Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Nos enfants ce mois-ci_Mars 2013_Hola Mariposa !

 

 

Le mois de février était annoncé chez nous comme particulièrement agité, et il l’a été ; recevoir de la famille n’est pas de tout repos, mais c’était l’occasion de sortir à nouveau de Dakar, malgré nos mésaventures de décembre dernier. Direction Lompoul, puis Gandiole, Saint-Louis et le parc du Djoudj. Les articles du blog concernant ces étapes ont été agrémentés de photos, n’hésitez pas à retourner les consulter !

Le mois de mars a lui aussi commencé sur les chapeaux de roues, avec deux journées photos auprès des pêcheurs de Kayar et au Lac rose pour y découvrir l’extraction du sel, et une sortie découverte de Thiès et de sa manufacture des arts.

Enfin, la préparation de ma première exposition en tant que photographe amateur au musée d’art contemporain Boribana à N’Gor et toutes les rencontres faîtes pour l’occasion. Dans le cadre de la journée mondiale de la femme, nous avions opté pour des photos sur la femme : l’entraînement d’une équipe féminine sénégalaise amateur de football, l’entraînement d’une lutteuse traditionnelle sur la plage de Bargny et l’accueil au sein de sa famille, puis une famille sénégalaise qui nous a aimablement ouvert ses portes pour des photos intimes sur le partage inter-générationnel entre femmes. Sans oublier le collectif d’artistes qui a participé à la manifestation dont une photographe expérimentée suisse que je devrais revoir bientôt, des guides, coachs et managers efficaces et accueillants, des personnes ouvertes et agréables qui m’ont fait oublier Dakar, et ce rapport à l’argent trop présent. Une recherche qui n’a pas toujours été facile mais qui une fois surmontée laisse un arrière-goût de déjà fini, et qui tombait pile poil pour me donner l’envie d’avancer qui me manquait depuis plusieurs semaines !

 

Petite anecdote à l'occasion de cette journée de la femme : alors que nous discutions dans la cuisine avec les enfants, ma fille aînée de 9 ans m'a expliqué qu'elle ne comprenait pas pourquoi, que l'on soit 1 ou 10 000 femmes, à partir du moment où il y a un homme, c'est le masculin qui l'emporte sur le féminin ! "C'est pas juste", elle a raison, féministe avant l'heure ma grande puce ??

 

Et ce n’est pas fini,  « nous prêtons notre canapé » depuis quatre mois maintenant, et nous accueillons des "couchsurfeurs" qui vont, qui viennent, et qui nous apportent leurs expériences, leur humour, et qui partagent leurs déceptions et leurs envies avec nous.

Petit bonus au mois de mars : j’ai joué comme figurante sur le tournage d’un film, et je suis à l’initiative d’un vide-grenier amateur !

C’est pas tout car maintenant je prépare une sortie à Kayar pour le groupe REXPOs, et j’ai un projet de reportage photo qui m’occupera pour les prochaines semaines ! Je n’en dis pas plus, vous le saurez le moment venu !

Mais c’est bien beau de courir, le rythme de vie a changé, la famille a absorbé les petits chocs du quotidien mais il vaut mieux ralentir maintenant, prendre le temps, d’autant que nous ne savons pas encore combien de mois nous resterons … Ca risque d'être moins drôle !

 

10 mois -1j : Inès marche, ça y est, elle s’élance vers nous de ses petits pas encore maladroits, vacillante sur ses petites jambes ! Et voilà, les problèmes commencent … En plus de ça elle a pris la mauvaise habitude de me mordre quand je ne l’écoute pas, et elle y va franco ! Elle change, vite, et même nos couchsurfeurs de passage voient la différence à deux semaines près, c’est pour dire !

Le mois de mars a été fertile en rencontres : d’abord l’arrivée de Luk (un belge retraité) en pleine nuit (mais avec des chocolats !), puis celle de Rebeca, l'espagnole, qui a appris à Mélissa des rudiments de sa langue, et de Raul, qui a impressionné les enfants avec sa belle moto, qui était si gêné auprès de notre femme de ménage, et qui a joué sur la plage au football avec les petits talibés ! Le gardien ne doit pas trop comprendre ce qui ce passe chez nous, l’arrivée de tous ces étrangers avec leurs gros sacs à dos, ou plus, l’intrigue forcément mais il ne pipe pas mot ! Raul disait cette semaine que bientôt nous pourrions ouvrir un hôtel, c’est le soir où nous avions trois couchsurfeurs à dîner ! Anne-Laure, une jeune française végétarienne multi-allergique, est arrivée avec une grosse valise de +30 kgs, Ian l’écossais puait « un peu des pieds », tout comme Manon l’américaine que Mélissa a envoyé se doucher ! Autant de personnalités bien différentes qui nous ont permis de voir du pays ces dernières semaines, sans pour autant quitter Dakar !

Les enfants rouspètent bien de temps en temps, et ça gonfle particulièrement Quentin de descendre chercher les nouveaux arrivants au point de rendez-vous à côté de la maison, et il n’hésite pas à le faire savoir et à se montrer odieux et grossier, mais globalement ils aiment bien se faire de nouveaux amis et la séparation n’est pas toujours facile ! A la maison, il m’arrive de rêver en anglais, et de traduire en espagnol, c’est fatiguant quand même !

Voilà donc mon « petit papillon » (= mariposa - Mélissa) qui se promène dans la maison avec un bout de papier où sont écrits des rudiments d’espagnol, et Coline qui gère les petites boules de chocolat restantes du passage de Luk, et Quentin, placide, qui vit sa petite vie d’adolescent perturbé mais pas trop !

 

 

Plus que une semaine avant de se goinfrer de chocolat ("c'est la semaine que j'adore, c'est bientôt Pâques" - Coline), plus que deux mois avant la communion de Coline (« communion de quoi déjà ? » - Mélissa), plus que trois mois avant la fin des cours pour Quentin (vous pensez comme moi, bien trop tôt n’est-ce pas ?), et tout va forcément s’accélérer dans les prochaines semaines, le compte à rebours avant l’été vient de commencer ! Tout juste à l’arrivée du printemps français, lequel printemps a eu des effets ici au Sénégal, si si, les filles vous le diront, dans le jardin l’arbre est en fleurs ! Si la température remonte largement dans la journée, la nuit est encore fraîche, et au petit apéro sur la toiture-terrasse en bord de mer il vaut mieux ne pas oublier pull et chaussettes ! Pas trop glamour tout ça mais on va éviter la petite grippe intestinale qui sévit actuellement à Dakar, et se protéger à minima de toutes ces petites épidémies de la péninsule ! Et pour cela, un bon livre de chevet dont on parle beaucoup en ce moment (je vous laisse deviner lequel), histoire de se réchauffer ... à deux !


Et si la lecture n'est pas trop votre fort, passez donc au supermarché acheter du vin (ça réchauffe aussi !) avec votre fils adolescent, qui au passage hurlera dans le rayon : "alors on prend quel pinard ?". Du blanc pâle vous passerez au rouge cramoisi tellement vous serez surpris par la honte ! Et si, doucement, vous lui expliquez que ce mot est familier et vulgaire et qu'il faut utiliser le terme "vin", il risque de vous répondre, comme ça m'est arrivé, et toujours en hurlant : "oui, mais papa c'est comme ça qu'il dit" ! Hors contexte évidemment, mais bon, paroles de papa sont paroles d'évangile ! Allez, le petit sourire du monsieur à côté me rassure, je dois pas être la seule à vivre ce gendre d'humiliation publique !

 

En rentrant de l’école mercredi, les enfants avaient tout plein de choses à raconter, des choses « trop dégueulasses » (« tu te rends compte maman, il a profité qu’elle avait le dos tourné pour lécher sa règle » - Mélissa), des gros mots écrits sur la calculette (un copain), ou, plus agréable, les félicitations de la maîtresse pour Coline.

Jeudi c’était plage de Ngor pour le surf, pas facile sans vagues, Coline a ramé, elle était épuisée ! Inès m’a surprise, tranquillement assise dans le sable, elle s’amusait à se lever, à s’assoir, et jouait sans manger de sable ! Et moi je me suis faite accoster par un jeune ‘ngorois’ avec qui j’avais déjà parlé et qui m’avait proposé de me faire un petit métisse : sans commentaires !

 Vendredi, les deux grand ont eu l’occasion (et pas forcément le plaisir – Quentin vit mal son adolescence !) d’approcher une école de lutte sénégalaise qui s’entraînait sur la plage de Soumbédioune, et Coline a paru intéressée par la rencontre, plaisantant même avec le coach de l’équipe.

Voilà, fin de semaine oblige, les enfants sont fatigués, Mélissa refuse systématiquement de manger autre chose que des pâtes, elle a préparé à mon intention une liste des aliments qu’elle consent à manger ! Samedi ils vont tous les trois voir du cirque au grand théâtre, semaine agitée pour Quentin qui est aussi allé voir le spectacle de Jamel mardi dernier !

Dernières trouvailles de la petite dernière de la famille : vider le sac de maman (pourtant caché sous la console), discrètement comme d’habitude quand elle sait que ce n’est pas permis, et jeter les affaires ... dans la poubelle !

 

 Bon, allez, au travail, encore tout plein de projets photos et d'anecdotes à venir, bientôt !

 

 

(à suivre)

 

 

 



24/03/2013
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