Ma femme de ménage a la mauvaise habitude de ranger dans les placards les vêtements qui sont décousus, qui ont perdu leurs boutons, qui sont mal réajustés (notamment les petites robes à passant). De même, et c'est véridique, je l'ai un jour trouvée en train de rincer son éponge dans les wc, à la chasse d'eau (l'évier venait juste d'être nettoyé !). Passer la même éponge au même endroit cinq fois et oublier tout le reste, ou survoler les étagères quand elle fait la poussière, ça aussi elle le fait bien. Enfin, passer l'aspirateur avec un sac plein, un bruit anormal, ou un tuyau visiblement percé qui ne tient plus que par l'opération du saint esprit de la maison, j'hallucine parfois ! Sans oublier que le respect des affaires des autres n'existe pas, elle défonce systématiquement les prises dans le mur en tirant sur le fil de l'aspirateur, et oublie de me dire qu'elle fait le ménage au balai depuis trois jours quand elle a détruit l'adaptateur ! Quant aux murs, en dehors des traces de main des enfants, ils sont pleins de tâches liées au frottement du balai éponge qu'elle traîne tous les jours d'une pièce à l'autre ! Quant à la cuisinière, elle n'est pas triste non plus : nettoyer un frigidaire consiste à changer les papiers sopalin à l'intérieur, nettoyer la cuisine se fait en trois jours et surtout ne pas oublier d'attendre la dernière minute pour annoncer qu'il n'y a plus de farine ou de sucre ! Sans oublier tout ce qu'elle oublie de cuisiner et que je jette sous ses yeux en lui faisant remarquer le coût de ce qui part à la poubelle et qu'elle ne se permettrait sans doute pas jeter chez elle .... la mamite a sans doute décidé qu'elle aurait 'la peau' de l'aspirateur avant la fin de notre séjour, et là elle n'y va pas de main morte ! Depuis 10 ans que nous avons des employés, je n'ai jamais, jamais vu ça ! Je m'en foutisme, ou bêtise, la machine ronfle, sac crevé, filtre éponge imbibé de poussière, bref, à jeter ! Le nombre de fois où l'on peut maudire nos employés nous ferait presque regretter de quitter le pays, parce qu'on est forcément de mauvaise foi quand on est sur le départ, et on supporte mieux tous ces ... aléas !
  • L'église, enfin, il ne faut pas l'oublier : les mégaphones qui vous réveillent brutalement dès 5h du matin pour l'appel à la prière, la cloche de l'église qui sonne plus d'une dizaine de coups en pleine nuit dans le but avoué de vous réveiller pour la prière, il faut s'y habituer mais c'est dur ! Et quand ce n'est pas l'église, c'est la mosquée, ou les chiens qui aboient !
  • Plus de fruits, plus de plat à la carte, c'est fréquent, trop fréquent, et usant : surtout ne rien vouloir de précis, parce que la confiture ou les gauffres qu'on a aimés on ne les trouve plus ! Ruptures de stocks fréquentes, "juice bars" sans fruits (les étals en regorgent), restaurants sans plat (pas de foies, pas de ...), il faut constamment faire avec ... épuisant, évidemment, surtout parce qu'on se demande comment, mais comment, peut-on travailler ainsi ! Nous sommes à la limite du "je m'en-foutisme", du "j'en ai rien à faire" et c'est comme ça, faîtes avec !!!
  • Alors, dernière chose incongrue qui vient de m'arriver : le retour en France métropolitaine d'un colis qui devait partir à Mayotte, petite île que le postier ne connaissait pas. Alors, manque de vigilance éthiopienne (erreur entre destinataire/expéditeur) ou intention de ne pas se fouler, bref cela finit par revenir cher car l'île est encore considérée comme un pays étranger et pour un colissimo la Poste française réclame près de 60 euros ! Heureusement, et il faut le savoir, il suffit de fournir son propre carton pour réduire de 3/4 le coût d'envoi, avec l'aide d'un postier particulièrement aimable !
  • Histoire de ... pressing : une flopée, un tas, des centaines de blanchisseries dans la capitale éthiopienne, et pas une pour prendre et traiter une commande dans la journée, c'est une semaine minimum ! Bonjour les urgences (et oui, ça peut arriver, surtout avec des enfants !).
  • La mendicité, les enfants qui vous suivent ou qui plaquent leurs visages contre les fenêtres des voitures, les handicapés, la misère ... et ces mendiants qui refusent le ticket repas qu'on leur tend, un comble non ?

 

(et ce n'est pas fini, à suivre bien évidemment, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires et à partager vos expériences !)



05/10/2010
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