Une vie en Afrique

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En avant la peña bayona_Fêtes de Bayonne 2014_article et galeries photos

Puisque ça faisait au moins plusieurs années que je les évitais (sans doute suite à une indigestion de rouge et de blanc alcoolisé entre 15 et 35 ans), et que mon mari me tannait pour que je l’accompagne, je ne pouvais pas refuser d’y retourner de nouveau. Bien que trainant le pied (en espadrilles blanches évidemment), c’est agrippée à mon appareil que j’ai débarqué dans cette marée humaine aux couleurs basques. Alors que le mois de juillet était particulièrement pourri cette année, il faisait étonnamment beau pour l’occasion, et le début de soirée promettait d’être des plus agréables, du moins des plus agités. Les rues se remplissaient peu à peu, des groupes de tous âges descendant les allées Paulmy où convergaient également les cars et bus urbains et périphériques vers la Place des Basques. A partir de là, tout le monde était à pied. Un grand bol d’air était de mise, avant de s’enfoncer dans les rues étroites bondées. Je n’avais pas trop d’idée de ce que je prendrais en photo, et je ne savais pas comment serait pris l’idée elle-même, mais j’ai été surprise par la spontanéité des ‘festayres ‘ qui venaient souvent d’eux-mêmes demander que je les photographie (petit clin d'oeil à la galerie de portraits ci-dessous, à ceux qui ont joué le jeu, et aux autres, trop absorbés par leur téléphone, par leur verre, ou par leur conversation !). Au Petit Bayonne, ce sont les affiches pro-basques qui m’ont attiré l’œil. Et oui, vous l’avez deviné, ce n’est pas avec un verre à la main que j’ai parcouru la ville, mais avec mon appareil, les yeux grands ouverts sur ce qui se passait au fur et à mesure que nous avancions. De toutes les façons, la sangria et le vin qu’on y boit ne sont pas bons, alors un verre pour la bonne humeur ça va, mais ça s’arrête là ! Au rythme des Magic System ou de Shakira dans une rue, ou au son d’un autre groupe ailleurs, c’était souvent tendu dans les ruelles, on avançait au coude à coude, serrés les uns contre les autres, dans une rue des Cordeliers très encombrée, aux odeurs détestables d’urine et de vin renversé ! Un petit tour au Bar à huîtres aux Halles, puis retour vers la cidrerie TTipia où l’ambiance chauffe, où le cidre vole, où la danse anime les tables. Perruques de toutes sortes, chapeaux étonnants où l’on peut ranger son verre, lunettes aux reflets de toutes les couleurs, cette année on s’amusait dans les rues à arborer des tenues excentriques. Ah, il faut les aimer les fêtes de Bayonne, il faut le vouloir son petit plateau de jambon ou de fromage du pays aux piments, et c’est encore mieux au son des bandas qui animent les ruelles, il faut les suivre et passer ainsi de bar en bar !

Mais voilà, les lumières se sont allumées dans les rues, Bayonne est méconnaissable, le rouge et blanc moins frappant dans le jaune des luminaires. Finalement, il faut sortir de ces rues trop jeunes pour retrouver les bords de quai plus respirables et à l’ambiance encore différente. C’est là que se retrouvent les plus âgés, et les familles, au pied d’un podium, à l’écoute d’un petit concert, où l'on peut prendre le temps de parler, de s'écouter, tout en gardant les yeux grands ouverts pour regarder autour de soi !

Sur les cinq jours que durent les fêtes, il ne faut pas rater la fermeture, le corso qui défile, le feu d’artifice et les adieux au roi Léon. Ce sont les yeux remplis d’émotion que je me suis retrouvée sur la place de la mairie, à l’unisson dans l’attente de tous les bayonnais. Il était minuit, tout le monde était fébrile, et je me suis retrouvée bien vide quand les chants ont cessé et que tout le monde s’est dispersé. C’était fini ….

 

Alors bien sûr je n’ai pas parlé de ces abominables odeurs de pisse que drainait la Nive, me remplissant de tristesse et de colère pour tous ceux qui ne jouaient pas le jeu et préféraient la paresse au respect de la nature ; j’ai oublié de parler de ces jeunes enfants qu’on peut croiser seuls et souls dans les rues, et de ces autres jeunes gens endormis dans les bosquets publics, de cette déchéance qu’on retrouve chez ceux qui ne tiennent pas l’alcool et en profitent pour exhiber leur bêtise. Je n’ai pas non plus parlé des boucliers humains qu’on déploie 24h/24 pour notre sécurité et qui ne sont payés que 17h sur les 24, ni de cette forte campagne de sensibilisation contre le viol aux fêtes de Bayonne, campagne obligée malheureusement. Je pourrais parler d’un tas d’autres choses mais ce ne sont pas ces moments là dont j’aimerais parler.

 

Non, je voulais parler de ceux qui ont déménagé leur maison et installé leur sofa au pied d'une camionnette, pour quelques jours ; de ces instants de pause où l’on prend le temps de regarder cette jolie lumière de fin d’après-midi tombant sur la foule et les foulards accrochés en cordons aux lampadaires, de ces petites crises de fou rire fraternelles qu’on peut avoir avec des inconnus dans la rue qu’on rencontre comme ça, par hasard, de tous les souvenirs qui remontent forcément de là où ils étaient enfouis, riches, tellement riches en émotions, et de toutes ces petites choses qui font que je me sens chez moi quand j’y retourne, alors que je n’y vis plus depuis tellement longtemps. C’est souvent lors de ces occasions-là que je remets en question mon expatriation, et que je me demande alors si je ne ferais pas mieux de rentrer simplement à la maison.

 

Nathalie G.

 


 


 


 


 


 

vidéo : //youtu.be/1N-4IAL_COU

https://www.youtube.com/watch?v=zUc0FGNPsVI&feature=youtu.be

 

 

 

 



20/08/2014
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