Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

AKWABA Abidjan !!!

Pour ceux qui adorent ce pays, voici un lien étonnant :

http://lacotedivoirevuedenhaut.blogspot.com

 

[akwaba = bienvenue]

Drapeau ivoirien

 

Samedi 19 avril 2008 

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Après plusieurs heures de voyage, dont deux de retard, j'arrive enfin à Abidjan Port-Boué, aéroport Félix Houphoüet Boigny. Le survol de la lagune et de la cocoteraie me laisse sans voix, ou plutôt si, je crie à Quentin de coller ses yeux au hublot de l'avion ! Poser le pied sur la passerelle est une grande première ! L'aéroport n'a rien à envier aux autres pays limitrophes, même celui de Brazzaville est loin de lui arriver à la cheville ! L'accueil, on ne peut plus rapide, nous évite les longues formalités et nous montons vite dans la voiture climatisée de mon père. Nous traversons la ville relativement vite au vu des embouteillages qui nous attendent, puis arrivons enfin à la maison, pour nous jeter dans les bras de ma nounou, et dans la piscine ! Ce soir, ce sera réunion de famille, car le reste de la tribu arrive à 19h ... Ce soir, nous mangeons langoustes et gambas grillées sur lit d'attiéké et demain nous aurons du Tiep au menu (poisson sénégalais). 

Le vent souffle, les arbres du voyageur sifflent et se balancent, à grand fracas.

 

Du 20 au 24 avril 2008

Depuis quelques jours je re-découvre ma ville ; je retrouve mes réflexes, je réveille mes sens, je sens ces odeurs incomparables qui imprègnent les quartiers et les souvenirs. Les yeux fermés je pourrais me situer, me déplacer. Au nez je retrouverais la rue du port de plaisance (l'ASNA), celle des raffineries, le boulevard de Marseille où je vivais ... Je suis une enfant d'Abidjan.

A la vitesse de la voiture je me  remplis les yeux, je capte le plus d'images possible, pour les transformer en souvenirs ; un festin d'images, gastronomie ou boulimie visuelle  ??....Me rappeler, à chaque coin de rue, toutes les aventures vécues dans mon pays d'enfance et d'adolescence ... Et montrer à mes enfants ce que j'ai connu, leur donner la main alors qu'ils découvrent émerveillés cette grande ville cosmopolite, labyrinthique, frémissante. Leur parler doucement de mes expériences, leur faire goûter mes petites folies d'antan : alloco, attiéké, pain brochettes, banane braisée et cacahouètes, chawarmas et nems ...

La Perle des Lagunes est toujours là, aussi chavirante, aussi ensorcelante ; la vie y est encore plus trépidante.

Des boutiques ont ouvert, des bâtiments ont poussé, les quartiers se sont étendus et organisés. Des embouteillages à pas d'heure, des radars, des stations d'essence éparses, des maisons en construction un peu partout, des meubles le long des routes, des hypermarchés et des centres commerciaux, et des panneaux publicitaires vantant des opérateurs téléphoniques  (MOOV, ORANGE, MTN, KOZ - le petit dernier) ou de belles voitures (PEUGEOT, ...). L'ambitieuse a survécu à des années de guerre, qui croirait que le pays est toujours en crise ? Même augmentés, les prix restent moins chers qu'à Brazzaville, en local comme en importé. A chaque coin de rue des bassines pleines de mangues "CAMEROUN" empilées les unes sur les autres attendent d'être vendues ; des étals autrefois inexistants ont maintenant une place bien définie au cœur de petits marchés clandestins ; des fleurs, partout, des compositions en pleine rue, en pleine pollution !

Sur le chemin de ma ... Renaissance

Totale ivresse ! Sur les pas de mon ancienne vie, je retrouve le marché de COCODY (sinistré depuis peu, l'étage ayant brûlé), la rue où j'habitais - juste derrière, l'ancien collège JEAN MERMOZ - laissé à l'abandon suite à sa destruction partielle, l'Hôtel Ivoire - en cours de rénovation, l'allocodrome ; ou encore le boulevard de la mort, Bingerville (l'ancienne capitale) et ses orchidées ; Latrille et la Rue des Jardins, Angré qui revient sur Latrille. Zones 3 et 4, le Plateau et sa cathédrale, ses monuments aux morts et ses petits jardins ...

                                          Le Marché de COCODY

     Les orchidées de BINGERVILLE

25 avril 2008

Au  marché de Treicheville, nous sommes passés à l'heure de la prière et avons du emprunter les petites ruelles ; les pratiquants nous saluaient aimablement. Nous avons retrouvé la grande rue de Charara et des autres boutiques de tissus, et ce superbe marché en dur, reconstruit après que le précédent ait lui aussi brûlé ! A la recherche d'un pagne, j'en ai fais le tour, sans le trouver ... Il commençait à pleuvoir ! Aujourd'hui, le ciel abidjannais est très chargé, la pluie tombe sans discontinuer, je continuerai mon périple demain.

26 avril 2008

Sortie lagune ce matin, arrivée à l'ASNA vers 10h, c'est tard ! Nous longeons le canal de Vridi, sortons du port et débouchons dans la lagune, en direction de la Baie des Milliardaires, de l'île Boulé... tant de noms évocateurs pour ceux qui connaissent les environs ! Et bien les maisons ont poussé comme des champignons le long des rivages, et l'eau est moins propre ; les poissons ont déserté les eaux, hormis les barracudas, mais ils n'ont pas mordu au rappala aujourd'hui ! Au retour, nous croisons des embarcations ghanéennes et ivoiriennes de pêcheurs. Nous nous posons à l'apéritif auprès de la petite aire de jeux du Club, et pendant que les enfants se baignent et s'amusent, nous respirons l'air chargé (un peu puant en temps ordinaire mais aujourd'hui ça allait) de la lagune et du port de plaisance (aux accents de graisse et de carburant !), autour de bières, jus frais pressés et de cacahouètes grillées.

Je me rappelle ces soirées d'après plongée où nous descendions du bateau et nous réunissions autour de quelques tables collées pour nous raconter nos expériences très personnelles et exceptionnelles qu'étaient chaque sortie en mer ; quant à plusieurs générations autour de la table nous partagions ces moments inoubliables, et programmions la semaine suivante ; quant à la bougie nos yeux brillaient rien qu'en pensant à ce qui nous attendait. Quant nous sortions ensuite dans les rues éclairées et animées d'Abidjan, les plus grands chapeautant les plus jeunes, vieux et adolescents mêlés ... En ce temps là, nous n'avions peur de rien. En ce temps là, je ne redoutais rien. L'ASNA, c'est une bouffée de souvenirs, un rappel permanent de ma vie d'avant.

 

Ponton sur la lagune

 

Les tours d'Abidjan se détachent au fond

 

Une embarcation ivoirienne

Les plages privées

Cocoteraie en bord de lagune

 

Du 27 au 28 avril 2008

WE à Assinie, Km 5, sur la route de Mafia. Après avoir passé les embouteillages de Port-Boüet, et le barrage de sortie de ville, nous prenons la route de Grand-Bassam et traversons de grandes et majestueuses cocoteraies. Sur notre droite, des maquis, toujours aussi nombreux ; de jeunes garçons tentent de nous rabattre vers un de ces multiples restaurants, dont certains se sont agrémentés de piscines, si l'on en croit les panneaux et pancartes du bord de route. A l'entrée de l'ancienne capitale française, un vaste chantier de construction immobilière dénature malheureusement le paysage. Grand-Bassam regroupe toujours autant de petits commerçants sur les côtés de la route principale, celle qui continue vers Assinie, et au-delà vers ABOISSO et le Ghana. Les nappes volent, les étals sont colorés, les meubles de toutes sortes ... Nous passons de nouveau le barrage, au pied du pont qui enjambe le fleuve COMOE, puis le paysage change radicalement.

 

Route de Bassam

Les cocotiers laissent place à des étendues plus sauvages, moins arborées. BONOUA puis SAMO approchent ; il faut faire attention ici, nous dit-on, car la ville est le fief de la femme du président ivoirien, et profondément anti-française. De plus, nous rentrons en période de fête, le POPO CARNAVAL 2008, et il pourrait y avoir foule. Cependant, rien de tout cela. A l'embranchement de SAMO, des étals de fruits et légumes locaux en bord de route, des bananes naines, du manioc, des bassines entières d'ananas sauvages que nous négocierons à 1000 FCFA la bassine ...  puis, à quelques kilomètres de là, le carrefour d'ASSINIE et les routes de Terminal et Mafia. Les plantations d'ananas ont été remplacées par les cultures de manioc, car ce n'est pas la saison me dit-on ; dommage, l'occasion de montrer ces magnifiques champs d'ananas verts et violets sera pour une autre fois !

Nous empruntons cette dernière route et parcourons le peu de kilomètres qui nous séparent du parking en latérite rouge, après être de nouveau rentrés dans une cocoteraie et avoir passé les hôtels mytiques (ou leurs panneaux en bord de route)  tels que L'AFRICAN QUEEN LODGE ou Les MARINES DE BABIHANA et le COUCOUE LODGE.

La lagune est là, devant nous, tellement calme. De l'autre côté, des paillotes, aujourd'hui de vraies maisons, éparpillées dans la nature, entre palmiers, cocotiers, villages de pêcheurs et plage de sable blanc fin.

Le bateau nous attend. Nous allons passer le week-end chez un ami et fournisseur de mon père. Sa paillote est particulièrement agréable, aérée et agrémentée d'une belle piscine d'eau douce, le comble du luxe, entre lagune et mer ! Ceci-dit, ces derniers jours l'océan est particulièrement agité et nerveux, on nous déconseille fortement de s'y baigner, conseils que nous suivrons. Restent les promenades sur la plage et le rituel ramassage de coquillages, mais la récolte ne sera guère fameuse cette fois-ci, la piscine, et pour les plus actifs du ski-nautique, du jet-ski et des sorties en bateau. Deux jours de détente, de pluie et de soleil, la saison des orages commençant à poindre le bout de son nez... Ce qui ne nous a pas empêchés de prendre beaucoup de couleurs, voire de brûler !  Abus gastronomiques en tous genres, plateaux de langoustes, champagne et vin rosé, bœuf bourguignon sauce foie-gras et pommes de terre sautées à la graisse de canard, salade de fruits légèrement alcoolisée et gâteaux bien gras, bref, le week-end était ... SAVOUREUX et la nuit relativement paisible.

 

Au petit matin, la plage, particulièrement ventée, d'abord embrumée dans les vapeurs d'eau des vagues rugissantes, et le sable légèrement humide, est vide et reposante. Puis petit à petit, le soleil dissout les derniers embruns de la nuit, et la longue plage blanche d'ASSINIE se révèle, fidèle à elle-même et à mes souvenirs, bordée de grands cocotiers dont certains, penchés vers la plage, évoquent des cartes postales bien connues.

Les pêcheurs s'affairent autour de leurs pirogues, les gens se promènent, d'autres se déchaînent entre quad et moto, laissant leurs empreintes sur le sable encore mouillé .... Des commerçants passent de paillotes en paillotes pour vendre leurs marchandises, nappes en batik, cuirs ou vêtements ...

Au fil de la journée, nous croisons des villageois, le long de la petite piste bordant la lagune, de l'autre côté ; je photographie quelques enfants, tous heureux de se voir ensuite sur l'écran de l'appareil numérique.

Puis nous partons à la Passe d'ASSINIE, en bateau, une promenade d'une vingtaine de minutes entres bancs de sable et écueils. La lagune n'est pas si tranquille que ça finalement ; nous croisons des pirogues de pêcheurs relevant leurs palangrotes, des filets tendus, des écueils de bois signalant tel danger ... et empruntons le canal avant de déboucher enfin à l'embouchure, en pleine eau verte transparente, signe d'une marée pleinement montante. La paysage a encore changé, le sable a avancé, il y a des dunes à perte de vue, rétrécissant de plus en plus ce fameux canal. De l'autre côté, par contre, la plage a disparu, la mer dévorant peu à peu les frêles paillotes qui s'y trouvaient.  Nous ancrons le bateau et nous baignons.

La Passe d'Assinie

Au retour, tout le monde est calme, légèrement apaisé et somnolent, bercé par le déplacement du bateau. Un bain dans la piscine, puis l'apéro relance les discussions et la fin de notre week-end se profile. Nous aurions pu rester une nuit supplémentaire, mais de toutes les façons nous y retournons la semaine prochaine, avec Fabien cette fois-ci. Un grand merci à Ramzi et Roland pour nous avoir offert ce beau week-end !

Sur la route du retour, nous nous arrêtons rapidement pour acheter quelques fruits et maïs grillés, puis continuons vers ABIDJAN ; le soleil couchant sur la palmeraie est particulièrement féérique ; les lumières des chalutiers sur la mer scintillent de mille feux, et les ombres noires des cocotiers se détachent sur le ciel orange obscur, marquant au fer rouge, encore une fois, mon esprit avide de souvenirs. L'embouteillage sur le lagunaire nous renvoie à la réalité, bien malgré nous. Il faut maintenant compter deux heures de trajet pour se rendre à ASSINIE alors qu'il en fallait moins d'une heure et demi, avant ...

La nuit sera particulièrement appréciée, car j'avais oublié à quel point la mer fatigue.

 

29 avril 2008

Repos presque total, rien de spécial, Fabien arrive demain soir et enfin nous serons en famille pour encore 10 jours de vacances ....

 

30 avril 2008

Matinée sur Grand-Bassam, visite du centre artisanal, de l'école de peinture, du vieux quartier colonial et des centres potiers. La ville est restée figée, elle n'a pas beaucoup changé, peu d'infrastructures se sont rajoutées à celles existantes. Par contre, les maisons anciennes ont fait l'objet, dans leur majorité, d'une restauration "brutale", mal réfléchie, qui, loin de les mettre en valeur, les enlaidie malheureusement... Les hôtels restaurants (L'ASSOYAM BEACH, LA PAILLOTE, LA TAVERNE BASSAMOISE ...) sont encore là, le long de la plage, et le vieux cimetière colonial est maintenant enfermé lui aussi dans un carcan de béton. Les rues animées indiquent que la ville n'est pas morte, mais bien vivante au contraire. Le ciel est d'un bleu rêveur, parsemé de nuages blancs laiteux ...

Ancien Palais de Justice - 1911

Le centre artisanal

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Fabien arrive ce soir ... En l'attendant, et après plus de deux heures de sport au CALAO, je fais un détour chez Chris pour récupérer mes achats et au CAVA pour en terminer d'autres. J'y ai notamment déniché de petites toiles représentant les grosses "mama" africaines, les "AWOULABAS", dans diverses situations ...

 

1er mai 2008

Place aux souvenirs, nous parcourons la ville à la recherche de nos vieilles habitudes, de nos " petits plans pépères", et retraçons notre parcours ; 9 ans que nous vivons ensemble, dont 8 mois passés à Abidjan, depuis notre rencontre au TITI TWISTER, une ancienne discothèque de ZONE 4 qui n'existe plus ...Le boulevard de Marseille, où nous habitions dans un appartement à hauteur de l'hôtel - restaurant Le WAFOU, en face d'ailleurs, est maintenant bordé de restaurants très sympathiques qui se sont ouverts ces dernières années. Nous nous y arrêtons pour prendre un café, un chocolat blanc chaud et des pains au chocolat, et discuter de ces dix derniers jours de séparation forcée. L'après-midi nous resterons à la maison car vendredi sera une journée bien chargée !

02 mai 2008

Même si le départ a bien failli ne pas se faire (le chauffeur, en voulant contrôler le niveau, a laissé tomber dans le moteur le bouchon du réservoir de liquide de refroidissement -!!- difficile à récupérer dans une voiture tropicalisée - donc blindée en dessous !! Nous avons pris le bouchon d'une autre voiture !), nous quittons Abidjan  à 9 h - soit une heure de retard sur notre timing - pour Yamoussoukro, la capitale politique, que nous atteignons après 2 heures 15 min. de voiture. Nous empruntons l'autoroute nord, passons devant les lavandiers du Banco, puis prenons de l'essence avant d'atteindre et de passer sans difficulté le corridor (barrages multiples de police). La route est très jolie, bordée de fromagers, de cocotiers, de palmiers, de flamboyants très fleuris et sanguins, et d'albizias tous roses ; nous traversons aussi des villages, et des points de vente où commerçants de tout acabit proposent fruits et légumes (des piments notamment, du manioc - c'est la saison-  et des aubergines locales, amères), crevettes et boissons fraîches, aux passagers des gbakas (petit car de transport collectif), des bus, ou aux touristes comme nous ! La route est relativement bien entretenue et nous croisons peu de monde en montant. Le retour sera une autre affaire car nous voyons en face de gros camions surchargés de marchandises, et des grumiers (transporteurs de billes de bois),  en direction d'Abidjan.

Flamboyants en fleurs

Exemple de gbakas

L'avenue centrale, celle qui traverse et dessert toute la ville, est tellement démesurée, que nous ouvrons grands nos yeux de stupeur, tout comme à notre première visite, il y a une dizaine d'années !

Notre premier arrêt est la Basilique de Yamoussoukro. Nous optons pour une visite guidée, imposée, mais très intéressante ! Quentin et Coline écoutent poliment, battent un peu du tambour devant les yeux intéressés du père polonais, présent à ce moment là, puis deux heures plus tard nous terminons par une séance de photographies sur le parvis de l'église vaticane.

Il fait un soleil de plomb, une chaleur étouffante ; nous partons à la recherche d'un restaurant, où nous resterons une heure et demie, puis enchaînons avec une visite (rituelle) aux crocodiles du Président, ce qui plaîra énormément aux enfants. Un dernier tour en ville puis deux heures et demi de route à faire pour rentrer, donc il ne faut pas traîner ! Au passage, nous achetons des mangues et les vendeuses me laissent prendre quelques photos, super ! La pluie nous tombe dessus complètement par hasard, on n'y voit plus rien, comme un barrage d'eau ! Une fois sortis du grain les paysages sont d'une lumière intense, et le soleil couchant particulièrement en beauté ce soir !

Nous rentrons épuisés mais nous avons passé une bonne journée !

 

03 mai 2008

Blaise Pascal = la RÉSURRECTION !

Retour au Lycée Blaise Pascal, en pleins travaux ! L'état ivoirien y effectue actuellement une rénovation de grande ampleur afin de le remettre aux normes pour accueillir à la prochaine rentrée scolaire (sept. 2008) plus de 1200 élèves déjà inscrits ! Après voir vu le lycée dévasté, incendié, pillé, cassé de toute part, envahi par les mauvaises herbes et des arbres sauvages, le revoir ainsi était tellement inespéré que nous avons dû faire des mains et des pieds pour pouvoir le visiter de nouveau, en chantier ! En le traversant, les souvenirs affleurent encore une fois, même si la géographie a été modifiée et que les perspectives diffèrent ; le préau est toujours là, les vastes terrains de sport nous tendent les mains, les bâtiments scientifiques sont enfin réhabilités ... Il manque la plaque nominative du lycée, celle de l'inauguration ; elle sera sans doute modifiée pour rappeler à la mémoire collective  la guerre et la dévastation du complexe ... Je souhaite de tout cœur à ces prochains étudiants, nouveaux et anciens peut-être, d'y vivre tout ce que ma génération et celles d'avant ont pu y vivre.

Symboliquement, la réouverture du lycée annonce, ou dans tous les cas laisse à espérer, qu'un souffle nouveau verra revenir les familles françaises  et franco-ivoiriennes qui avaient fui le pays en crise. Moi je veux y croire le plus fort possible. Moi j'espère en l'avenir de la Côte d'ivoire. Et peut-être en l'avenir tout court, celui qui verra un jour, qui sait, mes enfants fréquenter l'un des plus beaux lycées français internationaux au monde, mon lycée.

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Nous avons repris notre pèlerinage vers nos anciens coins préférés, remplis d'émotions à chaque fois pour ces endroits où nous avions partagé tant de bon temps, et toujours là, malgré tous les évènements ! Nous nous sommes arrêtés au Rallye, puis au Café de la Gare, là où nous passions tant d'heures, Fabien à regarder les matchs de rugby avec ses collègues joueurs, et moi à le regarder lui  en dégustant mes premières Despérados au citron lime ! Nous y avons retrouvé le patron, Lilian ; il a bien changé lui aussi, sans doute ne voyons-nous que très difficilement que chez nous aussi le temps a passé. Les cheveux ont blanchi ... Ce soir, nous allons y dîner, les souvenirs remonteront, encore et encore ...

 

04 - 05 et 06 mai 2008

Deux jours et demi passés en famille à Assinie, le bonheur absolu ! Redécouvrir main dans la main les endroits autrefois familiers, fouler le sable blanc une dernière fois, si fin, crissant sous nos pas, partager la joie d'un retour de pirogue et discuter avec les pêcheurs, chercher des dollars de sable, s'assoupir en fin de journée, le soleil rose couchant à nos pieds ... Autant de joies que de souvenirs. Quand le soir, après avoir couché les enfants, nous nous allongions sur le transat en rotin, si près de la mer, dans le rugissement et le roulis des vagues, dans la fraîcheur d'un vent marin iodé, nous évoquions nos week-ends d'avant, prêts à nous endormir avec le passé. Le premier soir nous avons fait brûler sur le sable un tas de branches de palmier, un brasier sur la plage, comme avant, et nous, assis à son pied, le regardant irradier, les étincelles voletant de partout, jusqu'à qu'il se consume, nous avons raconté nos souvenirs aux trois enfants assis près de nous, mains dans le sable ... Le bonheur peut être si simple, ici il s'appelle ASSINIE.

 

Dans l'après-midi, nous passons rapidement au marché de Cocody voir Dramane, le couturier, et Baba, le cordonnier ; nous achetons quelques fruits puis montons au Plateau où nous nous faisons refouler chez WOODIN, trop tard ! Nous terminons par un petit tour au Froid Industriel, le magasin dans lequel je faisais mes courses autrefois, puis à La Librairie de France. Joyeux détours enfin chez le marchand de pain brochettes et au Phénicia pour un en-cas chawarma et kébés !

 

07 mai 2008

Faits divers : Mélissa a un staphylocoque ! Nous l'amenons donc chez le médecin (un rendez-vous en urgence chez une amie de papa), puis passons à la pharmacie pour lui acheter des sirops qu'elle ne prendra jamais (une indomptable !). Un petit tour chez WOODIN pour acheter quelques "pagnes" de tissu, puis déjeuner chez Tom, à La Pagode. Pour terminer nous passons chez le bijoutier finaliser l'achat de nos bijoux et chez A. DUPARC pour payer le joli coffre que j'y ai commandé ! En rentrant, nous abandonnons la miss à la nounou et partons avec les deux grands découvrir la piscine du Golf Club House, magnifique par son environnement et sa superficie ! Elle domine le 18 trous d'Abidjan ... Les enfants se sont éclatés et le chauffeur nous a rejoint avec Mélissa et la nounou car finalement il fallait qu'elle aussi en profite un peu !

Retour vers 18h30 au soleil couchant .....

 

08 - 09 mai 2008

Dernière visite à Bassam, et déjeuner à La Paillote, restaurant-hôtel en bord de mer ; les vagues sont fracassantes, énormes, on a du mal à croire qu'on s'y est  baigné un  jour, mais les eaux sont claires et transparentes ... Au chaud soleil de midi, nous avons ensuite arpenté une dernière fois les petites boutiques disséminées le long de la nationale, puis nous sommes rentrés nous reposer et profiter de la piscine paternelle. Ce soir, nous mangeons des petites brochettes de bœuf grillées au barbecue ...

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Nous partons ce soir ; après une première ébauche des valises, nous amenons Mélissa à sa visite médicale avant d'aller déjeuner à la Taverne Japonaise, en zone 4. Puis un dernier tour dans les grands magasins, et à Cocody pour récupérer des affaires chez le couturier, et retour express pour les derniers préparatifs. Il pleut maintenant à grands flots alors qu'il faisait si beau il y a encore une heure !

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Le départ, on préfèrerait  ne pas trop y penser, mais on est happé par le quotidien, il revient au galop ; déjà on se demande comment on va retrouver notre chez nous, si tout est en état. On se prépare mentalement à toute un foule de choses à faire, de gens à voir, même si on sait depuis peu que nous quitterons bientôt le CONGO. On en dira plus en ligne, quand on le pourra, on fera un article dessus ...

Quitter la Côte d'Ivoire sous la pluie, on n'en espérait pas tant ! Même le temps s'y met pour nous dire au-revoir, nous reviendrons bien sûr, mais quand ?

 

 

Mes bonnes adresses déco

Le CAVA - Centre artisannal en Zone 4, on y trouve de tout depuis que le marché de Cocody a brûlé ! Essayez la Galerie BARAKKART : de la peinture sur verre avec un style bien particulier pour qui connaît le souwer sénégalais, ça change et les deux artistes sont conciliants ... !

L'univers AKAN - Biétry - Bd de Marseille (face au Wafou) - Très beau, malheureusement très cher aussi ! (225) 21. 35. 77. 52 ou 26 39

Créateur de Bonheur (Miss AKISSI) - A. DUPARC y propose de magnifiques objets de décoration à des prix raisonnables ! (225) 07. 08. 49. 29 ou perlindigo@yahoo.fr

Galerie EUREKA - Rue des Serpents !

Couleur Bois - Très cher mais magnifique - Bd de Marseille - Vaisselle en bois, vernie, et agrémentée de poids baoulés dorés et de coris - (225) 21.35.14.74

Calebasse Création - Créations ivoiriennes et sénégalaises, etc. / En vente sur le Bd VGE en Zone 4 et sur la route du lycée français à la Riviéra 3 / (225) 21.24.57.31 ou 22.47.33.29

 A Cocody : Alassane SOUFOUYANE - Commerçant d'objets d'art / (225) 07. 12. 12. 90 ou 60. 73. 46. 46

 

Mes bons plans "BOUFFE" !

- Rest. L'Horizon, Galerie CAP SUD - Pour son buffet libannais tous les dimanches midis (14 500 FCFA le menu)

- Rest. Phénicia, Rue des Jardins - Libannais, sans prétention mais très bon et convivial

- Rest. Aboussouan, Treicheville - La bonne gastronomie ivoirienne

- Rest. La Pagode (Chez Tom) - En face du Havana Café, Zone 3 - Cuisine asiatique

- Rest. Chez Tong - auparavant au Plateau, il se trouve maintenant rue du Dr Calmette en Zone 4 - Le meilleur vietnamien de la ville - 21.25.73.82

- Rest. Chez Wang - chinois avec une spécialité barbecue et fondue - Rue Pierre et Marie Curie (rue Mercedes) juste à côté de la Pagode !

- Rest. Arirang - coréen // peu de choix de barbecues mais très bons si on les accompagne d'un bibembap ! 48.55.03.60 ou 65.20.58.90

- Rest. Kaiten, Zone 3 - Japonnais, chic et cher !

- Rest. La Taverne Japonaise - Zone 4, Bon, et moins cher !

- Rest. Le Débarcadère - Beau maquis en bord de lagune à Treicheville très aéré avec espace de jeu pour les enfants + orchestre live le vendredi - Ouvert toute la semaine // 02.04.81.53 ou 40.82.57.31 // debarcaderes@yahoo.fr

- Rest. Ala Bella Pizza - Yamoussoukro - Sans prétention, très bon et une carte très variée !

- A Bassam, rest. La Paillote, pour son cadre ...

- A Bassam, Le Quai - on y mange au bord du fleuve des huîtres de mangrove !! 07.69.69.75

 

Manger des glaces : les grands glaciers sénégalais se sont débarqué à Abidjan ! Je vous conseille très fortement d'aller goûter les glaces de Régis (Riviéra, 2 Plateaux et sur Facebook) et de Nice cream : rue des jardins (2 plateaux - 22.41.14.14) + rue Pierre et Marie Curie (Zone 4 - 21.23.67.09) // ouvert du lundi au jeudi + dimanche de 10h30 à 23h, les vendredis et samedis jusqu'à minuit // compter 6 000 cfa/l ou 2 boules à 1 500 cfa.

 

Les achats à faire :

- un canari, indispensable pour faire un bon Kédjénou ou cuir à l'étouffée les aliments, sans matière grasse, tout en leur donnant un bon goût de fumé !

- du pagne, pour faire toutes sortes de vêtements, il est coloré, brillant et souple ;

- des noix de cajou, elles sont excellentes ; du piment oiseau et du gombo séchés, des petites cacahouètes pimentées ;

- des nappes en batik, car elles sont résistantes et colorées, elles ne craignent pas les taches ! Il faut les acheter à Bassam, au centre artisanal, si vous ne trouvez pas votre bonheur, commandez et on vous livre à Abidjan ! Il faut voir le gérant, Yssifou OUEDRAOGO - 05.02.48.56 // On trouve aussi sur le marché des sets de table, tout aussi colorés et résistants !

- des bijoux de perles et de poids baoulés, très jolis à voir ...

- des toiles bogolan pour faire des plaids ;

- des ananas, ce sont les meilleurs !

- des bijoux en or, car ici l'or reste encore moins cher qu'en France !

- des petites toiles "naïves" ;

- des poteries (à Bassam), s'il vous reste encore un peu de place !

- les jolis jouets et cales-portes en bois au Cava faits par Koffi N'Dri Léon (Arts et déco Aboli Koff) // 06.368.762 ou 01.056.466 ou abolikoff67@yahoo.fr

 

Les 'BEST OF' de la cuisine ivoirienne

* Les accompagnements :

- Le foutou banane et manioc (mélangés) ou igname // le foufou (avec de l'huile de palme)

Bananes, manioc et igname sont cuits puis pilés (soit séparément, soit mélangés) afin d'obtenir une grosse boule de pâte qui se mangera avec un plat en sauce ;

Amy prépare le foutou bananes-manioc

 

- L'attiéké, se mange généralement avec des sauces ou du poisson et du  poulet braisé, accompagné d'une sauce tomate cuite ou fraîche (avec oignons et maggi) ;

- l'alloco, ou banane plantain frite, sauce pimentée au poisson ;

 

* Les sauces :

- graines, à base de graines de palme pillées ;

- claire, à base d'aubergines locales, amères ;

- arachide, à base de cacahouètes ;

- gombo, à base de gombo et de viande de bœuf ;

- le poulet ou la pintade, ou les écrevisses Kédjénou : viande ou crustacés mijotent dans un canari avec oignon, tomates et épices, piment, directement sur le feu ;

NB :  on rajoute souvent du crabe dans les fonds de sauce afin de leur donner plus de goût !

 

* Les viandes :

On mange dans les maquis ivoiriens de la pintade, du poulet "bicyclette" ou du poisson (généralement carpes et machoirons, en brochettes ou entiers), de l'agouti (rat des palmes), ou du porc-épic, bien que celui-ci se fasse de plus en plus rare. Dans certains restaurants, on trouvera aussi de la chauve-souris, du crocodile, du singe ou du serpent, sur commande le plus souvent, ou encore de gros escargots locaux préparés en sauce ...



25/04/2008
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