Une vie en Afrique

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Micro-jardinage : un enjeu d'aujourd'hui pour demain // aout 2017

Un micro-jardin à domicile ? C'est tout à fait possible, et vous aurez même à Dakar la possibilité de vous former auprès de formateurs qualifiés, voire même de faire du bio et du compost pourquoi pas ? Même en ville maintenant tout est fait pour s'adapter à notre environnement urbain.

Lire l'article consacré aux jardins à Dakar

 


 

Développer des villes vertes

 

C’est parce qu’il y a très peu de place cultivable en ville que 90% des micro-jardins (culture hors sol) se trouvent en espaces urbains. Alors que l’agriculture urbaine est en pleine expansion, la ville de Dakar, en partenariat avec la ville de Milan et le soutien de la F.A.O, a mis en place le projet « micro-jardins de la ville de Dakar » il y a 10 ans.

 

Puisque les grandes villes du monde n'ont plus d'espace pour l'agriculture et l'horticulture et que l'urbanisation galopante occupe tous les terrains,

La FAO entend ainsi développer les villes vertes, en réponse à l’urbanisation sauvage qui touche particulièrement l’Afrique et justifie l’intérêt du micro-jardinage pour :

 

  • « diversifier et enrichir l’alimentation d’une famille, lutter contre la malnutrition, et générer un petit revenu grâce à la vente du surplus ».
  • permettre une production de proximité moins coûteuse et qui crée des emplois.

Moins de transport, et un minimum de conservation et d’emballage, permettent de faire des économies tant en énergie que financièrement.

 

Au début, la FAO fournissait les matériaux de base (bois, micro, macro, balles de riz, arachides, bâche, drains, clous, ...) pour 6 mois et indemnisait les formateurs (75 000 cfa/mois pour chaque campagne). Entre les campagnes de formation, ces derniers ont la jouissance de la production du CFD.

 

Il existe à Dakar 12 centres de formations, le pôle de production le plus important de la capitale se trouvant à Liberté 6 (environ 400m2).

Environ 10 000 personnes ont été formées dans l’ensemble de la capitale.

 

CFD de OUAKAM : l’exemple d’un formateur

C’est au Centre socio-culturel de Ouakam que nous avons rencontré Pape GUEYE. Il est formateur et il apprend aux bénéficiaires comment produire en autosuffisance des légumes sains et frais, tout en en sécurisant la production par l’application de règles d’hygiène alimentaire (eau de bonne qualité). Dans le processus d’apprentissage, c’est la mairie qui recherche, sécurise et aménage (en apportant l’eau) le terrain de chaque bénéficiaire.

 

Ici, on favorise la fertilisation organique (pour éviter l’utilisation des engrais chimiques - macro : engrais à utiliser dans des dilutions précises), la production est plus saine, durable et moins coûteuse. On apprend à faire du bio grâce à l’utilisation de coques d’arachides et de balles de riz. Comme ce sont des supports neutres, on y produit également du compost à partir de fumier animal préparé (c'est-à-dire humidifié, aéré et fermenté) et de matières végétales, déposés en multiples couches les unes sur les autres. Enfin, on y ajoute les lombrics (environ 250 par m2) pour une transformation efficace en 1 mois. On y apprend également à récupérer et à recycler les eaux de drainage (le lixiviat - liquide qui provient de la percolation de l’eau à travers un matériau - et thé de compost).

 

Bien qu'ils soient utilisés et fournis, les engrais chimiques ne sont pas encouragés. Une solution plus saine et plus économique est proposée aux jardiniers : le compost. C'est ainsi que les CFD fabriquent en général  leur propre compost, traditionnel ou selon la technique du lombricompostage.

 

 

 


 

Les autres centres de formation :

 

GRAND DAKAR

Au Centre de Formation (CFD) de Grand Dakar, deux formatrices responsables du centre, nous ont expliqué leur méthode de travail et nous ont fait visiter leurs plantations : Oulimata SECK et Coumba DIOP.

Elles nous ont expliqué leur travail de formation à travers la découverte des nombreuses variétés d’herbes et de légumes présents (oignons, piment, salades, aubergine, céleri, carotte, poivron, oignon vert, poireau, épinard, patate douce, chou, lentilles ... basilic, menthe, aneth, lavande, origan, amarante)

Depuis 2006, ce CFD organise des formations de cinq jours (par groupes de 15 personnes) pour les volontaires du quartier qui veulent s'initier à la culture hors sol. À noter qu’ici aussi le support de culture utilisé pour les plantations sur table est constitué d'un mélange de coques d'arachides et de balles de riz ; on trouve d'une part des tables de compost et d'autre part un compost en tas constitué de paillage et de multicouches de déchets verts recouverts d'une bâche.

 

 

PATTE D’OIE

Au pôle de production de Patte d’Oie, situé au pied d’une passerelle en bord de route (face à l’hôpital Nabil Choukair), c’était l’occasion de rencontrer des femmes, toutes d’un certain âge, productrices sur des micro-tables. Ici elles sont environ 40 à se partager l’espace avec environ 5 à 10 tables chacune. Elles y vendent leur production, plus restreinte en choix que dans les CFD, mais conséquente.

 

CITE NATIONS UNIES

C’est Mme Bator SAKHO, formatrice après avoir suivi une formation en 1999, qui nous accueille sur ce terrain mis à disposition par la commune. Elles sont deux formatrices dans ce CFD et elles chapeautent une dizaine d’utilisatrices possédant environ une trentaine de tables chacune et qui partagent les frais courants (comme l’eau – on ne récupère pas l’eau de pluie car elle est acide et brûle les plantes – compter environ 50 000 cfa tous les deux mois). Dans le quartier, le CFD a donné l’exemple, et de nombreux habitants ont installé des tables sur leur toit. D’autres ont aidé à sécuriser et embellir l’endroit. L’espace est optimisé et diversifié avec des poulaillers installés sous les tables. Au regard de la forte consommation de menthe dans le pays (vendue 100 cfa la botte, la production est en grande partie vendue dans le quartier aux habitants qui viennent l’acheter sur place), c’est ce qu’on trouve en majorité sur les tables, mais pas que. Cela ne suffit pas pour vivre mais c’est un bon complément de salaire.

Dans ce centre, on utilise autant le compost que l’engrais.

 

CENTRALE D’ACHAT DE CAMBERENE

La centrale d'achat a été mise en place pour résoudre les problèmes d'approvisionnement en intrants. Pour que les utilisateurs trouvent ce qui leur est nécessaire.

Site aménagé avec 2 conteneurs (20 et 40 pieds) : 1 espace bureau et 1 magasin pour stocker les intrants : balles riz, sac arachides, bâches, engrais à partir desquels ils font les bouteilles de micro et macro.

 

 

ACRA

 

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Dans les locaux de l’ONG italienne à Sacré-Cœur, nous avons été reçus par Mr Mamoudou DENFAKHA, coordinateur du projet Dakar-Milan. ACRA intervient au Sénégal depuis trente ans. Notre guide, le formateur Pape GUEYE, est un acteur clef sur le terrain. Concernant ce projet de micro-jardin, l’Ong donne une orientation à ce projet. « Le primordial est le contact avec la population pour développer ce projet dont le 1er objectif est d'aider les populations à se nourrir, la production de légumes étant essentielle dans la composition des repas. C’est dans ce contexte que la vulgarisation de la technologie des cultures hors-sol a été lancée ».

 

D'autres villes africaines s'intéressent à ce projet et sont venues voir Dakar. « Ici on développe ce savoir-faire et on fait la promotion de l'agriculture et l'horticulture Péri-urbaine ». En urbain, on fait de l'utile : on produit des fruits/légumes et on crée des espaces verts.

 

ACRA intervient dans le secteur de la sécurité alimentaire. Ils ont apporté leurs connaissances et ils ont formé depuis 2006, en 3 phases :

  • · 2006-2007 (vulgarisation de la technologie)
  • · 2008-2009 (poursuite formation et promotion des produits en micro-jardins) : produits frais et sains
  • · 2013-2016 (approvisionnement des produits)

l’Ong espère bientôt une 4ième phase. Peut-être sur le thème du compostage, la disponibilité d'espaces libres étant la plus grande difficulté.

 

Concernant le compostage :

Au Sénégal, le projet devrait s’élargir cette année à Mbao avec la mise en place d’une très grande unité de compostage (la première du Sénégal) dans la forêt primaire.

Aujourd'hui on pourrait utiliser les déchets verts et les déchets ménagers. L'objectif est de produire du compost  en quantité pour les utilisateurs. L'idée est d'utiliser pour commencer les ressources naturelles de la forêt. Un centre de tri des ordures ménagères est aussi envisagé à MBao.

 

CUISINE ET MICRO-JARDINS

Nous avons rencontré dans un centre de formation un cuisinier venu s’approvisionner en herbes aromatiques avec comme objectif de mettre en place dans son restaurant un micro-jardin.

Cela fera l’objet d’une prochaine interview.

 


 

 


 

+ d’informations et de lecture :

CFD Dakar : présence des formatrices de 9h-17h du lundi au vendredi

 

Ateliers de formation – FAO : http://www.onusenegal.org/An-informative-workshop-on-compost-and-vermicompost-proposed-by-FAO.html

http://www.sudonline.sn/sensibilisation-aux-technologies-de-compostage-et-de-vermicompostage_a_28742.html

http://www.commodafrica.com/04-03-2016-dakar-plus-de-8-000-personnes-formees-au-microjardinage



11/09/2017
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