Une vie en Afrique

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Rugby féminin au Sénégal : de la grâce, de la fluidité, du sport !

L'équipe féminine nationale sénégalaise à l'entraînement :

 

 

 

L’entraîneur de l’équipe nationale féminine de rugby à 7, Anthony GRANJA, m’attend sur le terrain de l’armée sénégalaise à Bel-Air : nous avons rendez-vous pour qu’il me raconte un peu l’histoire et le fonctionnement de cette jeune équipe. Il est 17h, il fait beau et frais, et à côté de nous l’équipe nationale masculine de rugby s’entraîne également, obligeant à couper le terrain en deux.

Le rugby féminin est très récent au Sénégal, il date de 2010, quand la Fédération a réuni une commission qui a abouti à la création de cinq nouvelles équipes, passant ainsi le nombre d’équipes de 3 à 8. Il y a deux catégories au Sénégal : les enfants de 5 à 16 ans qui jouent dans les écoles de rugby en équipes mixtes, puis les séniors (16 et +) qui jouent par genre (officieusement, la Fédération essaie de séparer les filles et les garçons à partir de la puberté soit 14 ans environ). Il y aurait environ 150 joueuses de + de 16 ans au Sénégal.

En 2010, l’équipe nationale a participé à son premier tournoi. Depuis elle a fait du chemin puisqu’en 2012 à la dernière Coupe d’Afrique, l’équipe sénégalaise a terminé 4ième de la compétition internationale.

L’équipe est constituée de 7 jeunes femmes + 5 remplaçantes, entre 18 et 25 ans, elles jouent en tant qu’amateurs, elles ne sont pas professionnelles. La majorité des filles vient de familles défavorisées ; elles mènent donc de front leur travail (certaines sont femmes au foyer) et leur passion à raison de trois entraînements par semaine de 1h30, pour lesquels elles font un long trajet car la plupart (environ 70%) d’entre elles vivent en banlieue de Dakar. La Fédération Sénégalaise de Rugby essaie d’aider les meilleures d’entre elles notamment en leur offrant des formations professionnelles (l’hôtellerie, la couture et l’éducation sportive).

Au début, il a fallu faire le tour des familles pour les sensibiliser et les intéresser à ce sport. En effet, le rugby est méconnu au Sénégal et il véhicule l’image d’un sport violent. Mais encore maintenant les familles sont peu impliquées.

Côté entraînement, les joueuses sont encadrées par deux coachs et un préparateur physique. L’équipe se retrouve donc à Bel-Air (le terrain est prêté à la Fédération contre l’entretien, etc.) mais c’est assez récent. Elles reçoivent un défraiement pour le transport, et quand elles partent à l’étranger en compétition, en plus de tous leurs frais elles touchent des per-diems qu’elles partagent même par solidarité avec les membres de l’équipe restés au Sénégal. Régulièrement, elles se retrouvent aussi à Thiès au Centre National d’éducation physique et sportive pour s’entraîner en vase clos.

Elles semblent coopératives, motivées, et une bonne entente les lie sur le terrain. J’ai été étonné, lors du dernier tournoi local il y a quelques semaines, de voir un jeu aussi fluide et intéressant. Anthony est bien présent, il n’hésite pas à les interrompre quand il le faut, à les regrouper sur le terrain pour leur dessiner des plans stratégiques sur le sol ou leur expliquer les actions inadaptées au jeu. Ce jour-là, après les échauffements, elles s’entraînent à tirer, à passer le ballon, et à la mêlée, avant de jouer par équipe.

Côté fonctionnement, Anthony avoue une carence au niveau du centre et de l’aile. Pour cela, il nous explique qu’en compétition à l’extérieur, il intègre à l’équipe un membre un peu spécial qui arrive de France. Née au Sénégal et adoptée très jeune, Aurore a retrouvé son pays d’origine grâce au sport. Un accord a été trouvé entre son club en France et la Fédération sénégalaise afin de permettre à la jeune fille (25 ans) de suivre et d’intégrer la sélection sénégalaise (http://www.senegal-rugby.com/Coupe-d-Afrique-de-rugby-a-VII-feminine-Le-retour-aux-sources-d-Aurore_a340.html)

En effet, dans la mesure où elle était née au Sénégal cela ne posait pas de problème. Mais pour intégrer l’équipe si on est étranger, il faut :

  • Jouer au moins 3 saisons de suite au Sénégal pour être qualifiable pour la nationale mais après avoir intégré la sélection on ne pourra pas en changer (et partir ailleurs) ;
  • Ou obtenir la nationalité !

 

Et voilà, les filles partent dans un mois au Kenya. Elles s’entraînent en vue des qualifications pour les Jeux Olympiques de 2016 à Rio (échéance en 2015). On leur souhaite bonne chance bien sûr, et nous suivrons leurs exploits comme il se doit.

 

Plus d’informations : http://www.senegal-rugby.com/

 

 

Tournoi inter-équipes de rugby à 7 au Sénégal chez les filles :

 

 

 

 

Nathalie GUIRONNET



13/03/2014
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