Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Réveillez-vous Mesdames - Roxane Sélavy _ janvier 2017

 

Parce que je refuse que la solidarité féminine soit anecdotique, parce que je tremble qu’elle ne devienne une légende urbaine, parce que je prie pour qu’elle ait de beaux jours devant elle, je vous écris aujourd’hui.

 

Mes synapses frétillent d’indignation depuis longtemps; depuis l’élection de Donald Trump, c’est la mutinerie. Que des hommes américains peu cultivés s’identifient, on peut comprendre, à défaut de partager. Mais que des femmes, quelle que soit leur extraction sociale, votent pour un candidat qui les rabaisse et les insulte, c’est effarant. Voilà pour une raison conjoncturelle de s’inscrire à l’association « osez le féminisme ». Faut-il lister toutes les justifications structurelles à l’adhésion, de l’inégalité entre hommes et femmes à l’agression sexuelle en passant par l’incivilité ? Faut-il rappeler tous les crimes et toutes les injustices commis à l’encontre des femmes à travers le monde, dont l’effrayant tour d’horizon a été réalisé par Christine Ockrent en 2006 dans le livre noir de la condition des femmes ? Je crois que chacune a conscience de l’urgence du combat à mener.

 

Aussi voulais-je vous soumettre une petite proposition, toute simple et si facile à mettre en œuvre au quotidien. La question du droit des femmes réside aussi dans la vision qu’elles ont d’elles-mêmes. Respecte toi et tu seras respectée. Par extension, et pour entrer dans le cœur du sujet, respecte également tes sœurs.

Certes les hommes, par la vénération dont ils entourent le corps féminin idéalisé et fantasmé sont responsables de la rivalité féminine. En partie seulement ! Combien d’amies médusées par notre nouvelle complicité, m’ont confié qu’elles n’avaient jamais eu de copines, qu’elles ne s’entendaient bien qu’avec des hommes. À se demander si nous ne sommes pas homme ou femme, avant d’être chat, serpent, pommier ou humain. À s’interroger sur la valeur biblique qui serait donnée aux livres relatant l’homme martien et la femme vénusienne. Mais est-on bien certain de cela ? Il me semble que maints hommes détiennent une part féminine, et que d’innombrables femmes font preuve de réactions viriles. Sans parler de l’homosexualité, qui toucherait 10% des individus quelle que soit la société, ou des personnes sexuellement indéterminées à la naissance. La détermination féminin/masculin chez les individus se règle autrement moins facilement que celle du genre dans la grammaire.

 

Mais revenons-en aux minuscules changements que nous pouvons réaliser au jour le jour. Prenons exemple sur la très respectable solidarité masculine ! Rares sont les commentaires sur le vestiaire des hommes, et grand bien leur fasse. Si les talons aiguilles ou le voile musulman n’est pas votre tasse de thé, est-il indispensable de commenter et épiloguer sans fin ? Certes non. Quel besoin pervers guide les femmes vers la critique de leurs consœurs ? Celui de plaire et de se rassurer. Mais ce biais est pathétique. À surmonter absolument.

 

D’autre part, je souhaite m’intéresser un instant à nos futures belles-filles. J’ai deux fils, l’aîné est bientôt majeur. Cela fait bientôt 18 ans que j’entends les autres femmes s’exclamer perfidement sur mon avenir de belle-mère, et la moutarde me monte au nez. Où est le problème ? Nous n’avons aucune garantie quant à l’éducation et aux qualités des personnes que vont choisir nos enfants. Cependant une convention bornée exige que l’on glose sur les relations entre bru et belle-mère. Pitié pour les lieux communs. Laissons-les en paix, ils sont éculés d’avoir trop servi. Je vais vous aider d’un raisonnement basic. Et d’un léger rappel : l’homme que va aimer votre fille sera amoureux de votre fille, et non de vous-même. Cela pourrait aider à remettre les gendres parfaits à leur juste place.

Sans accabler les messieurs, puis-je rappeler que dans les prisons neuf condamnés sur dix sont des hommes, pour une détenue sur dix ? Autrement dit, sur le chapitre de l’honnêteté, il serait plus logique de faire spontanément confiance à une femme qui entre dans votre famille, non ? Après tout, vous avez élevé vos fils, tandis que vos gendres sont des inconnus.

 

Je récapitule donc les résolutions pour 2017 : light sur la rivalité féminine, tolérance généreuse à l’égard de celles qui sont différentes de nous, et solidarité au point culminant. Serrons-nous les coudes ! Petit pas pour la femme, grand pas pour l’humanité.

Sororalement vôtre,

 

Roxane Sélavy

 

 



23/01/2017
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