Une vie en Afrique

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Les larmes dans les poches, pluie et soleil, la scolarité à quel prix ? Mai 2009

Les larmes dans les poches, pluie et soleil, la scolarité à quel prix ?


Retour et départ de la pluie. Une semaine d'eau tous les jours, des orages étourdissants, et l'espoir grandissant que les coupures hebdomadaires seraient moins importantes. Mais bien entendu, il n'en est rien ; on dit que les barrages sont vides, et la situation préoccupante jusqu'en décembre prochain ! Mince, nous qui espérions une accalmie après la saison des pluies qui devrait arriver d'ici trois semaines, alors on a tout faux. C'est la première année que cela arrive, évidemment, c'est pas de chance ! La recherche d'un groupe électrogène était infructueuse (nous sommes sûrement les seuls à ne pas avoir anticipé, tout a été acheté - ou est bloqué aux douanes, et pour le peu qui reste les prix ont été multipliés au moins par deux). Fabien court les petites boutiques en cherchant la perle rare, le petit 2 kva qui nous permettra de palier au manque de la société éthiopienne d'électricité. On attend encore ...

La fin du mois de mai s'avère moins compliquée qu'on pouvait le penser alors que j'avais bien trop souvent "les larmes dans les poches" (pour reprendre la jolie expression d'une copine italienne). Les larmes, ça sèche. Mais la méchanceté des gens reste, ça c'est certain. Pour être moins fragile, on  refoule les idées noires, on pense à autre chose, on cherche un point d'ancrage. J'ai décidé de préparer un CAP de photographie. Pour m'occuper aussi. A la prochaine rentrée. Et je me suis rendue compte que je n'étais pas si asociale que ça, et que d'autres personnes aussi ressentaient la même chose que moi.

Aujourd'hui, nous avons été relancés sur internet pour participer aux prochaines élections des représentants des Français de l'étranger. Les députés promettent d'améliorer les conditions de scolarisation des enfants du lycée Guebre Mariam (entre autres). Moi je la connais la situation, eux certainement pas. En tout cas, ils n'ont pas l'approche que nous autres, parents d'élèves, pouvons avoir ici, ils n'ont que des rapports administratifs. Peu glorieux en ce moment d'ailleurs. En plus d'un enseignement médiocre, les frais d'écolage augmenteront de 27% à la rentrée prochaine pour combler un déficit de 4 000 000 de birs (entendez environ 40 000 $). La faute à l'AEFE à ce qu'on dit (qui taxe de 6% les établissements à partir de cette année), et à l'inflation. Ou à la mauvaise gestion économique du lycée, au désengagement progressif des états Éthiopiens et Français et à la différence plutôt "injuste" des frais de participation (les français et les étrangers payant entre 2.6 et 2.8 fois plus cher que les éthiopiens qui représentent cependant + de 70% des effectifs). Le proviseur a tenté de justifier cette augmentation, de toutes les façons nous n'avons pas le choix, il faudra payer. Aucun des partis n'étaient satisfaits et les conditions de réunion étaient particulièrement médiocres du fait de la traduction en éthiopien de tous les propos échangés. Ça cloche, je trouve, dans un Lycée français, qu'on ne puisse pas s'exprimer en français, justement ! La moitié du temps de cette réunion était donc consacrée à la traduction, rien que ça ... alors que les éthiopiens en jouent car ils sont bien souvent bilingues. On perd son temps. Payer plus, oui, mais au moins que cela en vaille la peine. Au lieu de ça, moi je sais que ma fille ne fera pas sa prochaine rentrée scolaire en maternelle GS au Lycée, car je l'en retire. Anonymat, mauvaise éducation, mauvaise ambiance, et j'en passe. J'estime que son année aura été particulièrement désastreuse : Coline n'a rien appris de spécial, ne s'est faîte qu'une copine de classe (une française), se dit très souvent embêtée et chahutée, se ronge les ongles depuis peu et ne parle plus correctement (elle s'exprime par onomatopées et ne construit pas de phrases). Quant à mon fils, qui devrait avoir un instituteur éthiopien ou étranger (formés au lycée) l'année prochaine (mon dieu !), j'envisage fortement de l'inscrire au C.N.E.D pour suivre de plus près sa scolarité.

On se questionne encore, en cette fin du mois ; pas les mêmes sujets, certes, mais ça ne s'arrange pas ...

 

Nathalie GUIRONNET

23 mai 2009

 

 



23/05/2009
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