Une vie en Afrique

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Sur la route du sud - Langano et Awasa

Sur la route du sud …

 J. 1 Addis Abeba – Langano

Départ de la capitale éthiopienne à 11h ; les villes mitoyennes défilent à petite vitesse, au gré des passants, des « blue donkey » et des « bajajs ». Anes, bœufs ou chiens traversant les voies, nombreux camions de transport de marchandises (c'est la route de Djibouti) et aussi, malheureusement, des accidents bien trop fréquents (au vu des épaves jonchant les bords de route). Sans nous y attendre, nous croisons même quelques chameaux.

Kality puis Akaki. La sortie d'Addis se précise, plus campagnarde, plus nature. A Modjo, tournez à droite au carrefour, vers Langano (ou tout droit vers Sodéré). Les villes de Koka (premier lac) et Ziway (deuxième lac – 163 Kms d'Addis) puis enfin le site du lac Langano (dont les rivages sont aménagés en zones balnéaires), après trois heures trente de route (compter environ 80 Kms/h), plus si on s'arrête pour déjeuner.

Le lac Ziway, justement, serait le plus étendu des cinq lacs de la vallée supérieure du Rift. Dans la ville, pour nous restaurer, nous avons suivi les conseils du Petit Futé et décidé (tardivement) de nous arrêter au Tourist Hotel, après la station Shell à droite, à la sortie de Ziway. S'il est compliqué de se faire comprendre (seul un employé parlait anglais), nous retiendrons cependant que leur 'french fried' étaient en fait d'excellentes chips de pommes de terre ! Repas correct mais service long (sauf pour les plats locaux). A noter que l'état des WC n'a pas pu être contrôlé, mais que d'après d'autres personnes ayant tenté l'aventure, le lieu est à bannir des pauses pipi et autres … La nature, pour ça, rien de mieux ! Les chauffeurs de camions vous saluent en passant, et derrière un épineux bien sec, la discrétion est à toute épreuve !

Sur la route, outre quelques échoppes artisanales, de petits étals proposent fruits et légumes, selon la zone maraîchère où nous passons : tomates, oignons, potirons ou pommes de terre sont en petits tas le long des voies routières.

A Débré Zeit, on a envie de s'arrêter et de se promener dans cette magnifique pépinière installée au bord de la nationale. Une autre fois peut-être …

Nous approchons de la région des lacs, et les paysages changent, salins : des marais, des oiseaux hauts sur pattes et une multitude d'autres volatiles dans le ciel. Les troupeaux de vaches s'abreuvent tranquillement au bord des eaux. Au loin, de magnifiques montagnes se découpent, transformant le paysage en tableau irréel tellement il est beau. Sur le côté droit, puis petit à petit des deux côtés, des sols arides prennent le dessus, secs mais herbeux, parsemés d'arbres sans feuilles mais pleins de boules étranges, des nids. La route est globalement bonne, sans crevasses, sauf une portion en travaux après Débré Zeit où nous aurons l'occasion d'observer d'étranges tourbillons de poussière ! Dans la nature, des tombes multicolores dispatchées dans la nature attirent notre attention. Le panneau annonçant notre hôtel, Le Sabana, est bien visible, sur notre gauche, et annonce 2.8 Kms de piste sableuse que nous empruntons. Attention, mieux vaut réserver plusieurs semaines à l'avance en appelant au 046 11 91 181 (acompte à poser au restaurant Top View d'Addis Abeba). La route est là aussi très bonne. Elle surmonte le lac aux reflets cuivrés. En fin de journée, le ciel est de couleur grise et rosée (il y a de l'orage dans l'air).

Le Sabana est un bel hôtel moderne, aux jardins aérés ; un carré d'herbe clôturé abrite trois jeunes tortues de terre, des canaux d'eau et des mares aux grenouilles remplissent d'enthousiasme nos enfants. Même si la nuit promet d'être bruyante (grâce aux coassements !).

Côté plage, comptez environ 140 marches pour descendre à la plage de galets (beaucoup de pierres ponces) et de sable noir concassé, et se baigner dans une eau fraîche à froide. Ca fait plutôt mal aux pieds, mais quel plaisir de se baigner (l'eau est huileuse mais on nous a dit que c'était bon pour la peau ! Et cette impression ne dure pas longtemps) ! Les falaises sont creusées de deux grottes (interdites au public). L'espace est agréablement aménagé : rest-rooms (pas besoin de remonter en urgence !), snack-bar, tables et chaises confortables, transats et parasols, balançoire, ping-pong, échiquier géant, filet de volley-ball, ponton flottant et canoë (chouette, les enfants vont vous laisser tranquilles) permettent de se poser pour la journée et de ne plus bouger ! Cactus, lauriers et bougainvilliers, entre autres, harmonisent le lieu. Tout est clôturé. C'est très arboré et donc ombragé (attention, on voit de nombreux nids de mouches maçonnes dans les arbres, et ça pique !). De très nombreux oiseaux colorés pépient ici et profitent des miettes laissées par les visiteurs. On peut aussi observer des oies sauvages endémiques et des canards, des margouillats bleus. Attention aux épines sur le sol, utilisez vos chaussures de plage.

Le parking est spacieux. A côté de la réception, la salle commune abritant bar et restaurant propose également deux boutiques, l'une vendant des produits de première nécessité, l'autre un peu d'artisanat. Le patio, au beau tapis de verdure, attire les oiseaux. Bambou et bois l'intègrent complètement à la nature ambiante. Les immenses baies vitrées ouvrent le restaurant au site. Le soir, les lumières illuminent l'hôtel. Côté restauration, la carte est intéressante, suggestive, et plusieurs menus sont proposés pour les enfants. Attention cependant, les prix sont hors taxes et hors service. Si vous le demandez au personnel, on vous allumera un feu de camp à l'extérieur qui vous réchauffera (n'oubliez pas d'apporter un pullover), et la tranquillité du lieu pourrait presque tout vous faire oublier. La fumée, l'odeur du bois, l'éclat des flammes nous transportent loin d'Addis et de nos tracas quotidiens, enfin on oublie tout, on décompresse. Contrairement à ce qu'on pensait, il n'y a pas trop de moustiques ! Avant de rentrer au bungalow, une petite promenade nocturne est envisageable, les jardins proches de la plage étant éclairés. Enfin, côté nuit, les chambres sont très propres, décorées localement, et les salles de bain correctes, douche avec pression ! Pas de télévision (il faut dire qu'on n'en a pas besoin). Il fait un peu chaud la nuit. Une remarque cependant sur les bungalows familiaux : ils intègrent une mezzanine avec deux matelas une place et des duvets. Une échelle au milieu permet d'y accéder. Nous avons trouvé ce système particulièrement dangereux pour les enfants : les barreaux ne sont pas aux normes (un enfant de cinq ans arriverait encore à passer au travers) et le soir, les duvets glissants aidant, le sol se rapproche dangereusement. Nous l'avons malheureusement expérimenté et à 1h du matin notre fille de cinq ans a fait une grave chute, miraculeusement sans conséquence dramatique. Je peux dire maintenant que nous avons été à deux doigts de rentrer en urgence à Addis, et avons mesuré la distance qui nous séparait de tous soins médicaux. Soyez prudents tant sur la route que sur la plage, et n'hésitez pas à descendre les matelas des mezzanines pour y coucher vos enfants.

 

J. 2 Langano - Awasa

 

Après notre nuit mouvementée, le réveil l'a été tout autant car les clients d'à côté étaient plutôt bruyants. A 8h donc nous étions au petit-déjeuner, après une traversée rapide dans la nature toute pleine de pépiements d'oiseaux magnifiques. Opération photos, à peine sortie de la chambre : au lever du jour, le lac prend une teinte saumon. Les montagnes derrière se découpent sur fond de brouillard matinal. Le soleil sort par intermittences.

Observant les premiers arrivants depuis la salle du restaurant, un groupe mixte de chinois et d'éthiopiens débarque, pour pêcher. D'autres, de type européen, prennent d'assaut les transats de la plage. Ce sera plus calme vers 11h, les touristes amenés par des T. O. repartant assez tôt pour continuer leur périple. Si vous décidez de quitter le Sabana, il faut libérer les chambres à 10h30. Ce que nous faisons, rapportant tous nos bagages dans la voiture avant de rejoindre la plage pour y paresser, avant de déjeuner et de partir vers 15h30. Je pars à la recherche de galets sur cette plage caillouteuse où poussent cependant des pervenches et où volètent de belles libellules ! L'observation de gros oiseaux y est aisée.

Le départ ayant sonné, nous reprenons la route. A gauche, sur le bitume, nous continuons vers Awasa (c'est tout droit !). Après avoir passé le panneau indiquant un autre hôtel réputé du lac Langano, le Bishangari, nous slalomant entre véhicules lents ou arrêtés au bord de la route, charrettes tirées par les ânes, troupeaux et piétons. Cette portion de route est plus longue que prévue car plus fréquentée (de nombreux villages au bord de la route). Là aussi, de belles tombes funéraires colorées détonnent dans ce paysage sec où les maisonnettes de torchis ont adopté un style différent, aux parois percées et aux jardins clos par des cactus géants. Les plaines sont rases même si on aperçoit quelques potagers. Etrangement, on voit plus de mosquées par ici, perdues dans la nature. A Arsi Négélé, un check point nous force à ralentir. Après ce passage, on peut observer de loin, sur la droite, les grands lacs de Abijata et Shalla. Le paysage est magique, entre eau et montagnes.

Le calme d'un samedi après-midi réunit les villageois au sein du terrain de football pour le match hebdomadaire.

Juste avant d'arriver aux douanes de Kujira, vous observerez de magnifiques baobabs en feuilles sur votre droite. La traversée de multiples petits villages sans intérêt lasse un peu, puis on arrive à Shashemene, petite ville « désordonnée, bruyante et franchement sans intérêt », plutôt connue pour héberger une communauté de rastafaris. Suivez l'axe principal, tout droit, puis au virage suivre vers la gauche le chemin d'Awasa, fléché à 26 kms. A la sortie de la ville, certains agriculteurs exposent oignons, pommes de terre et potirons à vendre, sous des toiles ou sur des pierres. Jusqu'à Awasa, se sont de grandes plaines fraîchement labourées, toujours au pied des montagnes. La ville nous accueille avec toute l'originalité de sa « provincialité ». Notamment, un « donkey mobile library » (ça il fallait l'inventer !) remplit de rires la voiture. Le barrage passé, nous progressons, à la recherche de notre hôtel, le Tadesse Enjory, que nous trouvons un peu par hasard, il faut bien l'avouer ! Nous posons rapidement les sacs dans les chambres, nous changeons (pantalons et manches longues) puis partons nous promener sur les berges du lac. Au bout de la grande et belle avenue, entre église et lac, nous trouvons un endroit très fréquenté, particulièrement animé (danseurs traditionnels). De petits bateaux avec ou sans moteur, arborant les couleurs et le drapeau éthiopien, paressent, attendant les visiteurs. Sur la droite, une petite promenade invite à observer le coucher du soleil sur le lac, et un petit café sans aucune prétention propose quelques boissons (Mirinda et Pepsi) et du pop-corn ! Des promeneurs éthiopiens ou des majorettes s'entraînant, des pêcheurs rentrant sur de petits flotteurs de paille avec leurs tresses de poissons, tout un monde se dévoile à nous. Après renseignements, et à cause de l'orage menaçant, nous ne partirons pas à la rencontre des hippopotames ce soir, mais demain. Nous rentrons donc. Dans la ville, de grands marabouts nichent dans les arbres et des singes traversent les rues !

L'hôtel est moderne, la chambre peu spacieuse et la salle de bain hi-tech (douche balnéo., seulement à partir de 21h30 !). Le restaurant, au menu à quatre pages, propose un service rapide mais à la compréhension lente ! En mixant tout cela, on obtient un repas correct mais un peu long.

 

J. 3 Awasa – Addis Abeba

 

Réveil matinal et petit-déjeuner éthiopien : injera à trois sauces, pancakes et omelette, beignets gras et pain brioché !

Départ à 8h30 pour l'embarcadère ; premièrement, l'hôtel nous indique le nom d'un guide et l'appelle. Nous nous entendons sur un prix et le suivons. Ce monsieur nous amène vers les berges où l'accès aux rivages est taxé de 20 birs par personne, que nous refusons de payer ! Furieux, nous retournons à là où nous étions la veille et trouvons un guide pour nous amener sur les eaux du lac observer les hippopotames. Un sentiment d'immensité, entre montagnes et baobabs, nous serre la gorge. La faune aquatique est présente, dans le brouillard matinal, canards et oiseaux chassent. Au loin, l'hôtel en construction de Hailé Sélassié se découpe sur le bord du lac. Après une demi-heure de trajet, un groupe d'hippopotames apparaît, paisible. Un groupe de pics bœufs et de marabouts posé sur les roseaux et branches d'arbres morts paresse au-dessus des eaux. Le guide ralentit, éteint les moteurs et son associé (ils sont deux, par sécurité) continue à la rame, s'orientant en fonction du groupe d'hippopotames. Excusez-moi, mais j'emprunterai une expression familière pour exprimer notre sentiment : « C'est géant ». Rien de plus à dire sauf que les appels à la prière de l'église d'à côté sont un peu dérangeants ! Au retour, nous observons de nombreux pêcheurs, posés sur leurs embarcations de fortune, en rang ; intéressant !

Si vous désirez entreprendre la même promenade, appelez Aby au 0911. 04. 00. 30. Le prix est négociable, entre 300 et 350 birs, facture gouvernementale à l'appui.

Cette ville d'Awasa, charmante, invite à la photographie. Avis aux amateurs !

Il est temps de reprendre la route vers Addis. Nous repassons à l'hôtel prendre nos bagages et payer, puis retournons vers Shashemene où nous trouvons la route pour Wondo Genet (en rentrant, après le virage, suivre la route principale ; à quelques centaines de mètres sur la droite, le panneau annonce le village à environ 14 Kms). La partie goudronnée est assez courte ; la piste est large et praticable. Tous les terrains environnants sont cultivés (on peut observer les laboureurs au travail), et les cases très spéciales, peintes. Entre bajajs et camions, tout le monde se salue à grands signes de mains, à moitié assis sur le bord des fenêtres, c'est plutôt « délirant » d'assister à ces scènes. Une mosquée au minaret en tôle branlant, ou des champs de cane à sucre, tout est intéressant à voir. Sur le chemin, de petits tas d'avocats ou de papayes, ou encore des feuilles de bananes enrobant du beurre, sont à notre portée. Au village, un panneau indique le Wondo Genet Wabe Shebelle précisé dans le Petit Futé (au bout d'un petit chemin de terre sinueux dans la forêt). Placé dans une nature exubérante, d'arbres probablement centenaires, l'architecture un peu spéciale du site ne doit surtout pas vous arrêter ! Le guide nous avait prévenu : « l'architecture du complexe hôtelier, quelque peu surannée, et celle du restaurant, probablement avant-gardiste en son temps, n'altèrent pas la beauté du paysage ». On y écrit aussi que le panorama est splendide, mais je pense que la végétation, trop haute, nous empêche de l'apprécier à sa juste valeur ! L'accueil est correct et on nous propose même de visiter la maison d'un ancien roi décédé, monument appartenant maintenant au gouvernement ; un 'musée' expose en vitrine quelques uns de ses objets familiers. Les chambres sont très modestes. Par contre, le site est particulièrement exposé aux mouches, alors un conseil, portez des manches longues, un pantalon, et munissez vous de patience ! Au portail, un petit guide (nous avons négocié le tour à 20 birs) vous proposera de vous faire faire un tour dans la campagne environnante (environ 20 min., en boucle) et d'accéder ainsi à l'origine de la source d'eau chaude réputée de cet endroit- 85 °C. Parcours accessible à tous ; on vous fera passer sur un pont en bois rudimentaire et traverser une rivière. Les enfants sont particulièrement énervés par les mouches, aussi habillez-les bien comme précisé ci-dessus à moins de vous retrouver avec cris et pleurs ! Le parcours s'arrête à la piscine thermale, non loin de l'hôtel, particulièrement fréquentée, surtout le week-end ! L'occasion cependant de créer l'évènement en se jetant à l'eau, armé de son petit savon à l'entrée (il faut se laver avant d'accéder aux bassins) ! Les mouches, toujours elles, vous motiveront à vite sauter dans la piscine d'eau chaude. Pour ceux qui préfèrent, une petite buvette propose des glaces, des boissons (jus, sodas et bières) et des sandwiches, ainsi qu'une petite boutique d'artisanat.

Retour vers Shashemene à la recherche d'une station d'essence et d'un restaurant difficile à trouver : toujours sur les conseils du Petit Futé, nous choisissons de manger au Fitsoume, introuvable ! Une heure après, nous retournons sur l'axe principal ; de gargotes en gargotes, menus en amharique et employés ne parlant pas anglais, nous mangerons finalement dans un restaurant avec jardin. Après avoir visité la cuisine (enfumée au feu de bois avec de petits jeunes hommes travaillant dans une chaleur étouffante et odorante), mangé de l'injera (pas mauvais d'ailleurs), reçu une assiette complète de spaghettis sauce tomates sur les vêtements (c'était le serveur, bien entendu), essayé de se laver les mains sans eau, nous avons enfin quitté cette ville, particulièrement insatisfaits, et repris la route vers Addis. Trop de temps perdu, nous ne visiterons pas les parcs nationaux des grands lacs, ce sera pour une autre fois ! Encore 249 Kms à faire.

En plus de ça il pleut et la nuit arrive vite. Les kilomètres défilent trop lentement à notre goût, il y a du monde sur la route et ça double n'importe comment. Je vous conseille donc fortement de partir suffisamment tôt pour arriver avant la tombée du jour.

Week-end plutôt satisfaisant donc, à refaire !!!

 

Nathalie GUIRONNET

                                                                                       Avril 2009

Article écrit pour addis web



09/05/2009
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