Une vie en Afrique

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Vox-Artis : une rencontre avec Boubacar TOURE dit « Mandémory »_18 janvier 2014

C’était à la RAW MATERIAL COMPANY à Dakar avant-hier en début de soirée, dans une petite salle : une quarantaine de personnes faisant face au photographe, l’écoutaient, oreilles grandes ouvertes, toutes questions abordées sans trop de tabous, certaines pertinentes, d’autres moins.

Si l’on a décrit dans les grandes lignes le ‘style’ de cet homme « photodidacte » (j’adore, je vais le garder celui-là, merci Mandémory) aux photos reconnaissables entre toutes, personne (et surtout pas moi !) ne s’est aventuré à creuser plus en profondeur sur sa manière de procéder et son contact avec la population, mais il m’en reste une pointe de déception car c'est sans doute ce qui m'aurait le plus intéressée.

Ses rapports à la presse et la photo journalistique ont été fortement commentés, ainsi que son parcours général, mas finalement peu de mots sur ses travaux tout le long de sa carrière et les thèmes abordés : l’affiche annonçant le débat évoquait notamment sa première exposition sur les « Fous de Dakar » (un thème que j’aimerais aussi développer), mais rien n’a été dit à ce sujet. Certes, la photographie évolue, mais justement, ça aurait été bien d’avoir sa vision des choses sur les changements opérés (hors techniques bien sûr) durant ces dernières années.

Pour ceux qui ne le connaissent pas :

Mandémory fût un des premiers à tenter d’organiser et de fédérer ce secteur au Sénégal. Il a largement contribué à la presse journalistique internationale via des reportages très engagés. Il utilise maintenant facebook pour diffuser ses photos à travers des séries, notamment celle sur la décrépitude du quartier de Nguediawaye, où il réside, espérant ainsi alerter les résidents et le gouvernement.

 

Le style Mandémory :

Couleurs très vives

Travail en contre-plongée ascendante

Utilisation du très grand-angle (utilisation du fisheye et des focales fixes de 10mm, 14mm, 24mm max.)

Arrière-plan dégageant un contraste ou des lignes fortes sur un avant-plan très dégagé

Et au post-traitement : le recadrage en mode panoramique, en 16 :9 parfois, et un accent sur les couleurs et la lumière.

Pour éviter la plupart des droits (hors portraits dont on imagine qu’il négocie l’accord) , il prend les figurants de pied et coupe à hauteur de la tête, ou de dos. Le cadre est très étudié, ainsi que le mouvement, l’esthétique globale de la photo.

 

Mandémory a dit que le mode de fonctionnement d’aujourd’hui oblige les photographes à faire des reportages avant d’essayer de les vendre à la presse ou à des agences. C’était déjà l’impression que j’avais, il l’a confirmée.

 

Retrouvez et dialoguez avec ce photographe en direct sur Facebook.



18/01/2014
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