Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Festigraff_rencontre avec des graffeurs_Dakar 2013

 

 

 

 

La quatrième édition de FESTIGRAFF s'est achevée le 20 avril dernier. 1er festival international de graffiti en Afrique, il attire de nombreux artistes tant sénégalais qu'étrangers (France, Suisse, Allemagne, Bénin, etc.) et tend à promouvoir l'art urbain auprès d'un public peu averti à cette forme d'art. L'association à l'origine de cet évènement est gérée localement par Docta (artiste graffeur multi étiquettes), assisté de Pape, étudiant en communication. Il nous explique que Festigraff labellise maintenant des opérations artistiques à l'étranger. Une bonne partie de l'année est nécessaire pour organiser cet évènement, et l'association gère en parallèle GRAFF et SANTE, une opération qui permet de sensibiliser la population à la propreté et aux problèmes de santé.

 

http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=27827:4-eme-edition-du-festigraff-lart-urbain-sempare-des-quartiers-de-dakar&catid=157:culture&Itemid=109

 

http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=21670:3eme-edition-l-graff-et-sante-r--les-artistes-sensibilisent-sur-lhygiene-et-lenvironnement&catid=157:culture&Itemid=109

 

Invitée à l'occasion d'une journée de graff sur un mur de l'autoroute de Dakar, c'était l'occasion de rencontrer des artistes étonnants et de découvrir un milieu bien à part, tranquille, organisé. D'autres "performances" ont permis de se familiariser avec le graff pendant toute la durée du festival (notamment à la Biscuiterie de Médina, à l'Institut français) ainsi que des workshops mis en place pour les professionnels.

C'est Massamba qui le premier s'est prêté au jeu de "l'interview" surprise : étudiant à l'école nationale des arts (formation en 5 ans), il prépare un mémoire sur les graffitis qu'il doit défendre l'année prochaine. Il nous explique que l'art de rue n'est pas un art "académique", à l'école on ne permet pas de développer cette forme d'art car il est caractérisé par la déformation et une surcharge de couleurs. On leur demande de maîtriser les techniques courantes et sa liberté en matière de graff est plutôt restreinte. Il s'est rendu compte qu'aucun travaille de recherche ne portait sur cet art au Sénégal. L'année dernière, Massamba avait participé au festival en tant qu'artiste, cette année il s'est inscrit comme étudiant en recherche. Le graff est fortement apprécié par la population locale. Il attire l'oeil par ses couleurs et son graphisme, mais le message que l'artiste essaie de transmettre n'est pas toujours bien compris. Esthétique, à revendication politique parfois, le graff porte un message, il habille un lieu. Et généralement, il est d'usage de respecter les lieux graffés et préalablement nettoyés, le graff est plus ou moins garant de la propreté future de l'emplacement choisi. Il nous explique qu'à Dakar on peut s'exprimer assez librement sur les murs, après un accord préalable des autorités compétentes.

Massamba nous explique qu'il aimerait enseigner l'art du graff aux enfants. Plusieurs techniques permettent aux artistes de graffer les murs, à chacun son matériel : brosse, rouleau, aérosol, crayon, etc.

Makhtar (signature : Mat'Art) quant à lui est naturaliste artiste peintre issu de l'école des beaux arts. Il vient exprès de Louga (200 kms de Dakar) pour participer au festival, il a 32 ans, il est heureux d'être là et cela se voit.

 

Après plus d'une heure de retard sur leur planning (les artistes en ont profité pour "croquer" leurs idées sur le papier), plantés sous le soleil de midi, la peinture qu'on attendait est enfin distribuée et les artistes (une vingtaine environ), qui se sont partagés le mur en portions, peuvent commencer leur travail : certains tracent au crayon, d'autres au rouleau, certains encore peignent à main levée. La maîtrise est flagrante, chacun travaille à son rythme, absorbé par ce qu'il fait, et nous observons, de loin. Chacun est libre d'illustrer le thème choisi : environnement et propreté (le thème global du festival : de l'obscurité à la lumière=oser inventer l'avenir). Seuls, ou à 4 mains, voire à 6 mains, les artistes libèrent leur créativité plongés dans le silence ; ils s'expriment uniquement sur le mur, dans leur coin, concentrés sur le message qu'ils désirent faire passer. Petit à petit le mur se colore en fin d'après-midi, opération réussie pour ce Festigraff 2013 !

 

 

 


Contacter l'association : festigraff@gmail.com

 

 



22/04/2013
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