Une vie en Afrique

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Le OFF : de petites pierres pour suivre le chemin

Vu le nombre exponentiel de manifestations en marge du IN de la Biennale, il est évident qu’il va falloir faire un choix très serré, il est manifestement impossible de tout voir et de tout apprécier. Néanmoins, il paraît justifié de procéder à des visites par quartier. Ayant précédemment pu apprécier l’exposition sur Ousmane SOW à Eiffage en zone industrielle (61), et visiter le Village de la Biennale (du IN, qui, soit dit en passant, m’a globalement plutôt déçue), j’ai choisi de me lancer dans un marathon du OFF qui n’engage que moi.

Bien qu’ayant suivi une première année de DEUG en histoire de l’art, et pratiquant la photographie, je peux dire que je suis pratiquement néophyte dans le domaine de l’art, mon sens critique peu aiguisé (ou pas encore acéré !) ; c’est donc sans préjugé que je me laisse guider par les émotions que susciteront les œuvres d’art présentées.

 

C’est partit pour mon marathon du OFF. J’ai quand même opté en premier choix pour les expositions de photo, avant d’aller vers les autres formes d’arts que je ne connais pas : il faut bien commencer par quelque chose et j’ai choisi le quartier du Plateau.

J’ai été agréablement surprise par les installations en place à l’Hôtel de ville (12 & 13) : Soly Cissé et Seriñ Ndiaye nous plongent l’un dans un univers onirique et futuriste en métal, l’autre dans le passé avec sa « chambre des 50 ans ».

Pas loin, un détour s’impose à la Galerie Nationale : c’est du côté IN qu’on s’arrête rapidement cette fois pour découvrir Moustapha DIME, une exposition qui mériterait qu'on fasse plus de bruit sur un sculpteur utilisant joliment le bois flotté entre autres matières.

Encore plus près, la Galerie le Manège (16) rue Parchappe accueille les visiteurs pour une exposition sur les tissus qui ne m’a pas trop inspirée : je ne suis pas hermétique au sujet mais là je dois dire que je suis bien vite passée … Pas grave, un dernier arrêt sur Sarrault à l’école de formation hôtelière (18) : rapide alors, vraiment très rapide (taf taf ) et encore moins inspirant, surtout après un accueil trop inquisiteur au portail du même institut

Bref, je change de quartier et me laisse alors  tenter par un incontournable du IN : le musée Théodore MONOT et le pavillon des artistes internationaux. Un jardin de sculptures toutes plus intéressantes les unes que les autres, et à l’abri du mauvais temps mais pas des regards, un pavillon riche d’œuvres plus belles les unes que les autres. Un souvenir inoubliable pour les yeux …

Requinquée par tant de jolies choses, je me dirige ensuite vers l’Institut Français (26) rue Gomis où je n’ai qu’une hâte, voir le Studio des vanités de Omar Victor DIOP. Et là, grande grande déception, après avoir fait le tour deux fois, je me décide à interroger le secrétariat qui me confirme ce que je redoutais tant : animation arrêtée depuis la veille. Je bouillonne de rage, quoi, j’ai sans doute mal lu, je saisis un programme et regarde et là, pourtant, la date du 08 juin est bien écrite sous mes yeux. Déçue, je quitte l’Institut, je me régalais d’avance et au contraire je sors me défouler et battre le pavé. Et bien, autour de l’Institut, il est intéressant de passer à la librairie Athéna (33) où Ibrahima THIAM expose une belle série de photos sur les ombres, à la B.E.A.D (41) où l’on verra les beaux dessins de Félicité CODJO (entre autres), l’occasion de découvrir cet immeuble joliment décoré (je vous conseille l’ascenseur à l’aller et l’escalier au retour !) ; une petite halte au Big Five (40) permettra à la fois de se restaurer et d’observer une série photographique sur la décharge de Malika, et enfin une visite à l’Epicerie (39) s’impose pour admirer les jolies photos urbaines de Pascal COMMOVICK sur le thème de New-York. Si vous n’êtes toujours pas fatigué, on change de coin pour aller sur la corniche Est à l’hôtel Sokhamon (53 et 54) où deux autres expo photos ont retenu mon attention, celles de Jean-Claude THORET sur « L’enfer de Fogo », et celle de Gil MADEIRA sur « La mécanique des Sols ».

 

Allez, on continue et on s’arrête sur le chemin du retour au Théâtre Daniel Sorano, où des artistes exposent avec la fondation Give 1 Art Project (mais ce n’est pas précisé sur le programme).

Direction : Point E, à la galerie AGORA (122), mon amie Marielle présente sa collection Marimika, et Béatrix JOURDAN expose de très jolies photos, déjà vues ou pas, mais présentées de manière plus étudiée dans de petits cadres photos. Non loin, un stop obligé au MUST pour admirer les planches de dessin de Lamine DIEME sur la Casamance, une jolie série en noir et blanc sur la vie de Aline Sittoe Diatta. Enfin, vite vite un arrêt au Just4 you (115) pour voir les photos de Malika DIAGANA, et à l’université, côté IFAN (110) pour découvrir les créations photographiques de Betty WEBER. A voir très certainement !

Vers Ouakam et Mamelles, je me suis arrêtée au Samu Social (166) pour l’exposition « Un autre regard », je pensais y voir de la photo mais du pas tout, j’ai cependant eu l’occasion d’apprécier le travail de Daouda NDIAYE, et d’en apprendre plus sur l’engagement du Samu dans l’éducation des enfants de la rue, et grâce à qui des talents émergent comme le jeune sculpteur Abou BARRY.

Assez proche, le réservoir d’artistes The Art House (167) accueille Marie JAMPY et sa série sur les sappeurs congolais, et Angela GRASSER a également retenu mon attention avec son installation d’horloges ; les autres artistes sont tout autant remplis de talents alors n’hésitez pas ça en vaut le détour.

Enfin, parce qu’il fallait bien achever cette journée, et parce que je venais de me faire rabrouer au Alkimia (177) - car, il faut le savoir, leur expo du OFF de la Biennale n’ouvre qu’aux heures des repas, mais  comment peut-on autoriser de telles énormités et utiliser comme appât des œuvres d’art pour vendre des repas - à 19 heures passées j’ai tenté ma chance et je me suis arrêtée chez Véronique (176) pour y voir les expositions photos de Rosalie CROFTS et Tom MARTIN, deux talents installés au Burundi qui nous font découvrir à travers des photos douces aux couleurs tendres deux univers différents.

Voilà, une journée bien remplie, riche d’enseignements, avec du bon, et du moins bon, mais l’art est tellement subjectif que je ne vais certainement pas décrier les uns pour proclamer les autres ! A vous de vous faire une idée, secouez, piochez, visitez !

 

 

(à suivre)



27/05/2014
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