Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Histoires d'aéroports (de passages en partages)

 

Laissez ici et partagez les meilleurs moments, ou les pires que vous ayez vécus dans les aéroports !


Instants volés en aéroports

De passages en partages

 

Créé le 21/03/11

Modifié le : 18/07/11

 

Alors que j'attendais impatiemment mon vol depuis plusieurs heures à Nairobi (celui qui connaît cet aéroport international aura une image bien claire des conditions inconfortables d'attente dans cet aéroport vieillot), et que j'achevais le livre commencé deux heures auparavant, je réalisais, ironiquement, que ce hub kenyan, cet endroit où je passais plus de 4 fois en deux ans et demi, était le plus inaccueillant et inhospitalier que j'avais jusque là fréquenté. D'un œil moqueur (finalement il ne reste plus que ça pour s'occuper), j'observais les centaines de personnes autour de moi et j'imaginais ce qu'elles pouvaient bien penser, imaginer, où elles pouvaient bien aller, et là, un carnet dans les mains, je commençais à écrire les premières lignes d'un « billet » dédié à ces lieux de passage qui reçoivent chaque année des millions de visiteurs de toutes origines et de tous milieux. Religieux, couples amoureux, groupes d’amis, familles, bavards ou endormis, web-accro avec son ordinateur sur les genoux ou un paquet de bonbons dans les mains, en boubou, en habit de prière, ou en short, toutes nationalités confondues se rencontrent en un même point commun à tous les pays : l’aéroport.

 

Et là, à Nairobi, alors qu’à l’heure de pointe il n’y a pas assez de sièges, que les passagers sont assis partout et n’importe où (issues de secours, plinthe des murs, café-restaurants), des groupes épars n’ont d’autre alternative que de circuler en attendant qu’une place se libère, ou de profiter du duty shop. On rentre, on sort, on passe à côté. Le téléphone ne fonctionne pas toujours, la presse est uniquement anglophone, les prix ne se marchandent pas !

Je ne sais pas vous mais je pense que nous réagissons tous de la même façon quand on a du temps à perdre et plusieurs heures de transit à occuper. On se regarde, on s’observe, on abandonne puis on revient, et on essaie d’écouter un peu ces langues obscures, on tente de les comprendre à l’air idiot ou excité de celui qui parle. Arabe, indien, anglais, allemand, c’est tout un monde à part que l’on ne côtoie que rarement d’habitude. Parfois on se demande ce que ces gens font là, quelles sont leurs motivations, si leur voyage débute ou va vers sa fin, et sous les cils blonds de ce jeune homme lisant son livre on sourit de voir que lui aussi corne sa page. Cette fillette qui boit à la bouteille fait comme nos enfants, et elle s’ennuie autant que les nôtres.

L’aéroport c’est d’abord un espace d’échanges et de rencontres, de départs et d’arrivées. Un endroit animé, où une femme africaine crie au téléphone en français alors qu’une autre chipote sur l’assiette qu’on lui sert, où un groupe de jeunes filles tente d’utiliser un distributeur de boissons défaillant qui rend des pièces contre des billets ! Un fou rire crispé, puis incontrôlé et contagieux, les filles s’entêtent et la scène, plutôt rigolote, détend l’atmosphère qui s’échauffe. Là, une enfant pleure et refuse d’aller aux toilettes car la cuvette est sale, et toujours, toujours, beaucoup de monde assis par terre. Certaines personnes sont endormies, des enfants dans les bras. Les sièges occupés grincent ou bougent au moindre mouvement, basculant d’avant en arrière en laissant la mauvaise impression que l’on va en tomber ! Certaines personnes n’osent même pas aller aux toilettes de peur de lâcher la place qu’ils ont mis tant de temps à trouver ! Alors on s’entraide, ici on garde un sac, là un pull, et c’est ainsi.

L’aéroport est un lieu de vie, un lieu de conflit parfois, où la promiscuité n’est pas toujours bien comprise. Corridor bruyant, sol sale, énervement et fatigue, c’est un endroit stressant, dans lequel les gens courent, en retard, ou inquiets, et cherchent, s’arrêtent un moment avant de repartir, bref l’aéroport est un lieu bouillonnant d’activité une bonne partie de la journée. Annulations de dernière minute ou surbooking, cris, menaces et promesses, on s’arrête à certains comptoirs engorgés, et on prie (on ne sait qui) pour que notre vol à nous ne subisse aucun aléa de ce type là. Ces pauvres gens, laissés sur le carreau, perdent une journée de voyage, peut-être plus. Quand ce ne sont pas les évènements climatiques qui empêchent les avions de décoller, cloués au sol par la neige ou un volcan islandais. Quand ce n’est pas une grève qui interrompt votre voyage, et que vous êtes irritée, bloquée en plein hiver sans vêtement chaud, très agressive contre le personnel de la compagnie qui vous annonce que votre vol à vous est annulé alors que le prochain part mais qu’on ne peut pas vous recaser parce que le vol est plein, et que votre mari s’efforce d’expliquer doucement que vos trois enfants ne supporteront pas cette situation plus longtemps après 8 heures de vol et plusieurs heures d’attente déjà !

 


Casablanca : le pire transit de notre parcours !

 

Bloqués en pleine nuit dans la capitale économique marocaine, la compagnie, après deux heures d’attente et de plaintes, finit par proposer un hôtel pour y passer les dernières heures de la nuit alors que tremblants de froid, sans veste, nous attendons à l’extérieur de l’aéroport le car qui finalement ne vient pas : il faut traverser l’immense parking avec huit bagages sur deux charriots et trois enfants épuisés presque endormis retenus par la faim : il est 23h et nous n’avons rien mangé. A l’hôtel, mon mari menace le comptoir de réservation qui au départ ne nous propose qu’une chambre pour 5, et aucun repas. Finalement, deux chambres à deux étages différents, aucun groom pour nous aider, et une chambre sale qu’il faudra changer, il est minuit passé quand on obtient enfin le droit à un repas, et il faudra se lever à 5h pour prendre le car à 6h (et de nouveau trimballer 8 valises à pied !) et attendre un reclassement sur un autre vol, avec la perte d’une valise (vide heureusement !) à l’arrivée qui finalement sera livrée la veille de notre retour au Congo ! Mauvais accueil, aucun moyen de téléphoner à l’aéroport, un jour de perdu et des grèves à l’arrivée, un bien mauvais souvenir cette année-là !

 


Dans l'aéroport

 

On voit passer de tout, des gens comme vous, et moi, mais aussi des orignaux, des excentriques, des à moitié fous, de tout dont :

- la folle-dingue qui vocifère et insulte en anglais les personnes qui lui indiquent où se trouve l'escalator (ce qu'elle demandait) !


 

En salle d'enregistrement

 

Frustration, queues à rallonge, et tapis roulant des bagages en panne, il arrive que le départ ne soit pas de tout repos. Et quand le dépôt de bagages doit se faire au comptoir Hors-gabarit, il y a alors double file d'attente, et c'est la cohue, d'autant que les bagages sont scanés et que les douaniers n'hésitent pas à ouvrir à les ouvrir (expérimenté à Cayenne) ! Et puis il y a ceux qui ouvrent et répartissent le contenu des différents bagages qu'ils ont apporté (trop de kilos, mal répartis) et, plus insolite et moins gênant, ceux qui 'squattent' les comptoirs vides pour peser leurs bagages avant l'enregistrement ! 

 

Le type énervé tirant derrière lui un sac sur roulettes qui va de travers : il s’énerve, tire trop, le fait tomber, peste, le ramasse, le soulève et le porte … Là, on est vache, et on rigole un peu, ça détend l'atmosphère de voir les autres aussi stressés ou énervés que nous !


En salle d’embarquement

 

Le lieu où l’on se déshabille la plupart du temps pour accéder au dernier point de non-retour : veste, montre, chaussures, ceinture, et les poches que l’on vide, l'ordinateur que l'on doit différencier, un passage obligé qui systématiquement agace, et où l’on doit jeter sa bouteille d’eau, ou d’alcool parfois, ou un petit objet oublié mais interdit. Un bruit insolite en passant sous le portique électronique, une fouille au corps aux Emirats pour une baleine de soutien gorge, ou des sacs qu’on vide et des épaisseurs de vêtements qui s’accumulent parfois sur nous pour décharger les valises, d’hurlements hystériques en colères opportunistes à Shanghaï, c’est le soulagement quand on a passé ce dernier check-point, certains contrôles pouvant tourner à l’enfer ! Il arrive même qu'on y oublie ordinateur portable et vestes ... Il arrive aussi de voir certaines personnes prendre le contre-pied et notamment, entamer et boire la bouteille d'alcool qu'il doit laisser !

Quand, enfin, on a passé le contrôle et la salle d’embarquement, assis par terre (par manque de siège et parce qu’on a retardé jusqu’au dernier moment le passage dans cette salle sans toilettes ni rien à manger ou à boire et que tout l’avion attend au même endroit!) et à l’affût de la moindre annonce (dans certains pays il n’y a pas de « screen »), et quand enfin on passe le tout dernier contrôle et qu’on pose le pied dans l’avion, on décompresse soudain.


 Dans l'avion

Et pourtant, il nous reste encore suffisamment de force pour trouver notre siège (et là, surprise, on n’a oublié de faire attention au guichet d’enregistrement et notre famille est dispersée sur plusieurs rangées), et pour rouspéter parce qu’il n’y a plus de place dans les porte-bagages (certains passagers n'hésitent pas à placer, sans demander l'autorisation, leur bagage derrière ou sur les équipements de sécurité placés derrière certains sièges), et pour nous assoir, fatigués, en laissant la ‘gentille’ hôtesse démêler l’imbroglio et regrouper les enfants avec les parents !

Encore un peu de courage et une fois assis on regarde autour de soi : il est là notre voisin préféré, vous savez, celui qui est légèrement en surpoids et qui, quand il prend appui sur son siège, vous fait tanguer, ou encore celui qui a la bougeotte et qui fait tressauter ses jambes pendant plusieurs heures, celui qui siffle mignonnette sur mignonnette, ou enfin celui qui regarde les dessins animés toute la nuit, on en a déjà ras-le-bol au bout des 30 premières minutes ! Il y a aussi La fille trop pressée, celle qui est dans la file du couloir de l’avion, et qui n’hésite pas à piétiner les pieds des gens pour récupérer son bagage deux mètres devant, avant de revenir prendre sa place, et qui n’est pas gênée du tout de taper tout le monde avec son gros sac en bandoulière alors qu’une de ses mains tient un téléphone hurlant ! Si, si, c’est du vécu …Ou encore le voisin 'mal-embouché' qui vous envoie balader quand on lui demande l'heure. Et cette femme plutôt 'en formes' qui prend ses aises à côté et s'étale de tout son long, alors que notre siège est trop couché et qu'on commence à avoir mal au dos ! Ici, un bébé crie, là un enfant écrase la petite plaquette de beurre du plateau repas sous ses fesses (et oui, il s’est assis dessus !), et puis, manque de bol, on n’est pas bien loin des toilettes et le va et vient incessant, et les odeurs, ça on le promet, c’est terminé, on fera mieux les prochaines fois ! Sauf que les autres fois on oublie, et rebelote, on en reprend pour un tour ! Enfin, il y la personne qui comprend rien, qui n'écoute pas, et qui allume son téléphone à bord pour appeler ou consulter sa messagerie, avec la petite musique Nokia qui le fait bien ... Tout arrive dans les avions, et encore, ça c'est pas grand-chose, ça fait rire maintenant.

Si on devait faire une liste des endroits à proscrire (fenêtre, toilettes, etc), on ne s’en sortirait plus ! Quand on ne peut pas dormir, on veille, bien obligé, et quand on peut, on continue à voyager en regardant quelques films, quelques commentaires, et on apprécie ainsi les dernières technologies de nos ‘avions bien aimés’ ! Enfin, on mange, mais sur certaines compagnies il s’agit plus de rhétorique qu’autre chose, et pour la forme on goûte avant de retourner la tourte au poulet ou le pudding du plateau ! Voyager, c’est aussi de l’imprévu, des surprises, et puis ce n’est pas toujours frustrant ou barbant.

Et l’imprévu peut se présenter à minuit, ou à n’importe quelle heure, alors qu’il reste une heure d’attente pour passer les formalités d’arrivée à l’aéroport international Bolé d’Addis-Abeba, alors que des femmes voilées se retrouvent confrontées à un contrôle d’identité (pas facile quand on ne voit que les yeux) ! La petite dernière s’assoit de sac en sac, à moitié endormie, avant qu’un regain d’excitation ne la réveille et la rende impossible, complètement décalée puis refusant de s’endormir ! L’imprévu, au contraire, c’est peut-être aussi personne au comptoir et un agent particulièrement performant qui, souriant malgré l’heure, vous rend rapidement vos passeports ! Ou au contraire un accueil un peu trop musclé à l'arrivée à Paris, et contrôle sur contrôle avant de parvenir enfin en hall d'arrivée !

 

Kenyatta à Nairobi, Roland-Garros à St Denis ou Charles-de-Gaulle à Roissy, aéroports aux noms mystérieux synonymes de grandeur, de magie, de voyage aussi. Air France, Royal Air Maroc, KLM, Emirates, et toutes les autres compagnies aériennes, qui nous emmènent d’une ville à une autre, d’un saut de puce ou d’un pas de géant l’on parcourt 500, 3 000 ou 12 000 kms. On change de continent, de pôle, de vie.

 


A l'arrivée

Les gens qui poussent le cadi contre nos talons, sans s'excuser (ça va de soi), ou ceux qui passent devant nous, l'air de rien, dans a file du scan bagages, c'est fréquent bien sûr, et injuste pour ceux qui prennent la peine de faire la queue et de respecter les autres.

C'est, selon les aéroports, un champ de batailles dont on ressort fatigué, énervé, rincé, et content d'en échapper bien sûr !!

 


Ce récit est un amalgame de petites histoires accumulées en deux ans et s'étoffera au fur et à mesure de nos prochains voyages ! 


 Nairobi

- c’est comme ailleurs, si l’alcool n’a pas été acheté sur place on risque de vous le retirer !

- à priori il est interdit de fumer mais on peut négocier avec les employés du terminal !

- une salle de jeux pour les enfants, sale, mais elle a le mérite d’exister !

 

A Nairobi, on jongle avec la monnaie : on peut notamment payer en shilling un article en dollar et se voir la rendre monnaie en dollar également, ou en shilling, comme on veut !

Plus de sièges, les boutiques ont changé.

 

 

Dubaï

- propre

- trop long !

 

Addis-Abeba

- moderne et spacieux

- files d'attentes à l'arrivée pour les résidents trop importante



21/03/2011
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