Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

1-Axum-Semien Mountains-Gondar et Bahr Dar (Nord éthiopien) - 2009

Guide pratique et chronique d'une famille visitant, seule, le Nord Ethiopien !

 

Axum/Simien Mountains/Gondar/Bahr Dar/Addis Abeba

 

2009

 

 


 

http://www.boston.com/travel/getaways/africa/articles/2010/11/14/trekking_in_a_prehistoric_landscape/

 


 

 

Jour 1 : Addis Abeba – Axum

 

La voiture étant montée deux jours auparavant (1 020 km par la boucle est) avec un chauffeur éthiopien, nous embarquons à bord d'un fokker 50 d'Ethiopian Airlines en direction d'Axum le mercredi 28 octobre 2009 (comptez 700 birs / adulte résident, et environ 500 birs / enfant résident pour l'aller simple). Tout va très vite, les formalités comme l'enregistrement (à 6h15), et le vol est à l'heure (7h20). Nous atterrissons à 9h20 (après une escale à Békélé) dans ce joli aéroport de province aux sculptures axoumites. Il ne fait pas chaud. Récupérant les bagages rapidement, nous retrouvons le Prado sur le parking de l'aéroport, le plein fait.

 

L'aéroport est isolé de quelques kilomètres mais rapidement nous rentrons dans la petite ville, toute en longueur (très peu de buildings) ; une avenue principale dessert les différents quartiers d'Axum. Un grand panneau sur la droite indique la direction du Remhai Hotel - (034) 775 15 01 - où nous avons réservé pour la nuit (1 210, 15 birs TTC la nuit pour deux chambres). De mon avis, cet établissement privé encore en construction, quoique mal fini (comme partout en Éthiopie), est relativement propre et moins cher que l'hôtel gouvernemental (le Yeha) : c'est un bon compromis offrant tout un ensemble de services (location de véhicule, centre internet, mais attention, pas de possibilité de faire laver la voiture) en plus d'un très bon restaurant (rapide, bonne carte, prix corrects, service excellent). Les chambres sont spacieuses, les salles de bain de taille correcte et presque propres ; attention toutefois aux prises électriques, toutes de bric et de broc ! La piscine est en eau (verte, certes, mais nous avons vu que la pompe fonctionnait !) et le jardin très agréable, ombragé et fleuri, permet de se reposer à l'abri du bruit. Nous y attendons d'ailleurs le guide que l'hôtel nous adresse. Après avoir négocié le prix (200 birs pour la visite d'Axum + 100 birs pour un aller-retour à Yéha), nous partons enfin. Il est bon de savoir qu'il n'y a à priori pas de guide francophone à Axum.

 

A peu près à la même altitude qu'Addis Abeba, et avoisinant près de 75 000 habitants à 99% orthodoxes, Axum est une ville de peu d'intérêt. Toute en aplat, plutôt étendue, poussiéreuse et en travaux, il n'est pas compliqué de s'y diriger. Comme toute ville en altitude, il y fait chaud en journée (31°C) et plutôt frais le soir. On y trouve quelques petites supérettes pour y faire le plein d'eau fraîche ou de jus de mangue avant de partir (c'est moins cher qu'à l'hôtel) et une vieille station TOTAL (attention, pas de système abyssinia card, et le nouveau prix de l'essence n'est pas encore affiché à la pompe : pas de grosse joie cependant, la facture est donc revue à la caisse !). Aucun panneau de signalisation n'indique la direction des sites, ni celles de Addis Abeba ou de Gondar.

 

Axum compte cependant d'intéressants et anciens édifices en rapport avec une histoire encore méconnue et assortie de légendes diverses notamment liées à la Reine de Saba. Les guides maîtrisent leur sujet et n'hésiteront pas à vous conter anecdotes et faits historiques. L'ensemble des sites est situé dans la ville même, il est donc facile de les visiter sans voiture (attention, c'est cependant très poussiéreux et en terrain ascendant). Autrement, pour ceux qui le désirent, taxis et bajajs permettent de rayonner aisément. Le prix d'entrée global pour l'ensemble des différents monuments est de 4 birs / adulte résident, ou de 50 birs / touriste, les enfants ne payant pas.

 

A visiter :

 

-                     La vieille ville : très jolies petites maisons traditionnelles en pierre (un projet archéologique prévoit prochainement des recherches dans cette partie de la ville) ;

 

-                     Le Queen of Sheba Palace (à la sortie de la ville, en direction de Gondar) ;

 

-                     Le Queen of Sheba bath (point de ralliement pour la grande fête de Timkat) ;

 

-                     La nécropole des rois Khaled et Gabra Masqal (possibilité de pique-niquer dans l'enceinte mais tâchez de garder l'endroit propre). Belle vue sur la campagne environnante (frontière érythréenne d'un côté, et de l'autre lieu de bataille historique d'Adwa contre l'oppression italienne) ;

 

-                     La pierre aux trois écritures : guèze, sabéenne et grecque (protégée par une petite case en torchis et toit de tôle) ;

 

-                     Les stèles ;

 

-                     Le musée archéologique (au-dessus du champ des stèles) ; nous n'avons pas eu le temps d'y faire un tour. Peut-être faut-il y payer un droit d'entrée en plus ?

 

-                     L'église Sainte Marie de Sion (une partie interdite aux femmes) ; nous n'avons pas pris le temps de la visiter ;

 

-                     Autres !!

 

NB : pour plus d'informations sur les sites, n'hésitez pas à lire les guides touristiques au sujet d'Axum.

 

L'après-midi est consacré à la visite de site de Yéha, à environ 50 Km de Axum. Pour cela, sortir de la ville en direction de l'aéroport, et continuer tout droit au lieu de tourner à gauche. La route est en construction, nous empruntons donc une piste à travers champs et cultures en terrasse - l'occasion d'un petit cours sur le tèf blanc et le tèf brun - et traversons ADWA (ancienne capitale du Tigré), petite ville d'environ 50 000 habitants et lieu de bataille historique du pays (première victoire d'une armée africaine contre une armée européenne moderne, malgré plusieurs milliers de morts). Compter une heure pour y aller, autant pour revenir ! Un panneau indique à gauche la direction du temple de Yéha considéré comme le plus ancien édifice d'Éthiopie et recélant encore bon nombre de mystères. La piste est bonne. Il faut noter que le guide touristique du Petit Futé indique qu'il existe peu de liaisons en transport public pour se rendre à Yéha, d'où l'intérêt d'avoir un véhicule. Compter 50 birs / adulte pour y entrer, les enfants sont gratuits. Pour ce prix là, un guide 'officiel' anglophone à l'intérieur se charge de vous montrer cet édifice en moellons construit et dédié probablement à un dieu sabéen six à neuf siècles avant JC. A voir également dans l'enceinte le cimetière, une vielle église désaffectée, et ce qu'il est en effet difficile de qualifier de musée (d'ailleurs le guide nous indique plutôt une sorte de 'storage' à étage) mais qui abrite néanmoins de jolies reliques et belles trouvailles récupérés lors de fouilles archéologiques ou au hasard du travail du sol aux alentours. Le gardien des lieux, qui aligne complaisamment quelques mots en français, vous ouvrira bibles anciennes et livres manuscrits – 300 à 800 ans (pensez à un petit pourboire).

 

Le retour se fait à la tombée du jour, alors que de nombreux enfants rentrent des champs : dans cette région, l'école a été interrompue pendant une semaine (en prévision de la pluie) pour qu'ils puissent aider à une récolte encore archaïque, traditionnelle, accroupis dans les champs, et à la serpe. Tèf et tournesols égayent ce paysage poussiéreux de cactus où le soleil se couche de manière flamboyante.

 

A savoir : à postériori, le guide d'Axum n'était pas indispensable pour visiter Yéha ! De même, de nombreux autres monuments sont à visiter dans la région. Nous avons parcouru environ 125 Km dans la journée.

 

Jour 2 : Axum – Simien mountains

 

La piste pour sortir d'Axum en direction de Débark et des Simien Mountains (« le toit de l'Éthiopie ») n'est pas difficile à trouver, car finalement il n'y a qu'une seule et unique route entrant (côté aéroport) et sortant de la ville (côté Queen of Sheba Palace) sachant bien évidemment qu'il n'y a aucune signalétique. Prendre cette direction. Il fait 25°C à 9h du matin. Le paysage est assez régulier, présentant une alternance de champs de maïs, de tèf et de failles inimaginables, de caravanes de chameaux, de morceaux de routes en bitume et d'équipes de construction menées par des chinois (camps et carrières). De nombreux villages se succèdent mais peu sont indiqués sur la carte (nous vous conseillons d'acheter l'INTERNATIONAL TRAVEL MAP of ETHIOPIA 1 : 2, 000, 000). Sachez seulement qu'à Inda Silassé vous pourrez faire le plein d'essence et vous approvisionner dans quelques petits drugstores, acheter quelques fruits (les bananes sont à 7 birs/Kg).

 

D'après le guide touristique, nous empruntons probablement la plus belle route d'Éthiopie :

 

« Ce parcours est celui de la démesure. La route la plus spectaculaire d'Éthiopie s'ouvre après une série de dénivelés sans fin, sur les majestueux panoramas du massif du Simien. 265 Km et 6 à 7 heures de trajet pour cette 'route à couper le souffle' ouverte par les italiens au prix d'efforts surhumains. Ces véritables montagnes russes partent de 2 130 m d'altitude pour plonger en-dessous de 800 m avant d'entamer l'ascension finale à plus de 3 000 m ».

 

La piste rouge latérite s'ouvre à travers champs en ligne droite, jouant avec les ocres, les jaunes et les verts. Des tanks égarés, terminent leur vie sur ces hauts plateaux. De face, la chaîne de montagnes s'annonce alors que sur les côtés, de part et d'autre, de magnifiques failles nous isolent davantage. Le seul panneau depuis Axum annonce enfin la descente vers les montagnes sur une piste aux lacets vertigineux ; vitesse de croisière : 35 Km/h. De petits villages vivent ici, plus ou moins précaires, aux signes de croix sur les portes et à l'odeur de poisson fumé ; nous enjambons de nombreux ponts, passons des rapides ou des cours d'eau asséchés, apprécions ces paysages de baobabs et d'ouvrages fortifiés en pierre (pour soutenir les routes). A moment donné, nous croisons un village de réfugiés assez étendu et organisé de l'UNHCR, aux panneaux RESCUE. Nous montons, puis nous descendons et les Simien Mountains semblent encore tellement loin ! Peu après ADI AR KAY, nous passons un pont de pierre au très joli cours d'eau au fond duquel dort un énième tank. C'est aussi là que nous crevons ! Il faudra 45 min. pour changer la roue puis reprendre la piste. Nous commençons à croiser des singes.

 

A l'entrée dans les Simien Mountains, ce ne sont plus que des « WAOUAH » et des « OH » pour décrire ces lacets bordés d'arbres superbes ouverts sur des paysages grandioses époustouflants. Des murs des falaises suintent de petites cascades aux reflets arc-en-ciel où les groupes de babouins viennent s'abreuver. Les températures baissent à vue d'œil à mesure que nous montons puis remontent à mesure que nous redescendons. A 17h, il fait 22°C. Nous arrivons enfin à Débark à 17h11, 19°C. Un grand panneau sur la gauche indique à 22 Km le « plus haut hôtel d'Afrique ». Nous tournons et traversons une zone plutôt populaire avant de nous retrouver à nouveau dans une nature de carte postale aux étendues cultivées, beau patchwork de couleurs sublimées par le coucher de soleil. « Il fait beau avec toutes ces couleurs » - expression de Mélissa, 3 ans et demi.

 

Quelques kilomètres après Débark, nous arrivons à une barrière. Il est 17h35 et l'on nous réclame le papier de « registration » que nous n'avons évidemment pas ! Le panneau indique que le parc ferme à 18h : « To all drivers : forbidden to drive inside park from 6 PM to 6 AM ».

 

Notre hôtel se trouve à l'intérieur du parc ; le réseau téléphonique fonctionne mal mais heureusement que nous avons le voucher. L'hôtel ne nous a jamais prévenu qu'il fallait d'abord passer au Simien Office à Débark pour payer le droit d'accéder au parc et ne nous a jamais indiqué non plus d'heure limite. Nous nous arrangeons avec le scout et payons 570 birs de droits (soit 20 birs/j/voiture - 10 etb/j selon catégorie, 10 birs/j/enfant, 50 birs/j/adulte + 120 birs pour le scout pendant 3 jours - NB : camping : 20 etb/pers./j). Nous devrons récupérer la facture en partant en passant à l'office. Notre scout dans la voiture, nous terminons enfin les derniers kilomètres qui nous séparent du Simien Lodge pour une arrivée à 18h. Nous avons réservé pour une suite familiale soit un lit double, deux lits simples, une chambre, un salon et une salle de bain. La nuit coûte 2 750 birs TTC (payée à Addis Abeba). Apparemment, comme l'explique un document placé sur la table basse, le chauffe-eau et le chauffage sont solaires, et de la laine de verre isole tout le bungalow de l'extérieur. La propreté est malheureusement limite (poubelle sale, grosses mèches de cheveux dans le cendrier, mouches mortes partout, draps et couvertures douteuses), dommage! Dans le bâtiment central composé du restaurant à gauche et du bar à droite, on trouve aussi une petite boutique (écharpes et bonnets locaux) et la réception. L'accueil y est chaleureux. Une belle cheminée dans chaque grande pièce permet de réchauffer l'atmosphère. Nous avons pris l'apéritif avec les guides, auprès du feu, avant de manger en salle le menu (122, 94 birs/pers. HT) : entrée, plat, dessert, deux choix dans chaque catégorie. Les filles (3 et 5 ans) ne payent pas ! Après le dîner, quelques discussions s'engagent auprès de la cheminée. C'est bien agréable de sentir l'odeur du bois brûler et de se réchauffer ! 

Juillet 2011 : Semien Lodge : 0115.52.47.58 ou www.simiens.com

Compter 152$ / nuit – familiale : 216$/nuit TTC

 

 

Jour 3 : SIMIEN MOUNTAINS – journée libre

 

Notre scout a passé la nuit sous une tente Quetchua au pied de notre bungalow familial ! Bien entendu, sa kalachnikov ne le quitte jamais ! Il parle 'un peu' l'anglais !

 

Petit-déjeuner vers 8h00. C'est cher (101, 33 birs/pers. TTC) mais c'est rapide et complet : le full breakfast comprend des œufs (3), un jus de fruit, thé ou café, confiture-beurre de cacahouètes-beurre, toasts à volonté. Les filles ne payent pas non plus ! Pour le continental, comptez 50, 45 birs/pers. TTC.

 

Nous négocions ensuite la journée avec trois chevaux à 240 birs et nous partons à 9h45 pour deux heures trente de ballade (c'est ce qu'il y a de plus simple à faire avec les enfants. Cependant, on peut aussi louer des VTT). Nos guides sont agréables et très utiles (ils tiennent les chevaux, écartent les curieux « estropiens » - joli terme de Mélissa - à coups de fronde), la contrée magnifique, le ciel bleu intense, le soleil chaud même si on supporte bien le pull-over.

 

Attention, n'oubliez surtout pas de vous munir de lunettes de soleil et d'écran total, et ne négligez aucune zone découverte au risque de vous retrouver : - avec les mollets roses de mon mari, ou avec un coup de soleil sur le cuir chevelu (ça c'est moi car sans chapeau).

 

La promenade nous permet d'approcher un groupe de babouins GELADA, et d'autres animaux en liberté (vaches, chèvres, chevaux), idéal pour les enfants. Moins drôle pour ceux qui marchent à côté des chevaux : les chemins descendent avant de remonter sèchement, et le souffle se coupe vite à une telle altitude !

 

Le parc fait environ 179 Km2 et permet de protéger des espèces endémiques fragiles. Formidable terrain d'excursions pour les amateurs de trekking. En dehors du lodge, plutôt récent, on trouve aussi quelques camps plus basiques.

 

Retour à l'hôtel vers 12h30 où nous observons d'autres babouins ni sauvages, ni agressifs, à moins d'un mètre : assise sur une chaise à boire un coca cola au milieu des singes !! Puis nous partons en voiture pour un pique-nique sur un site autorisé, toujours accompagnés par notre scout. Au pied des montagnes, dans le thym et le serpolet sauvages, au soleil, avec un vent léger, nous apprécions notre voyage malgré les petits moucherons et la cacophonie des rapaces et des corbeaux ! Désorientation totale et perte de la notion du temps devant une telle immensité. Au bord du précipice, j'ouvre mon téléphone portable pour me rendre compte que le réseau passe : j'en profite pour partager mes impressions par sms (l'un ne répond pas, l'autre me demande si je pense rentrer, la troisième pleure presque de ne pas y être, la dernière, enfin, me dit d'en profiter !). Assise dans les fleurs violettes, roses, jaunes et blanches, aux odeurs multiples aériennes, dans un silence juste troublé par les cris des oiseaux, dans l'air pur à 3 260 m d'altitude, nos cœurs battent étrangement alors que nous envisageons une petite sieste dans l'herbe fraîche. Un rapace me frôle soudainement, attrapant au passage de ses serres acérées les restes de saucisson placés dans une assiette à mes côtés, une drôle d'impression !

 

Le soleil commence cependant à jouer à cache-cache. En repartant, nous passons d'un panorama à un autre. Les petits éthiopiens se parlent en criant d'un point à l'autre par échos interposés aussi avons nous l'impression que nous ne sommes jamais seuls ! Les températures sont comprises entre 15 et 19°C. Elles chutent à partir de 16h. A cette heure-ci justement, il fait bon s'installer au soleil et paresser en attendant son coucher. Fabien en profite pour refaire un tour à cheval d'une heure avec notre fils avant d'entamer une soirée très paisible et bien fraîche.

 

Jour 4 : la route de Gondar et Bahr Dar

 

Nous quittons le lodge pour Débark à 9h. La ville se trouve à 3 020 m d'altitude, compte à peu près 20 000 habitants. Elle est le point de départ des excursions dans les Simien Mountains. Débark n'a rien de particulier si ce n'est quelques hôtels, plus d'ailleurs que ce qui est indiqué dans le guide. Ici vous pourrez faire de l'essence (KOBIL, NOC). Nous commençons par poser notre pneu à réparer (350 birs pour une chambre à air !). Nous passons ensuite récupérer notre facture au Simien Mountains National Park Office (il faut savoir que c'est ouvert jusqu'à 18h et qu'il faut y passer avant de s'engager vers le parc). Le bureau se trouve dans la rue principale qui traverse la ville de part et d'autre, à quelques kilomètres après l'embranchement vers l'hôtel, sur la droite. Un panneau indique que les Simien Mountains sont inscrites au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'Unesco. Un autre panneau place Addis Abeba à 830 Kms de Débark.

 

Paysages de plaines cultivées, et passages de quelques cols, mais rien de très intéressant. Gondar se trouve à environ 1h45 de piste caillouteuse et glissante (moyenne de 60 Kms/h pour environ 100 Kms). Attention donc aux risques d'accident. Un village artisanal à 2 min. de la ville indique qu'on y arrive et l'entrée dans la ville est matérialisée par le passage de la piste au bitume. Il est 12h10. Nous nous rendons au Palais de Fasilidas où nous rencontrons un guide : comptez 50 birs/adulte résident pour accéder au Palais et aux bains. Les enfants sont gratuits. Le guide nous coûtera 150 birs pour l'après-midi. La visite dure une petite heure, si votre guide est bavard ! N'hésitez pas à l'interroger, certains restent trop discrets ! Evidemment, à la sortie de l'enceinte fortifiée, nous avons la mauvaise surprise de voir notre pneu à nouveau à plat ! Deuxième changement. Nous devons le déposer chez un réparateur avant de continuer notre visite vers les Bains de Fasilidas. Apparemment tout est ouvert entre 12h et 14h. Aux bains, nous prenons 45 min. pour déjeuner ; puis nous visitons le site pendant environ 20 min. avant de retourner prendre le pneu et de nous rendre à l'Eglise Dabra Birhan Sélassié, « La trinité sur le Mont de lumière ». 25 birs/adulte résident pour visiter cette très jolie église de la fin du XVIIième posée dans son parc de genévriers.

 

Gondar est une ville sans intérêt hormis ses magnifiques édifices anciens. Tout y est plus cher qu'ailleurs (parking, fruits, etc.) et on ne trouve pas de tout. Juste l'essentiel. La sortie de ville est un peu difficile, encombrée. Vers 16h, nous quittons Gondar pour Bahr Dar par l'unique route asphaltée qu'il y ait. On nous prévient cependant de faire attention car le samedi est un jour de marché et que du coup les conducteurs des environs sont plus ou moins imbibés d'alcool ! En fait cela pourrait aller plus vite s'il n'y avait pas de virages, de villages, ou de bêtes traversant intempestivement (et oui, ce n'est pas une autoroute !). Seulement 180 Km pour théoriquement 4 heures de route. Là, des champs à perte de vue, des paysans motorisés, des cultures en terrasse, des pitons. Et un pneu qui crève pour la troisième fois, au grand désespoir de Fabien ! Il est 16h50 quand nous repartons. Après la dernière descente, prendre à droite à la fourche. Après, ligne droite en plaine, jusqu'à Bahr Dar. Nous sommes à 645 Km d'Addis Abeba. Il a du pleuvoir dernièrement car le sol est imbibé d'eau. D'ailleurs la route est surélevée. Tout est très vert par rapport au mois d'avril dernier, c'est très beau à voir toutes ces tâches de couleurs cultivées. A l'embranchement de la piste vers Lalibela (à gauche), continuer tout droit pour encore 61 Kms. A la traversée d'un village, nous croisons un lit de bois porté à bout portant sur lequel repose un corps enveloppé dans un linceul blanc, avec beaucoup de monde autour.

 

Si vous avez une bonne voiture et pas peur de rouler, alors la route est finalement très bonne et très rapide puisque nous passons le pont enjambant le Nil (à priori, même si le guide touristique indique le contraire, il semble qu'on puisse prendre des photos depuis ce pont toutefois gardé à droite et à gauche par des militaires, et ce en payant une taxe !) et marquant l'entrée dans Bahr Dar vers 18h30, à la recherche de notre hôtel idéalement situé au bord du lac, le KURIFTU RESORT AND SPA.

 

Cet hôtel (toujours en construction) se révèle être un hôtel de qualité et particulièrement accueillant (un café ou un thé vous est proposé au check-in et au check-out). Pour la nuit, comptez 4 250, 08 birs pour 2 chambres en demi-pension (nous avons vérifié le montant du menu, soit environ 700 birs pour tous les cinq inclus dans le prix de la nuit !) et services compris : un massage, une pédicure et une manucure / chambre, kayak, et transferts aéroport. Différents forfaits sont également proposés et certains bénéficient de prix avantageux. Les deux chambres que nous avons eues étaient face au lac, en rez-de-chaussée, spacieuses, équipées de climatisation (mais ce n'est pas nécessaire actuellement), propres et aménagées cosy. Une terrasse privative avec cheminée permet de discuter au coin du feu, avant de se coucher, et un employé s'occupe de vous la mettre en route. Le restaurant est agréable quoi que peu éclairé le soir et le personnel est aux petits soins. Attention aux moustiques, et n'oubliez pas de prendre un petit pull-over.

 

Petit-déjeuner buffet le matin : un point noir, il n'y a pas de chocolat en poudre pour les enfants. Le site est particulièrement apaisant (attention toutefois, l'église St Georges ne se trouve pas bien loin).

 

A noter : au petit matin, le personnel s'est proposé spontanément de nettoyer la voiture, et a strictement refusé tous pourboires que nous voulions laisser ! De même, la réception a autorisé un de ses agents à nous accompagner pour nous indiquer l'adresse d'un autre hôtel (il n'y avait plus de place au Kuriftu), le chemin pour les chutes, et le contact d'un réparateur de pneus !

 

Nous quittons donc à contrecœur ce magnifique hôtel vers 11h (heure limite pour laisser la chambre) et nous engageons dans la ville. Au moment de faire réparer le pneu, un groupe de jeunes enfants éthiopiens n'hésite pas à passer la main par les portières et s'empare d'un paquet de gâteaux avant de s'enfuir. Faîtes attention aux vols à la tire et fermez vos fenêtres quand vous êtes arrêtés !

 

Nous nous dirigeons ensuite vers le ABAY MINCH LODGE (011 515 43 10), ouvert depuis à peine six mois et situé à l'entrée de la ville (par la route de Gondar), peu après le pont (un grand panneau indique l'accès : attention de ne pas confondre avec le ABAY MINCH HOTEL situé quelques mètres avant et plutôt glauque comme endroit !). La première entrée vers l'hôtel est réservée au restaurant, prenez la deuxième. Une allée très arborée conduit à la réception. L'hôtel bénéficie d'un très beau jardin et propose des jeux pour les enfants : balançoire, toboggan, tourniquet. De petites paillotes disséminées dans le jardin permettent de se reposer à l'abri du soleil et des bruits puisque l'hôtel est loin de la grande avenue. La carte est restreinte mais le restaurant propose un menu pour 100 birs/pers. et ce n'est pas mauvais du tout ! En plus de ça le personnel est aussi très serviable et courtois et s'inquiète de savoir si nous dînerons ce soir afin de nous proposer un menu et d'arrêter une heure pour servir. Comptez deux bonnes heures pour déjeuner ! Les bungalows que nous avons réservés sont communiquant et du coup nous avons deux chambres doubles propres (un grand lit, deux petits lits) et deux salles de bain équipées de douche balnéo. Bonne isolation car chambres très fraîches. Nous avons payé 110 $ TTC la family room, petits-déjeuners complets inclus.

 

Après avoir posé les bagages et déjeuné, nous quittons l'hôtel vers 15h45 pour nous rendre vers les chutes du Nil Bleu. Toute une épopée car évidemment aucun panneau en ville n'indique clairement le chemin à prendre ! Il manquait juste une information à l'indication donnée ce matin par l'employé du Kuriftu qui nous avait montré le bon rond-point mais omis de préciser qu'il fallait prendre la première à droite puis ensuite la première à gauche !!). Si les éthiopiens sont de bonne foi et plutôt serviables, ils ne parlent malheureusement pas anglais et du coup la compréhension est très très limitée à coups de gestes incertains et mots incompréhensibles !! Je crois que mon mari a failli « péter les plombs » car à 16h on tournait encore dans le quartier ! Puis nous décidons vaille que vaille de nous engager sur une piste à 16h15, suivant les indications d'un jeune éthiopien ! Finalement, notez bien : la piste menant aux chutes se trouve entre le rond-point OIL LYBIA et la CBE-TOYOTA (MOENCO), route d'Addis Abeba.

 

Il faut faire environ 30 km pour rejoindre le village de TIS ABBAY et la grille EEPC d'accès aux chutes, soit environ 35 minutes d'une bonne piste principalement bordée de champs et vergers irrigués. A gauche de la grille se trouve le bureau où l'on paye l'accès aux Chutes : comptez 11 birs pour deux adultes résidents et le parking ! Les enfants sont gratuits. Un guide nous accoste et propose de nous accompagner pour 50 birs. Comme il est tard, nous avons décidé de prendre le bateau : une petite marche de 10 min. (c'est plat ! Prendre la petite rue à droite en sortant de l'office - baraque en tôle aux couleurs coca cola) serpentant à travers la brousse, le long du Nil, nous amène à l'embarcadère (aucun panneau) où nous attendons cinq autres min. que la petite embarcation à moteur (d'une quinzaine de personnes) vienne nous chercher. Il est 17h. Vous paierez 10 birs/adulte résident/aller-retour. Un scout armé nous accompagne pour une traversée de … moins de 5 min. Ensuite, compter une quinzaine de min. de marche à travers les champs de cane à sucre, de maïs et d'herbes diverses, pour atteindre les chutes. On peut descendre et s'approcher au plus près des vapeurs d'eau et fines gouttelettes projetées par le flot puissant. Nous suivons un groupe d'une vingtaine d'éthiopiens (c'est dimanche), une équipe de télévision de la BBC, des groupes de touristes, endroit très fréquenté ! En haut, des coins café sont improvisés avec les chutes en toile de fond. Il y a plus d'eau qu'en avril et c'est apparemment la meilleure période pour venir voir ces chutes qui ont malheureusement perdu toute leur splendeur d'antan depuis la construction du barrage hydroélectrique. Comme dit Fabien, « c'est pas mal, mais on ne se déplacerait pas que pour ça ! ». On reviendra toutefois à Bahr Dar pour faire le lac Tana, sans les enfants.

 

Le retour se fait au soleil couchant, dans l'humidité tombante : Mélissa, sur les épaules de notre guide, chantonne depuis près d'une heure avec lui, en français et en amharique ! En attendant que le bateau ait de la place, nous observons un lever de lune sur le champ de cane à sucre. Les groupes d'Ethiopiens chantent et les flash crépitent, il est 18h35 quand nous rejoignons la voiture.

 

Et là, surprise : Fabien doit de nouveau changer le pneu ! Retour de nuit donc à travers champs, à petite allure (imaginez si le pneu crève à nouveau !!) et arrivée à l'hôtel vers 19h45, il fait 18°C.

 

 

 

Trekking in a prehistoric landscape - 14/11/10



07/05/2010
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