Une vie en Afrique

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Du OFF plein les yeux - Biennale Dakar 2014

J’étais hier à la CCBM (3 & 4) pour l’exposition Imago Mundi, et sur le cahier des visites, je me suis rendue compte que j’étais la seule à être passée ; il m’arrive parfois d’y jeter un coup d’œil, mais je l’avoue,  ce n’est pas toujours le cas. C’est pourtant toujours intéressant de feuilleter ce genre de document, et je me surprends à faire ma petite curieuse, mais qui ne l’a pas déjà fait ? Certes, si  certains laissent des petits pâtés incompréhensibles pour la plupart, d’autres signent tout simplement ; mais ce que je préfère ce sont les petits mots, charmants et poétiques, que d’autres n’hésitent pas à poser sur le papier pour montrer tout l’intérêt de cet  évènement  (au sens large comme au figuré – soit l’exposition, soit la biennale)  à leurs yeux. Des proses, des phrases longues et bien orthographiées, qui expriment plus que des sentiments, des sensations ! Une caverne d’ali baba des mots cachés, qui recèle des trésors de compliments, car, aussi bête que cela puisse se faire, c’est ainsi, on exprime plus facilement ce qui nous a plu que ce qui nous a déplu. Et tant mieux d’ailleurs, cela permet aussi de finir l’exposition avec tout ce qu’elle a eu de positif, sans qu’aucun aspect négatif ne vienne noircir ‘le tableau’.

Bref, après cette petite pause bien reposante, cap sur la visite, la biennale s’achève dans quelques jours, le compte à rebours arrive à sa fin.  D’ailleurs, pas de mouvement de foule, pas d’élément extérieur, seul un gardien attend dehors, la solitude s’écoute dans cette vaste pièce vide où la collection de Luciano BENETTON attend, jour après jour, que le visiteur vienne découvrir son concept original et ambitieux : « L’art de l’humanité » regroupe 1200 peintures et photos au format 10x12cm provenant de toutes les parties du monde, certaines figées, d’autres en rotation, sages ou osées, elles interpellent effectivement le quidam quant à l’art et à son expression.

Un peu plus loin, dans une immense pièce vide et sale sentant l’huile de moteur, la collection de photographies en noir et blanc sur la création contemporaine en Tunisie expose au regard des photographes un pays en pleine contradiction à travers des portraits  plus ou moins réussis.

Si l’on continue notre visite des points OFF de la biennale, on pourra noter pêle-mêle l'exposition Bois Sacré à la librairie des 4 Vents (152) pour un ensemble harmonieux, vivant et très intéressant, le Goethe Institut pour les œuvres de Fally SENE SOW (121), le RAW MATERIAL COMPANY (128) pour l’exposition « Image précaire » et une série de photos plutôt symboliques et soft sur l’homosexualité - ah pardon, si vous n’avez pas eu le temps de passer déjà, il se trouve que cette exposition a été fermée car contraire aux bonnes mœurs du pays, quel dommage que la religion se mêle des affaires artistiques - http://times24.info/dakart-le-senegal-suspend-les-expositions-sur-lhomosexualite/, les éditions Vive Voix proposent des photographies de Papa SAMBA DIOP dont une série sur la mort et la naissance en milieux hospitalier, ainsi que des tableaux de Nicolas KERROUX. Dans le même secteur, à l’Espace Timtimol (126), Cyril VERRIER propose une série de petits films à l’humour suisse, ainsi que des photos sur la lumière (si vous trouvez porte close, appelez Thierno, et prévoyez l’anti-moustique !) ;  enfin, je sais que ce n’est pas à côté mais il faut y passer, Aïssa Dione (143) accueille des artistes peintres très intéressants et Siaka TRAORE qui expose des photos sur la danse urbaine encore plus intéressantes, toutes en mouvement. Voilà, plus qu’un arrêt sur le chemin du retour à la Villa 126 à Ngor (183), non loin du Musée Boribana (où je n’ai pas pris le temps de m’arrêter), et vous découvrirez une jolie maison d’hôtes qui présente des peintures très expressives de SAADIO, et des photos (les mêmes qu’à la librairie Athéna au Plateau), puis si vous en voulez encore, on file au Village des arts (89) - mais rien d’extraordinaire n’y a attiré notre regard – et on s’arrête surtout au garage à meubles juste à côté (il n’est pas signalé sur le programme) qui au contraire nous a enthousiasmé : un sous-sol brut en béton où l’on expose du mobilier design de Ousmane MBAYE, David GUYOT, Issa DIABATE, où l’on déambule dans l’écho de nos pas et découvre sous une lumière calculée les créations déjà connues des deux premiers designers résidant à Dakar, et celles moins connues de  Issa.                                            . 

 

Voilà, ce OFF nous en aura quand même mis plein les yeux, même si tout n’était pas à la hauteur de cet évènement artistique, qu’il y a eu des ratés (comme dans toutes les grandes manifestations), et des déconvenues, et que c’était peut-être un peu trop long ; cette semaine, la dernière, les lieux d’expositions sont vides, esseulés, laissant les derniers visiteurs seuls avec leurs pensées et les journaux vides de tout article sur la biennale 2014 de Dakar.

De petites pierres en petits trous, certains lieux auront plus existé pendant la biennale que pendant le reste de l’année, leur offrant ainsi l’opportunité de retrouver une âme et d’associer leur nom à une peinture, une sculpture ou une photographie qui restera dans la mémoire des visiteurs.

 

Espérons qu’après cette débauche d’art nous aurons survécu à tant de culture condensée en si peu de temps ! A dans deux ans !



05/06/2014
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