Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Sa wat dee ka Bangkok ! Bonjour Bangkok !


Je me rends compte que je n’ai pas pris le temps de raconter mon voyage à Bangkok, dommage car maintenant les détails se sont envolés. Néanmoins, j’avais pris des notes sur mon passage à Addis-Abeba, et là c’était sans aucun doute le pompon ! Parce que j’y ai vécu trois ans, j’étais ravie de revenir sur le sol éthiopien, même s’il s’agissait de rester en transit à l’aéroport trois bonnes heures pour attendre mon vol pour Bangkok. Bref, je me rappelais d’un bel aéroport, impressionnant avec son ossature verre et métal, spacieux et bien organisé. Et là j’ai été surprise, mais pas dans le bon sens.

Pourtant, le jour du départ, tout avait plutôt bien commencé. Des formalités rapides, une attente minimale et un vol qui « s’annonçait » correct. Mais j’avais oublié le stop à Bamako, trop long, et chaud, où l’avion s’est rempli de mouches avec lesquelles nous avons ensuite voyagé jusqu’à Addis ! Je me rappelle que ma voisine, en arrivant, s’est d’abord assise sur mon sac sans me laisser le temps de l’enlever ! Elle ne tenait pas en place et même assise elle arrivait à me donner des coups de coude et de genou ; et elle se levait toutes les heures. Une fois, elle est arrivée en me réclamant ses chaussures (par terre) ‘pour aller à la toilette’. « Les maliennes, elles sont terribles, elles ne savent pas tenir en place. Même à Bamako dans la journée, elles se promènent, on ne sait jamais ce qu’elles font » ! C’est un de nos voisins qui m’a sorti ça alors qu’il me voyait bouillir à côté d’elle ! Au moment de quitter Bamako, une malienne s’est installée et s’est couchée sur une rangée de trois sièges ! Bien sûr j’ai rigolé, je ne pouvais pas m’en empêcher, la fatigue sans doute ! Un autre m’a dit, en souriant lui aussi, « que c’était méchant » …. De toutes les façons, cet avion était loin d'être le plus beau de la flotte, avec ses porte-bagages qui fermaient mal, les sièges qui tombaient en arrière, et un écran défectueux. La foire d’empoigne à l’arrivée, avec des passagers qui se ruent sur les bagages à main, et courent dans l’allée alors que l’avion roule toujours, a mis un terme à ce voyage qu’on qualifiera d’épique. Je me suis mise en colère, au milieu de l’allée devant un de ceux qui bousculaient tout le monde pour sortir en premier, et j’ai demandé le respect pour les autres passagers …

Bref, après ce premier long vol : Addis. Première étape en débarquant, les toilettes. C’est souvent à cet endroit là qu’on mesure la propreté d’un aéroport. Sale, sans papier, la première chose que je vois en entrant c’est une porte ouverte avec une femme assise qui fait pipi devant tout le monde. Evidemment, je n’y suis pas restée, j’ai cherché d’autres toilettes, mais même topo. En plus, un peu partout dans l’aéroport, on voyait des panneaux avertisseurs : « caution, wet floor » : des fuites d’eau du toit, forcément, c’est la saison des pluies qui commençait, et le risque de tomber était important à cause des projections d’eau tout autour, quand il n’y avait pas de seau pour la récupérer ! Enfin, je décide d’oublier mon envie, et m’interroge sur mon dîner. Un homme assis à côté de moi m’informe que si je n’ai pas des petites coupures en dollar ce n’est pas la peine d’y penser car personne ne rend la monnaie à cet étage, si ce n’est en etb, devise locale. « Achetez un sandwich à 5 dollars avec un billet de 100 dollars et vous perdez 95 dollars que vous récupérez en etb que vous n’utiliserez plus » ! Je ne vais pas parler des files d’attente longues, ni de l’embarquement quand tout le monde se précipite vers le bus, en frappant et poussant ceux qui sont à côté, ça ferait trop cliché, n’est-ce pas ? Et pourtant ….

Allez, départ pour Bangkok. Le vol Ethiopian Airlines était mieux qu’à l’aller, l’avion semblait neuf et propre, mais le programme de films et musiques était pauvre et identique au vol Dakar-Addis, et contrairement à ce dont je me rappelais, le service assez déplorable : réveil brutal, des hôtesses qui obligeaient les derniers passagers embarqués à prendre leurs bagages à leurs pieds par manque de place. Quant aux passagers, souvent sans-gêne, ils s’interpellaient sur plusieurs rangées sans se soucier de ceux qui dorment à côté. Des enfants qui hurlent, une voisine qui puait la transpiration, des toilettes qui ne fermaient pas, dommage, on était pourtant bien partis ….

 

C’est pour ça que l’arrivée à Bangkok a été mémorable, dans tous les sens : un aéroport design, propre, climatisé, avec des orchidées partout, bien organisé, on aurait très bien pu y flâner un moment si on n’était pas pressées de rejoindre la copine chez qui on descendait pour notre séjour. Il faut faire le change avant de sortir (euros ou dollars). Juste un bémol : les thaïlandais sont passés maîtres dans l’art de l’escroquerie, et dès notre arrivée nous avons été arnaquées à l’achat de notre carte de téléphone, qui n’a pas été créditée de la somme qu’on a payé : un conseil, attendez que le montant soit crédité avant de quitter la boutique ! [On peut facilement acheter une carte sim Happy Tourist pour 49 bath dont 15 bath de communication et qui permet aussi de se connecter dans la rue – on trouve des recharges en ville notamment dans les supérettes Seven Eleven, ouvertes toute la nuit !]. Pour quitter l’aéroport, deux moyens : le railway, qu’on n’a pas pris, et le taxi : compter environ 200 à 300 bath pour se rendre en ville + en fonction de l’heure + si vous prenez l’autoroute qui est à votre charge + 50 bath pour les bagages - compteur de départ à 35 bath (comme partout en ville). Aéroport-quartier de Sukhumvit avec péage et bagage : 250 bath pour un trajet d’environ 45 min dans l’après-midi, ça ne vaut pas le coup de s’en priver.

 

Bangkok, une ville immense, une heure de route rien que pour la traverser, des voitures, des motos et des tuk-tuks partout, des quartiers designs avec à leur pied des ensembles plus traditionnels, des zones plus modestes, des malls de shopping géants, un métro aérien (BTS), un autre souterrain (MRT), et dans la même ville, des bateaux bus qui remontent canaux (Klorng boat) et fleuve (Chao Praya Express) ! Des espaces de culte à ciel ouvert et au regard de tous, des marchés exotiques de la taille d’un quartier, des thaïlandais souriant et gentils, respectueux des autres.

Je sais, vous allez me dire, ça doit être le paradis ! En tout cas, c’est mon paradis à moi, l’exotisme dans une ville contemporaine où l’on ne s’ennuie pas, où l’on peut profiter de la modernité dans tous les domaines et en même temps découvrir une autre culture, profiter d’une nourriture excellente à toute heure de la journée, et des nombreuses activités qu’offre une capitale comme Bangkok ! Visiter un quartier populaire étranger le matin et aller au cinéma 3D l’après-midi en mangeant des feuilles d’algue croustillantes ! Le seul hic c’est que ce paradis c’est quand même un état instable, gouverné par des militaires, et qu’il ne faut pas oublier les répressions, les manifestations, etc. C’est vrai que vu sur place avec des yeux de touriste, à une période qui était même plutôt calme, on ne se rend pas compte de ce qui s’est passé, et qui peut encore arriver ; on est tellement bluffé par ce qu’on voit autour de nous …

 

Je n’ai rien regardé avant, je n’imaginais pas ce que pouvait être Bangkok. J’aurais pu consulter des dizaines de sites sur la ville et préparer un programme de visites bien documenté, mais je préférais juger sur place. Alors bien sûr, quand on m’a donné le guide touristique Lonely Planet en partant, j’ai quand même joué ma petite curieuse dans l’avion, j’avais le temps, et je n’ai pas été déçue, plutôt effrayée par tout ce qu’on y trouvait ! Mais il est très instructif, peut-être un peu trop détaillé, on a du mal à se décider et on aimerait tout faire ! Il a l’avantage de vous donner une première idée de ce qu’on peut visiter, voir, manger. Néanmoins, pour ceux qui comme moi se sont juste fixé de découvrir Bangkok librement (exploration urbaine), je crois qu’il faut aussi se laisser guider par notre humeur, nos envies du jour, et avancer ainsi, de quartier en quartier.

De prime abord, se déplacer en métro peut faire peur : il faut maîtriser l’anglais, savoir où l’on descend car on paye en fonction de l’arrêt, mais au final comme il y a peu de lignes, c’est plus simple qu’à Paris ! Et vous verrez, les stations sont climatisées, propres, il est d’ailleurs interdit d’y manger, c’est un rêve à côté des stations parisiennes ! Les rames sont ultra propres, ultra climatisées, et on n’y est pas bousculé comme à Shanghai ! C’est le premier pas le plus dur, après ça roule ! En plus les thaïlandais ont mis en place des jeux d’escalators pratiquement partout, sauf à la descente, mais on ne va pas les en blâmer …

Si on préfère marcher c’est possible mais il y a beaucoup de circulation, les distances sont longues, les passages cloutés aussi, on risque vite de se démoraliser ! Restent le bus (pas simple de maîtriser le trajet des lignes), les motos taxis (oubliez la jupe), le taxi et le tuk-tuk. Le taxi a l’avantage de ne pas être cher du tout, à condition de s’assurer avant de partir que le chauffeur mettra bien le compteur. Tous les taxis sont quasi neufs, climatisés, et reconnaissables par leurs couleurs flashy. On peut les arrêter n’importe où. Le tuk-tuk est aussi utilisé par les thaïlandais mais ce sont les touristes je pense qui s’en servent le plus, il a un côté exotique qui permet de visiter la ville tout en profitant des pots d’échappement des voitures et des bonnes odeurs de nourriture qui parfument la ville ! Et c’est un peu plus cher aussi … Enfin le bateau, mais là il faut être guidé la première fois, franchement pas simple, bondé, c’est un peu effrayant au début. Néanmoins, c’est tellement agréable d’être sur l’eau en pleine ville …

Voilà, maintenant qu’on a un aperçu des moyens de se déplacer, reste plus qu’à visiter ! En quinze jours, nous sommes passés de quartier en quartier. Il faisait chaud, c’était la période de mousson mais il n’a pas trop plu, et qu’est-ce qu’on a marché : pour visiter, c’est mieux !

Promenade sur le canal puis visite du centre historique de Ko Ratanakosin, de Thonburi et des temples (Wat Arun, Wat Phra Kaew et Grand Palace) + le marché des amulettes (il faut le parcourir sur plusieurs kilomètres, c’est sympa et on nous laisse vraiment approcher et poser des questions) ; attention de ce côté on trouve des escrocs qui essaieront de vous détourner de ces sites majeurs en vous disant que c’est fermé (alors que non) pour vous réserver un tuk tuk et vous envoyer visiter un autre quartier – ça nous est arrivé, alors que nous étions averties, alors heureusement après réflexion, on n’a pas suivi ce gentil monsieur et on a préféré suivre le gros des touristes qui rentraient dans le site qui était bien sûr ouvert ! Pensez à apporter une jupe longue (vêtement obligatoire pour les femmes) et un parapluie pour vous protéger du soleil ! L’accès aux sites n’est généralement pas cher du tout et on peut prendre des photos.

Comme je n’étais pas à Bangkok pour visiter des lieux de culte, nous ne nous sommes attardés que sur les principaux sites.

Quartier de Banglamphu (vieux Bangkok) : pas facile à prononcer mais il faut s’y habituer quand on passe à Bangkok ! On a fait un passage éclair au Golden Mount (lieu de culte + superbe panorama sur la ville) puis on a marché sur le boulevard royal Ratchadammoen (les champs Elysées thaïlandais) vers Democraty Monument, en s’arrêtant dans une exposition temporaire très intéressante. Nous avons ensuite continué vers Khao San road, mais franchement nous avons été déçues par la concentration de boutiques et de touristes. Au bout de la rue, direction Banglamphu, aux rues plus agréables mais aussi touristiques. De l’autre côté, sur Chakraphong, vous pourrez rentrer dans de petits supermarchés thaïlandais et manger une bonne soupe en bord de route !

Chinatown : les rues sont bordées de trottoirs où l’on vend de l’encens et des fleurs pour le culte, des fruits, du porc et du canard laqués et des soupes !! Des petites boutiques locales vendent des tas de choses bizarres pour nous, comme des champignons de toutes sortes, etc. Direction le talat Mai, un très grand marché à ciel ouvert + Sampeng Lane (une grande artère) + le marché aux fleurs (Pak Khlong Market). On peut y manger partout, et goûter de tout ! On aurait pu y passer une journée entière dans ce quartier et ça n’aurait pas été suffisant !

Shopping district : Siam Square, Pratunam, Ploenchit et Ratchathewi – Même si vous n’êtes pas fan, les prix sont tellement attirants qu’il faut absolument aller y faire un tour ! Les grands malls sont dédiés au shopping, des étages entiers d’électronique, de frippes, de nourriture ! Des plateformes avec fontaines reliées à des passerelles vers le Sky train, surplombant un grand boulevard bondé de véhicules, c’est surprenant ; des escalators de plusieurs étages qui donnent le vertige. Au MBK, le mercredi soir, de la boxe thaïlandaise à observer gratuitement pendant deux heures (notez que le mall est tellement grand qu’à l’entrée on trouve une carte répertoriant tous les magasins de chaque étage). Au Terminal, un cinéma 3D. Au Siam Paragon également, avec en plus aquarium ; musée, etc. A l’extérieur, vous pouvez aussi aller voir la maison Jim Thompson (avec sa très belle boutique de linge en soie), et en bas vous traverserez de jolis petits squares, des lieux de culte à ciel ouvert, des cantines extérieures aux odeurs alléchantes ! Pas loin, à visiter absolument : réservez un cours de lotus painting workshop : Himapan Gallery – Catherine au +66(0) 852 448 622.

New Bangkok - Thanon Sukhumvit : visitez Chuvit garden le matin pour sa lumière et ses couleurs, et traversez le parc Benjakiti tôt car il fait chaud, il est agréablement situé au bord d’un lac. Non loin, Khlong Toey market est un lieu surprenant, un des plus grands marchés de Bangkok, à voir absolument. Les thaïlandais sont très gentils, ils vous feront goûter ce que vous voulez pour peu que vous vous intéressiez à leur travail. Dans l’autre sens, n’hésitez pas à aller voir les maisons traditionnelles de la Siam Society, Ban Kamthieng, on y apprend beaucoup de choses très intéressantes. C’est aussi un quartier de bars (rue CowBoy) et de restaurants, où la vie ne s’arrête pas avec la nuit !

Greater Bangkok – Un des sites majeurs c’est le marché de Chatuchak, un des plus grands marchés au monde ! En fait, contrairement à ce que je pensais, c’est un marché clean avec des boutiques couvertes, c’est propre et on y trouve de tout, de l’art, du mobilier, des antiquités, des tissus, etc. Le marché est tellement vaste qu’il faut un plan pour se repérer ! En semaine, il est bien calme et tout n’est pas ouvert, mais le weekend il est bondé, à vous de choisir ! Pas bien loin, on peut acheter des orchidées pour pas cher du tout (vous pouvez les ramener chez vous en les glissant dans des bidons d’eau de 10L coupés en deux et scotchés !). A voir : la boutique Honey glass qui vend des stylos plume en verre magnifiques ! En zone C 50/4 room 56.

 

Bien d’autres choses sont à voir à Bangkok, mais aussi à proximité de la capitale, comme :

-  la vieille ville Ayuthaya (mais il faut aimer les temples et la vieille pierre) ;

-  les marchés flottants : attention, si vous prenez un taxi pour aller voir un marché, préférez le samedi ou le dimanche car en semaine ce n’est pas ouvert ! Ensuite, ne soyez pas surpris qu’il vous dépose au Dammonen Saduak Floatting Market. C’est probablement le marché le plus touristique, mais si on ne connait pas ça reste une très belle expérience. Si vous le voulez, vous pouvez ensuite louer un bateau et aller plus loin (env.1h), à Amphawa, et là c’est superbe !

- Kanchanaburi : on n’a pas eu le temps mais c’est dommage, on m’a dit que c’était très chouette à faire, ce sera pour une autre fois !

 

Je n’ai pas parlé de nourriture, mais ce n’est pas l’envie qui me manque tellement c’est bon, gouteux, et pas cher ! C’est simple, on s’arrêtait partout pour tester ce qu’on trouvait dans la rue, brochettes, beignets, soupes, jus de fruits, etc. !! Le seul truc qu'on n'a pas osé goûter ce sont les insectes frits ou en brochette ... Néanmoins, on a aussi testé de bons restaurants dans le quartier où on résidait : KINNAREE – thai restaurant – 43 Sukhumvit Rd, soi 8

Je n’ai pas non plus parlé des massages thaïlandais : partout, des petits salons vous accueillent pour toutes sortes de massages revigorants, et les services de manucure et coiffure sont aussi beaucoup moins chers qu’en France. Le guide touristique donne de bonnes adresses, si vous avez le temps, préférez-les à ceux que vous ne connaissez pas, à moins qu’on ne vous les ait conseillés.

 


 

Informations générales : pas de visa pour les touristes français qui restent moins de trois mois – vaccination contre la fièvre jaune obligatoire pour entrer sur le territoire, c’est contrôlé ! Carte visa indispensable, elle permet de retirer partout et de payer aussi mais avec des frais supplémentaires. On trouve des service de change partout, et notamment dans les malls ! Cartes touristiques : on en trouve partout, à des prix divers.

 


 

Voilà quinze jours passés à toute allure, où nous étions plongées dans une ville moderne, exubérante, au visage traditionnel parfois, surprenant, aux saveurs sucrées salées, un plaisir pour les sens à tous les niveaux. Pour moi, c’était un choc, et pourtant j’étais déjà passée par Shanghai. Mais je n’imaginais pas que Bangkok m’enchanterait autant. Si vous hésitiez à y aller, je n’ai qu’un conseil à vous donner : prenez votre billet !!!



12/09/2014
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