Une vie en Afrique

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LA régate de pirogues à Saint-Louis : une découverte à partager en famille

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Cinq ans au Sénégal et c'est la première fois qu'on a l'occasion de monter à Saint-Louis pour voir LA régate, cette fête des rameurs qui remonterait à au moins 200 ans !

Et pourquoi ça, me direz-vous ? Si j'en avais envie je n'avais qu'à y aller avant.

Et bien non, réponse trop facile, parce que la réalité sénégalaise elle est toute autre.

Ici, on a l'habitude d'annoncer ce type d'évènement la veille, et quand ça filtre quelques jours avant, et bien il arrive que ce soit en pleine semaine. Et la plupart du temps hors vacances. On oublie quand même qu'il y a toujours 4 heures de route pour rejoindre l'ancien comptoir français (enfin qui sait, peut-être que l'ouverture du prochain tronçon autoroutier nous permettra de raccourcir la route pour Saint-Louis qui n'est qu'à 260 kms de Dakar ....).

Même à Dakar quand il y avait des courses de pirogues (c'était avant ....) on n'en savait rien, où on l'apprenait quand c'était passé, par un petit encart dans le journal.

 

Alors cette année merci à la page Facebook d'Entre'vues qui a annoncé pendant plusieurs semaines cette Régate Saint-louisienne, la seule de l'année, pendant laquelle des centaines de pêcheurs issus de trois sous-quartiers de Nget Ndar (le quartier en bord de mer situé derrière l'île et qui regroupe les pêcheurs) se sont affrontés à la rame dans des courses mémorables.

 

Alors qu'ils étaient au repos, la veille, nous avons tâté le pouls du quartier de Nget Ndar et circulé le long de la route principale allant vers la langue de Barbarie : tous les bâtiments qui se dressaient le long du fleuve ont été écroulés, et du coup on avait, en plus des odeurs (!!), une vue dégagée sur toutes les pirogues Saint-Louisiennes puisque la plupart des pêcheurs étaient à quai pour préparer l'évènement. Des voiles montées sur des piquets flottants abritaient le long du rivage des groupes d'hommes sans doute en train de s'encourager, alors que certains peignaient encore leurs rames à leurs couleurs.

Des enfants, partout, par centaines, jouaient dans la rue, on montait déjà une grosse tente pour accueillir les manifestations du lendemain, on versait du sable blanc sur les déchets du bord (oui ça peut faire sourire ...), on tendait des filets et des bâches pour cacher les préparatifs autour des pirogues secrètement gardées (on parle de gris-gris, marabouts, etc), et l'humeur était plutôt à la fête quand nous sommes retournées de notre côté à nous, sur l'Ile.

 

 

Car c'est samedi que tout se jouait. A partir de 8h, du côté "Ngetdarien", la foule attendait sur le pont et le long des deux berges la présentation des neuf pirogues de la compétition. Bien que longues et élancées, peintes aux couleurs des équipes qui s'affrontaient, on avait portant du mal à imaginer comment chaque pirogue pourrait porter au moins 50 hommes chacune ....

Au son des djembés, et après les discours, certains n'ont pas pu s'empêcher de plonger et d'autres de s'asperger d'eau en criant leur joie. Un spectacle, pour nous autres visiteurs, inattendu et tellement riche à observer d'un point de vue culturel, surtout quand on avait l'occasion de partager cette vision avec des natifs qui expliquaient comment ça se passait. Après avoir commencé à pied, mais c'était frustrant vue la foule et notre petite taille, c'est d'un point de vue aérien que nous avons assisté à la sortie des dernières pirogues, non sans avoir négocié l'accès au toit d'un immeuble en construction.

Se ruant d'un côté à l'autre à mesure qu'on les sortait, le flot des curieux n'a pas cessé de grossir jusqu'à 12h et alors tout d'un coup tout s'est arrêté (ou presque).

 

Comme tout le monde avait un avis différent concernant l'organisation de la Régate l'après-midi (annoncée pour 15h), nous nous sommes avancés d'abord sur le pont Faidherbe mais pas de chance (ou pas assez de préparation !), comme je n'avais pas de badge de presse, la police nous a expulsés à 15h (le pont étant fermé suite aux débordements des années précédentes). Zone de repli vers la Galerie Arte où l'on nous avait gentiment proposé le balcon et sur lequel on était très bien installés pour observer cette compétition qui n'a démarré qu'à 16h30, laissant alors le temps à  toute une foule compacte (des milliers de personnes) de s'installer sur la berge. Les femmes s'étaient faites belles, la marmaille au dos hurlait, et les vendeuses étaient aux aguets pour vendre boissons et pastels.

 

Premier plan : observation de la foule, des groupes d'ambianceurs, des sifflets qui hurlent pendent 2 heures, et du système D quand on est derrière pour voir le spectacle - tabouret ou chaise, siège de moto, grosse pierre

 

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Deuxième plan : l'eau (le fleuve Sénégal devant le pont Faidherbe), les trois épreuves par groupe de trois pirogues (sauf qu'à la fin il y a eu des "embrouilles" entre les participants du coup la troisième épreuve a été 'abrégée' - c'est comme ça chaque année il paraît), dont le fameux "naufrage" que j'ai adoré (qui consiste à remplir d'eau les pirogues et à se laisser couler pour ensuite remettre à flot la pirogue, se remettre dedans et reprendre la course), et les vedettes du port qui surveillaient ... Dans les pirogues, les hommes sont debout pour pagayer en rythme, c'est surprenant et beau à la fois, on imagine (plus qu'on ne les entend) les chants qui les entraînent et les muscles tendus, la fatigue qui va en découler ....

 

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Troisième plan : Saint-Louis, de l'autre côté, la foule aussi ...

 

C'est à la tombée du jour que les épreuves se sont terminées (soit environ 2 heures de compétition). En un éclair, tout le monde est parti.  La fête était finie !

C'est court pour 4 heures de route, mais le spectacle en vaut la chandelle, surtout restez à l'affût pour ne pas rater la Régate l'année prochaine, mais avant d'arriver, n'oubliez pas de négocier un coin de toit sur le quai pour être sûr d'y voir quelque chose (vous avez tout le long des hôtels, une clinique, etc.).

 

 

 

 


 

Nos bons plans petit-déjeuner

A partir de 6h45 l'hôtel de la Poste ouvre sa belle salle climatisée à l'effigie de Mermoz, avec vue sur le pont Faidherbe, et le buffet à 5 000 cfa est plus que correct ! Sinon vous pouvez aussi aller aux Délices du fleuve, une des meilleures boulangeries de la ville (c'est juste dans la rue derrière) et déjeuner pour un prix très raisonnable (mais sans vue et sans clim).

 

Nos bons plans repas

Si vous voulez manger sénégalais et pas cher il faut aller à la Linguere ! Sinon moi je descends toujours manger le calamar à l'huile d'olive de l'hôtel Siki et au restaurant la Kora toute la carte est excellente n'hésitez pas, Peggy vous y accueille avec tellement d'entrain que ça donne envie de revenir !!!

 

Pour dormir

Pendant l'hivernage la plupart des campements sont encore fermés en octobre, il reste les hôtels, et les chambres d'hôtes. Sur le site AIRBNB, Jean-Pierre propose deux chambres très correctes, climatisées ; la maison est à 5 minutes du pont, sur la route de sortie de Saint-Louis. Il vous fera bénéficier de sa passion pour la brousse et de ses 35 années passées en Afrique, et si vous avez le temps il vous organisera un petit tour en brousse dans les alentours de Saint-Louis, un tout autre spectacle pour les citadins que nous sommes ! +221 77. 733.43.39 + d'informations sur les balades organisées par Jean-Pierre :

 

http://www.soumbala.com/ifos/Broussesetnature/betn_presentation.htm

http://soumbala.com/ifos/Broussesetnature/balade1.htm

 

 

 

 

A voir si cela vous intéresse : le film de la Régate, par le site Ndar info

+ d'infos sur Saint-Louis

 

 



19/10/2016
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