Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Regards d'expatriée

Regards d'expatriée 

 

Créé en janvier 2011

Modifié le : 22/02/2011

La France, quand on n'y a jamais vécu, ou si peu, est à la fois attirante et dangereuse. Superficielle, attractive avec tous ses apparats trompeurs, de si loin, et de plus prêt, un pays si moderne et vieux jeu en même temps, si dérangeant qu'il est impossible de s'y fier, qu'on en a peur.

Et y prendre un nouveau départ, une nouvelle route, ce n'est pas pour moi, pas encore, je ne suis pas prête pour cela. Et pourtant, la frontière ne m'a jamais semblée aussi proche, aussi palpable, le retour aussi probable.

Girouette, tournant et ressassant, instable, l'esprit sans domicile fixe et la valises à la main, la fille-femme-mère expatriée que je suis écrit un journal exultoire de 66 pages, secret, un punching ball moral, un échappatoire contre les tensions provoquées par un déménagement tous les deux ans et l'envie de s'enraciner, enfin, mais où ?

Entre deux allers et retours en France, ce pays m'apparaît aussi étranger que celui dans lequel je réside, et je reste à chaque fois comme collée au pot de confiture, scotchée à tout ce qui m'entoure, les idées bouillonnantes à essayer d'imaginer une vie plus tranquille mais au coeur en fusion.

D'un autre côté, vivre à l'étranger n'est pas toujours idyllique. Même si on a la chance de partir vivre dans un pays au potentiel énorme, au marché local important et au pouvoir d'achats intéressant, encore faut-il s'y re-créer un réseau social propice à vous y ancrer pour quelques années, et c'est de moins en moins facile je trouve. Avec mon passé d'expatriée de naissance (ou presque), je traîne un nombre incalculable de personnes rencontrées, mais pas forcément amies, loin de là.

La barrière de la langue est cependant minime, on parle anglais mieux qu'il n'y a quelques années, et la famille est aussi un repère important, un atout parfois, pour s'en sortir. Mais rester seul, sans partager ses sentiments ou son parcours, est frustrant, et n'incite pas à  avancer, toujours et toujours, sans savoir où aller.

Il devient même de plus en plus difficile de bouger, et pas pour des soucis de déménagement, mais parce qu'on se dit qu'encore une fois il va falloir tout recommencer : plusieurs mois pour s'installer, autant pour prendre ses premiers repères, et pour rencontrer quelques personnes susceptibles de vous comprendre, bref, c'est de moins en moins aisé. On devient de plus en plus méfiant, le milieu communautaire n'étant pas toujours celui qu'on espère, et dans certains pays c'est pire que tout, les femmes d'expatriées oisives ne se réunissent que pour parler des autres. Et si l'on passe outre, il reste une question essentielle : celle du travail, et là, on touche à un autre sujet bien difficile car dans certaines parties du monde on ne facilite pas le travail des étrangers, ni la création d'entreprise. C'est le cas en Ethiopie, entre autres pays sans doute. Alors comment s'épanouir quand on ne peut pas exploiter une idée, créer ce qu'on a imaginé ?

Malgré cela nous sommes des expatriés, nous vivons à l'étranger, nomades parmi les français résidant à l'étranger. Dix mois dans un pays, trois ans dans un autre, et prochainement un nouveau départ, avec cette envie de plus en plus urgente de trouver enfin un endroit sans guerre, sans révolution latente, sans insécurité, sans coût de la vie trop élevé, où l'on peut vivre et travailler sans que ce ne soit le parcours des combattants.

Mais surtout pas un retour en France, non, pas encore.


Quelques étonnements ci-dessous suscités notamment pendant la période de Noël. 

La France en hiver :

- Une pharmacienne qui décrète, sans lire l’ordonnance, que la  pilule ne se délivre pas pour un an, avant de se raviser quand je lui demande de bien vouloir lire l’annotation de mon médecin qui l’informe que je suis expatriée et qu’on ne trouve pas de pilule là où je vis !

- la même pharmacie qui de toutes les façons n’a pas de stock et vous oblige à mixer entre la pilule et son générique ! Une stagiaire qui n’a pas le droit de délivrer les ordonnances et un temps d’attente décuplé en pleine heure de pointe soit une demi-heure pour se faire servir !

- un cadeau original : une pochette de petites culottes basiques ETAM, c’est la vendeuse qui me propose d’emballer mon achat si en cas je décide de l’offrir autour de moi, parce que, apparemment, elle l’a déjà fait, drôle de cadeau quand même !

- des magasins qui ferment entre 12h et 14h, nous avions oublié, à l’étranger ça ne se fait pas, ou peu !

- des MC DONALD, génial, les enfants en raffolent et nous on aime bien le côté rapide et sans pleurs, même s’il ne faut pas en abuser !

- des tentations à tous les mètres, voire tous les centimètres, à manger, à habiller, à décorer …

- des oublis, surtout quand il s'agit de retrouver sa voiture parmi des milliers qui sont garées au même endroit, comme pour la petite vieille dame de la dernière fois, qui s'était rendue à l'accueil du centre commercial pour demander de l'aide !

- l'invasion d'ours polaires et de pingouins dans les vitrines des magasins à Noël (c'est de ma marraine et c'est vrai !)

Et c'est à suivre, bien entendu !

 



10/01/2011
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