Une vie en Afrique

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Début de diabète à Dakar : le chemin à suivre_mai 2015

Pour un début de diabète à Dakar, voici quelques informations qui pourront peut-être vous aider // article en lien avec celui-ci : http://www.unevieenafrique.com/pour-la-vie

 

En fait, tout dépend de votre âge quand vous rentrez dans le diabète. En effet à Dakar il n’y a pas de spécialiste en diabète pédiatrique.

Quand les symptômes sont là (perte de poids, fatigue, urine abondante et beaucoup d’eau), il faut s’assurer du problème avec un bilan sanguin. Si les résultants abondent dans le sens d’une entrée dans le diabète,  il vous reste deux options :

Consulter le Dr Awa Kane, endocrinologue réputée dans le pays, mais attention, elle n’est pas spécialisée en diabétologie pédiatrique ;

Si elle n’est pas là, vous pouvez vous adresser à Urgences Cardio, auprès du Dr Maïmouna Ndour et de ses collègues dont le spécialiste que nous avons consulté le Dr Mane Ibrahima Diallo (consultation : 20 000 cfa) – 33.825.04.04 ou 84.00

 

Cette première consultation permettra de vous expliquer ce qui se passe, de vous informer du type de diabète dont vous souffrez et du traitement à mettre en place en urgence, et de vous faire votre première ordonnance pour l’achat du dextro (appareil et auto piqueur) et de l’insuline.

Un conseil : demandez au docteur de bien vous initier au maniement de l’appareil et de vous montrer comment procéder à la première injection, cela vous évitera de mauvaises surprises une fois à la maison !

Théoriquement, si votre taux de sucre est très élevé et que vos analyses montrent un taux élevé de cétone dans les urines alors il faudra vous hospitaliser. Il faut en parler avec le médecin. Le problème du diabète ne se voit pas tellement à court terme, mais à long terme, car s’il n’est pas équilibré alors certains organes seront plus touchés que d’autres (yeux, les dents, les extrémités des pieds, etc) avec des risques d'amputation notamment.

Si vous rentrez chez vous, un tour à la pharmacie s’impose. Je vous conseille fortement la Pharmacie Arc-en-ciel aux Almadies si vous vivez dans le coin, la pharmacienne est bien informée et elle saura vous accompagner. Le traitement du départ au Sénégal consiste en deux piqures/jour d’insuline (matin et soir) et à un régime strict.

 

Au Sénégal, on vous propose ensuite de vous rendre à l’hôpital public Abass Ndao à Gueule Tapée (on peut se garer à l’intérieur) pour rencontrer un diététicien qui vous expliquera ce que vous pouvez manger (viande, poudre de poisson - !! -et poisson, lait, carottes, tomates, cornichons, poivrons, feuilles, laitues, courgettes, aubergines, piment, escargots africains – beurk - chenilles – mon fils a fait une attaque en lisant ça -  crabes, écrevisses, persil, céleri, haricots verts, gombos, dah - ?? - concombres, eau, citrons, poivre et sel, vinaigre), ceux qu’il faut modérer (les huiles, le beurre, les œufs, les farineux, les fruits, poulet, etc.) et ceux qu’il faut éviter (sucre, miel, confiture, gâteaux, glaces, confiseries, chocolat, bière, vin, sirop, dattes, fruits secs). Bref, il faut supprimer tous les sucres, mon fils en a pleuré !

 

Comme tout parent inquiet de la prise en charge de son enfant malade, nous nous sommes renseignés en France auprès de spécialistes et d’amis. Il faut savoir qu’en France, quand on rentre dans le diabète, on bénéficie d’une hospitalisation pour information, formation, prise en charge psychologique, diététique, etc.

Pour ne pas léser notre fils, nous avons décidé de demander un rapatriement sanitaire, ce qui a été accepté dans la mesure où il n’y avait pas sur place de spécialiste pédiatrique (on considère un enfant jusqu’à l’âge de 15 ans et quelques mois).

Notre fils et moi sommes rentrés accompagnés par un médecin urgentiste. Tout a été extrêmement bien fait, on vous accueille avec un fauteuil roulant, une ambulance si vous changez d’aéroport, et un taxi à la descente de l’avion.

 

Quentin a été hospitalisé une semaine après le résultat de ses analyses sanguines. Il a été très bien pris en charge mais il faut compter une semaine à l’hôpital (en arrivant, bilan du chemin parcouru, prise de sang, puis radio, consultation journalière avec diabétologue et diététicienne, psychologue, formation des parents en cas d’hypo-glycémie, etc.) + une semaine test de retour à la maison (toujours en France) + une consultation externe la troisième semaine à l’issue de laquelle on reçoit l’accord (ou non) du médecin pour partir. Il faudra qu’il vous prépare un bilan pour l’organisme de rapatriement. On nous a dit en arrivant qu’on partait vraiment de loin et que le début de traitement à Dakar indiquait un retard d’au moins … 20 ans !

En fait, il faut savoir que maintenant on adapte le traitement aux repas et non plus l’inverse ce qui permet de ne plus créer de générations de frustrés ! Notre fils a été soulagé d’apprendre qu’il pourrait continuer à manger de tout, en quantité raisonnable certes ! Je peux comprendre ce retard au Sénégal car il est évident que cela entraîne bien plus de frais (car plus de piqures) et qu'on a aussi plus de difficultés à gérer les malades.

 

Ce qu’on n’apprend pas à l'Hôpital c’est à gérer le regard des autres quand on se pique en public. C’est le plus compliqué pour un adolescent qui est toujours dans la puberté. Et puis il faut assumer une maladie qu’on habite à vie, ses contraintes car il y en a (surtout quand on est expatrié et qu’on voyage), et pour nous, parents, accepter de tout prévoir, de ne surtout rien oublier, et trouver la pharmacie qui acceptera de délivrer le traitement à moyen terme, etc.

 

En France, on compte environ 13 nouveaux cas /an pour 100 000 habitants ! Au lycée Jean Mermoz à Dakar, ils sont 5 je crois (sur +2 000 élèves).

 

Au retour à Dakar, il faut savoir que vous pouvez trouver le traitement sur place, au pire la pharmacie le commandera (mais ça vous coûtera plus cher et il faudra vous assurer que votre assurance prend en charge le surcoût des frais de transport et prendre en compte les délais de livraison – le traitement peut être conservé au frigidaire).

Attention : on ne trouve pas de GLUCAGEN (à utiliser en cas de choc hypo-glycémique) ; on vous en prescrira en France et vous reviendrez avec un petit stock. Il en faut un pour l’école de l’enfant, et un autre au domicile qui vous suivra dans les déplacements hors établissement scolaire. Si par hasard vous en égarez un (ou si vous le congelez – c’est ce qu’a fait mon fils !!), il faudra en commander à nouveau !

Pas de conteneur de récupération des aiguilles à Dakar : il faudra les conserver dans une bouteille en verre et les jeter à la poubelle ! Pour conserver les accessoires (bandelettes, aiguilles, etc.) j'ai pris l'option de tout mettre dans une grosse boîte en plastique pour éviter l'humidité.

 

Lorsque l’enfant reprend les cours, il vous faudra rencontrer l’infirmière et le médecin scolaire pour mettre en place le Projet d’Accueil Individualisé (PAI) et présenter le protocole du traitement. C’est eux qui ensuite se mettront en relation avec les enseignants pour les informer et leur expliquer la conduite à tenir en cas de problème. De notre côté nous avons informé les parents des meilleurs amis de Quentin des symptômes à surveiller en cas d'hypoglycémie. Car au début, on ne connaît pas les signes et on apprend. Ensuite on s'habitue trop et on se rend moins compte de l'hypoglycémie ce qui peut être plus embêtant.

Pour le suivi du diabétique, il est conseillé une visite annuelle chez l’ophtalmologiste et une prise de sang tous les trois mois.

Dans la mesure où cela s’est passé en mars, la prochaine visite de Quentin se fera en juillet en France. Mais il est évident qu’à notre retour à Dakar en septembre il faudra se rapprocher d’un médecin traitant, nous n’avons pas encore décidé qui.

 

Mon fils est diabétique de type 1. Il est dépendant de ses injections d'insuline car si son pancréas en produit encore, c'est largement insuffisant et de toutes les façons la production s'arrêtera bientôt. Il fait partie de la petite centaine de patients suivis par le Centre hospitalier de la côte basque. Mais nous vivons à Dakar.

A l’heure qu’il est mon fils gère plus ou moins bien ses prises d’insulines mais il a déjà décidé d’arrêter de noter au jour le jour les résultats de ses tests et ses quantités d’insuline qu’il s’injecte, il a donc fallu intervenir. Il réagit plutôt bien et reprend du poids (il avait perdu 10 Kgs en trois mois), fait du rugby, et est plutôt équilibré. Comme tous les adolescents il a des coups de flip, des moments où il s'interroge sur cette injustice qui le colle à un stylo d'insuline à vie. Mais dans l'ensemble nous avons de la chance qu'il soit autonome et mûr pour ses 14 ans. Comme il était bon élève, son mois d'absence n'a pas trop influé sur ses résultats scolaires, il passe le brevet cette année.

 

 

Divers :

Informations pour le voyageur diabétique : guide de voyage de la DGAC écrit en commun avec la Fédération Française des Diabétiques : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/diabete_aeroport.pdf

 

Fédération Française des Diabétiques : www.afd.asso.fr

 

Check-list du voyageur diabétique : http://www.afd.asso.fr/diabete-et/voyages/check-list

 

Sacoche pour insuline (et autres accessoires) : www.mabox-diabete.fr/

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


11/05/2015
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