Une vie en Afrique

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La cérémonie du café éthiopien

Le cérémonial du café

Créé en mars 2010, mis à jour le 15/12/10

 

http://www.theworld.org/2010/09/10/ethiopian-coffee/

http://www.washingtoncitypaper.com/blogs/youngandhungry/2010/12/08/enjoying-coffee-the-ethiopian-way-home-roasting-with-incense/

 

L'histoire de l'Ethiopie et du Yémen est étroitement liée à celle du café, notamment à partir du XVième siècle au moment de sa découverte par des musulmans qui vont ensuite le transporter et le commercialiser au Moyen Orient puis en Europe (vers la fin du XVIIIième siècle). D'abord prohibé pour les chrétiens, jusqu'au XIXième siècle (boire du café était considéré comme un acte de conversion), c'est l'empereur Ménélik, pour résister aux tentatives coloniales (l'Ethiopie était alors un état chrétien aux périphéries musulmanes), qui va unifier son pays autour de cette boisson grâce au banquet impérial. Boire du café devient un acte politique, autorisant et encourageant enfin la popularisation du café et son partage entre musulmans et chrétiens éthiopiens. Le café entame ainsi son essor commercial hors de l'Ethiopie.

Le rituel du café a donc été mis en place assez rapidement vers le XVIième siècle notamment dans les cercles religieux musulmans.

Boire du café en Ethiopie, dans les nombreux cafés, n'entraîne plus de cérémonie particulière. Le rituel est réservé au cercle familial ou touristique, notamment au sein des restaurants et dans le hall de certains grands hôtels internationaux.

Le rituel

- des herbes coupées sont déposées sur le sol pour recréer un espace sauvage ou tapis vert rappelant le lieu où vivent les esprits agrestes et les accueillir ainsi à ce rituel.

- les ustensiles : de petites tasses sont disposées sur une tablette, puis un brûloir à encens est posé au sol rempli de charbons ardents. L'encens dégage des vapeurs (fumigations) sensées purifier l'air ambiant.

- pendant la mise en place, on propose aux invités des céréales grillées dans un petit panier plat (pop corn, mais pas seulement).

- les grains de café verts sont alors lavés à l'eau avant d'être rissolés avec un peu de gras dans une poêle sur un petit brasero : le café grillé est présenté aux invités dès qu'il dégage des arômes, pour avis de ces derniers. Quand les grains sont suffisamment cuits, ils sont ensuite pilés puis versés dans de l'eau bouillie sur trois pierres de foyer et enfin dans la cafetière (appelée aussi « Jebena ») en terre cuite à bec (aussi appelé téton – certaines cafetières sont à deux becs : côté mystique).

- le café est bouilli plusieurs minutes. On laisse monter à ébullition plusieurs fois le café puis on le laisse se poser. Au bout de la troisième fois, on laisse le marc se poser et au moment de servir on relève le goût du café. Traditionnellement, on utilisait le sel. Mais également du miel, du piment, de la cardamone, du gingembre, de la cannelle ou du clou de girofle, ou encore, mais beaucoup plus rarement, des feuilles « abortives » appelées aussi 'santé d'Adam'. De nos jours, on rajoute aussi du sucre.

- dans les cercles religieux, chez les musulmans, on donne la bénédiction avant (souvent une improvisation poétique) pour dispenser les bienfaits du divin (c'est ce qu'on appelle « la baraka »).

- le café est enfin servi selon les règles de la bienséance, selon la hiérarchie : on commence donc par la personne la plus respectée, puis, par tout un jeu de politesses, chacun des convives prend sa tasse.

- quand la cafetière est vide, on y remet de l'eau puis on bout une deuxième fois afin d'obtenir une décoction plus légère qu'on va resservir aux invités de marque avant d'en proposer à ceux qui n'en n'ont pas eu la première fois.

- enfin, on remet de nouveau la cafetière à bouillir pour une troisième et dernière fois, et l'on ressert selon les mêmes codes. Cette séquence ternaire a été élaborée par les musulmans mais on retrouve ce procédé aussi bien dans la préparation du café que du thé, notamment chez les bédouins ou en Afrique sub-saharienne.

La préparation du café se fait généralement à partir des grains de café mais en fait on peut utiliser toute la plante et faire des décoctions plus légères avec les feuilles ou les branches du caféier.

Le café est maintenant universel, quel que soit son mode de préparation. La variété que l'on retrouve en Ethiopie est dite arabica. Elle est plus fragile que le robusta qui se développe surtout dans les zones basses et humides.

Notes tirées de la présentation de Mr ELOI FICQUET, Directeur du Centre Français des Etudes Ethiopiennes



26/03/2010
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