Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Nos enfants ce mois-ci _ Un pet de travers_Septembre 2011

Nos enfants ce mois-ci

Septembre 2011


« J'ai un bouton, j'ai un os, j'ai une bosse » : qui est qui ?

 

 

Je prends le relais, 2 semaines pour nettoyer pièce par pièce ce HLM de banlieue, mais pas seule ! Entre 2 dessins animés, Mélissa apprend à passer l'inspirateur (l'aspirateur) et Quentin à récurer une douche (mais il refuse d'étendre le linge, « c'est un travail de nana et papa il le fait parce qu'il n'a pas le choix ») !

Mélissa s'emmêle un peu les pinceaux depuis son arrivée, notamment concernant les sénégalais, et Coline n'est pas en reste : « mais maman, tu m’avais dit qu’il y avait plein de gens qui ont la peau comme nous ici , mais y’a que des éthiopiens » ! Mélissa

« Mais les africains sont français » - Coline (qui se rattrape : en fait ils parlent français !)

« Kenyens » (Mélissa), éthiopiens ou sénégalais, pas simple ! Oups, un peu compliqué l'Afrique noire, on va reprendre les explications !

Sinon, à la maison, Mélissa utilise (c'est nouveau) du démêlant (« ça va démêler les poils »), découvre la machine à ‘z’œufs’, et adore les « pigzas », boit du « jus de biceps (bissap)», quand elle ne compte pas les chewing-gums qu’elle a déjà mangé dans sa vie ! Ah oui, elle parle aussi « d'effacer la tâche (de peau) de Quentin », mais là c'est le médecin qui s'en est occupé.

Mélissa est rentrée en CP, un vrai poisson dans l'eau d'un bocal trop grand de 2 300 élèves ; Quentin fait sa rentrée au collège et croule sous le travail de maison alors que Coline avance, paisiblement, et sans tourment. Quentin passe « une révision médicale » pour s'inscrire au club de rugby.

Mélissa nous abreuve d'histoires de classe, « mon copain de classe a dit que je suis un cochon », « je me suis faite taper dans la cour par un groupe de garçons qui veut regarder la culotte », perd son sac de sport dans la cour de récré, bref découvre les aléas d'une faune d'enfants français pas toujours très gentils.

 

Ah, maman reçoit une tête de poisson sur la tête à 7h du matin, lâchée par une mouette maladroite, ça aide à commencer la journée …


Puis, entre les embouteillages et ... les embouteillages, maman s'énerve trop souvent et finit par laisser le chauffeur gérer les transports à l'école. Enfin, il faut bien sortir un peu, et là maman écoute le bon sens de son chauffeur guinéen :« ça va aller ». Ou pas. Il faut voir. L'autoroute peut être bouchée, c'est pourtant sensé être la voie d'accès la plus rapide au centre-ville de Dakar. 4 files de voitures partant dans le même sens, bloquées à hauteur de la gendarmerie de Colobane, et une blanche au milieu, sans doute la plus folle à s'y risquer en fin de matinée. Diallo, c'est son nom, nous apprend que les sénégalais conduisent mal (ça je l'avais déjà vu) et qu'à Dakar le seul langage connu ce n'est pas le code de la route, « c'est celui des mains », parce qu'un bon chauffeur qui se respecte à une main dehors et une autre sur le volant. C'est cette main qui fait tout le travail, qui indique aux autres véhicules de ralentir, qui leur dit qu'on va tourner, ou accessoirement, qu'ils sont fous ! Voilà, un pied en ville, un autre dans mon HLM de banlieue, je découvre la vie dakaroise non sans ironie et déception : l'installation s'annonce pire que prévue, les températures trop élevées (45°C au soleil en septembre) échauffent les esprits, et la fatigue et l'isolement achèvent de laminer notre moral, octobre s'annonce … difficile.

 

Le 13 septembre, mamie est morte. Tout le monde est sous le choc mais après quelques larmes c'est triste mais la vie reprend.

 

 



27/10/2011
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