Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

2- Axum, Semien Mountains, Gondar et Bahr Dar (nord Ethiopien) (la suite)

(la suite)

Jour 5 : BAHR DAR – ADDIS ABEBA

Réveil matinal pour préparer notre départ. 14°C. A 6h45, nous rejoignons un des employés de l'hôtel qui nous amène à l'Eglise Saint-Georges derrière laquelle nous sommes susceptibles de rencontrer des pêcheurs pour leur acheter du poisson ! Nous traversons donc le campound de l'église (c'est évidemment l'heure de la prière !) avant de serpenter à travers les cases en paille et en torchis et d'atteindre le lac où de magnifiques pélicans chassent à cette heure matinale. Les embarcations en jonc tressé reposent sur la berge. Nous commandons 4 Kg de 'fileto' (en italien, petit filet de poisson) de tilapia puis retournons faire réparer notre roue et fermer nos bagages. Après avoir déjeuné et tout réglé, nous récupérons les petits filets de poisson, cherchons désespérément de la glace avant d'acheter 1 Kg de poisson congelé pour maintenir le froid dans la glacière. Comptez 27 birs/Kg de tilapia.

10h20, c'est le départ de Bahr Dar, le compteur affiche 1 848 Kms depuis Addis Abeba. Nous empruntons la route supposée être celle d'Addis Abeba (pas de panneau) et nous fions aux bornes. Finalement, un gros panneau indique la capitale à 515 Kms et Débré Markos à 220 Kms. Seulement, à peine 30 min. plus tard, nous crevons pour la dernière fois !

Paniqué, Fabien décide que nous ne pourrons pas faire la route jusqu'à Addis Abeba dans ces conditions et nous rentrons sur Bahr Dar, directement chez TOYOTA : réouverture à 13h, nous attendons. De discussions en discussions, il apparaît qu'il n'y a pas de pneu pour PRADO en stock. On envisage un changement de calibre et de jantes, mais il faut attendre un manager toujours en pause déjeuner. Finalement, au bout de trois heures, les quatre pneus enlevés, nous attendons toujours qu'on monte les jantes mais là, problème technique, personne n'y arrive ! Il est 16h, nous sommes fatigués, énervés, le manager est particulièrement impuissant et incompétent, nous nous résignons à trouver une autre solution (en fait, nous aurions sans doute pu trouver des pneus de seconde main dans la ville mais nous n'avions pas assez d'argent pour avancer l'achat de deux pneus, et il était plus simple de passer par MOENCO, la société de Fabien pouvant payer à Addis Abeba). Ultime décision : faire monter les pneus d'Addis Abeba par voiture avec un chauffeur de la compagnie.

Nous retournons donc au ABAY MINCH LODGE dans l'espoir d'y retrouver de la place, nous asseyons dans la paisible jardin et tâchons de nous calmer un peu avant de dîner.

 

Jour 6 : BAHR DAR – ADDIS ABEBA (2ième essai)

Il est 7h50 quand Fabien parvient à joindre le chauffeur qui nous monte les pneus : loi de l'emmerdement maximum oblige, comme par un malheureux hasard, le chauffeur qui avait pour toute consigne de ne pas rouler la nuit, et qui avait décidé de ne pas écouter la recommandation, avait de ce fait cartonné la voiture de Fabien : pare-brise éclaté, tout le côté droit rayé et défoncé, le train de pneus arrière défaussé, pneu éclaté (changé avec l'unique roue de secours de la voiture). Avec fureur, nous quittons la ville vers 8h30, et à petite allure nous reprenons la route d'Addis Abeba (identifiée la veille !). Enfin, les employés de la maison appellent, inquiets de ne pas nous voir, et bloqués à l'extérieur, sans clefs : nous réalisons que la soirée va être difficile à gérer. En plus de ça, je suis malade …

La route pour Addis Abeba est plutôt monotone, plate. Quelques champs de fleurs jaunes égayent le paysage cultivé (bizarrement, les champs de maïs sont entourés de plants de tournesols, logique agricole ?). A mi-distance de Débré Markos, alors que notre pneu tient encore, nous croisons la voiture de Fabien, qui roule toujours, et changeons la roue défectueuse. Maintenant, il faut déposer la voiture dans un garage et pour cela nous allons devoir l'escorter et rouler à 60 Kms/h jusqu'à Débré Markos ! Au passage, nous avons le temps de voir les boutiques de DEMBECHA (artisanat type poufs en peau). A 13h20, nous laissons enfin le chauffeur et la voiture pour rejoindre à plus vive allure Addis Abeba : il nous reste 297 Kms. Environ 20 min. plus tard, la route se transforme en piste, puis repasse au bitume, avant de revenir à la piste, bref, la route n'est pas très bonne, et du coup on ne peut guère rouler vite. Dans tous les cas, même l'asphalte est étroit, bosselé ou troué ! Quelques descentes et remontées plus tard (attention aux oreilles, il va falloir décompenser), peu avant Dejen, nous passons devant un marché aux bestiaux plutôt important, et une grosse usine d'on ne sait quoi ! Nous entamons alors la grande descente vers les gorges du Nil :

« L'itinéraire qui traverse la gigantesque faille sur un dénivelé de 1 000 m est sans doute le plus impressionnant du pays. La route serpente à n'en plus finir avant d'atteindre le pont qui enjambe les eaux du Nil Bleu. Reliant les provinces du Choa et du Godjam, jusque-là séparées par cette chaotique frontière naturelle, cette liaison unique est véritablement stratégique pour l'économie du pays ». Le Petit Futé 2008.

Contrairement à ce qu'on dit dans le guide, la route est maintenant meilleure, mais attention, elle est vicieuse car sérieusement trouée dans certains virages. Les oreilles se bouchent constamment mais le paysage est effectivement grandiose ; en contrebas, le Pont des italiens dort paisiblement dans la vallée, au côté d'un magnifique ouvrage récemment livré par les japonais, à deux voies, ouvert depuis 2008.

Nous entamons alors la remontée et croisons de nombreux poids lourds qui peinent à rouler, soit trop lents, soit en panne. Le panorama est encore époustouflant. Puis sur les plateaux la route est finalement bien meilleure. Il y fait 16°C. La route semble cependant interminable. Nous espérions nous arrêter à Débré Libanos pour voir le Pont des Portugais, mais il est 16h30 quand nous atteignons le site, simplement indiqué par un panneau discret : il faut se garer dans l'enceinte du ETHIO GERMANY PARK HOTEL, sur votre gauche en arrivant, puis marcher environ 10 min. pour observer le Portugeese Bridge. Nous remettons à plus tard, et reprenons la route bordée de vendeurs de croix roses (autre site à visiter dans les environs : le monastère). L'entrée à Addis Abeba se fait vers 18h par la route Nord (Entoto-Piassa) : attention, la route est crevassée sur les derniers kilomètres.

Notre dernier conseil consistera donc à vous informer des dangers de partir sans avoir vérifié l'état de vos roues, sans vous être assurés non plus de leur qualité (ville ou 4x4), enfin sans emporter avec vous au moins deux roues de rechange ! Malgré cela, ce périple éthiopien restera probablement un de nos meilleurs souvenirs.

 

Nathalie GUIRONNET

05/11/2009



16/11/2009
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