Une vie en Afrique

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Focus sur Madagascar / un article proposé par Mélanie

Voyage culturel à Madagascar : focus sur le « Famadihana »

 

Le « Famadihana », exhumation ou encore retournement des morts est un rituel funéraire faisant partie des richesses culturelles de Madagascar. Cet événement a pour objectif de rendre hommage aux ancêtres. Bien que cette pratique est en régression depuis quelques années à cause des crises économiques et de la religion, ce rite spécial a été décalé peu à peu vers les zones rurales pour les hauts plateaux. Cependant, il se déroule autrement dans les autres régions. Si vous avez de la chance, vous aurez la possibilité d'assister au Famadihana lors de votre séjour à Madagascar, notamment entre le mois de juin et octobre.

 

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© 38000 Km

 

Les origines du Famadihana

Le Famadihana a été pratiqué depuis la nuit des temps. Il est en effet le prolongement de l'ancienne pratique « doubles funérailles » du temps de l'Asie du Sud-Est ancien, le Proche-Orient ancien et l'Égypte antique. Pour les Malgaches, le Famadihana est une tradition qui vise à respecter les ancêtres. Pour eux, bien que le corps d'un défunt repose dans sa tombe, son esprit est toujours présent parmi les vivants. Les aïeux veillent sur leurs descendances.

 

Les ancêtres ou encore les « razana » transmettent souvent leur message à un membre de la famille par un rêve, selon qu'ils ont froid et ont besoin de couverture. La famille se réunit après cela pour fixer le moment propice pour l'organisation de l’événement assisté par un sage du village, un « Mpanandro » ou devin. Il faut quand même savoir que selon la famille, le Famadihana se déroule tous les 5, 9 ou 10 ans pour l'ethnie Merina des hauts plateaux. Si vous réalisez un voyage à Madagascar (cliquez ici pour trouver une spécialiste de voyage à Madagascar) durant l'hiver, vous pourrez sûrement en assister ou même être invité par des familles.

Le déroulement du rituel

Une fois la période de la réalisation de l'exhumation fixée, toutes les descendances du défunt cotisent pour l'organisation des festivités. Les préparatifs débutent par le lancement des invitations, recherche de musiciens et préparation de repas somptueux, généralement constitués riz rouge ou blanc et de viande de porc et zébu, le tout très gras. Il ne faudra pas oublier que le rhum sera également au rendez-vous. Le jour J, le Famadihana débutent par un banquet de deux jours au minimum qui rassemble la famille du défunt, les voisins et les amis proches, environ plus d'une centaine de personnes.

Si le rituel concerne plusieurs défunts, leurs familles, amis et voisins seront présents à l'événement. Tous sont conviés à apprécier le festin. Des discours ou « kabary » seront prononcés pour évoquer des souvenirs de la vie du défunt. Des musiciens traditionnels appelés également « mpitsoka mozika » animent également les festivités avec des instruments traditionnels. Au moment de l'exhumation proprement dite, tous se dirigent vers le caveau familial pour retirer le (les) corps du (des) défunt (s). Une fois sortis, les corps des ancêtres sont portés par les descendants tout en dansant et chantant au rythme de la musique jouée par les musiciens. Ils seront ensuite enveloppés dans de nouveaux linceuls. Après ce rite appelé « Famonosana », les corps des défunts seront portés de nouveau sur les épaules de leurs descendances dans la joie. Souvent, avant que les corps soient mis dans le tombeau, ils doivent faire sept fois le tour du tombeau. Une fois le tombeau fermé, il ne sera rouvert que lors du prochain Famadihana.

 

 

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© 38000 Km

 

 

Un article écrit par Mélanie (www.38000km.com)

 

 



13/04/2017
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