Une vie en Afrique

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Dakar : De belles rencontres

 

 

Créé le 27/09/2012

Modifié le 01/04/13

 

De prime abord, le contact semble facile à Dakar. Un peu trop même, les accroches fusent, les mâles se rapprochent, et il faut du tact (ou pas, on peut être fatigué ce jour-là !) pour esquiver et fuir les "boys" qui veulent faire ami-ami, qui cherchent un correspondant ou plus si affinité, les marchands ambulants, les enfants talibé qui mendient, bref toute une petite faune qu'on préfèrerait éviter.

Et puis il y a les autres rencontres, celles qu'on aimerait approfondir, qui apportent de la lumière dans la vie de tous les jours. Le long de mes différentes sorties photos, il a fallu demander la permission, feinter parfois, aller vite souvent. Alors que j'aurais préféré parler, poser des questions, parce que nos vies sont tellement différentes que celles des autres en sont encore plus intéressantes. Depuis quelques semaines, j'essaie de tisser quelques liens avec les personnes que je rencontre, et c'est Inès qui m'offre ce privilège : la présence d'un enfant attire le regard et la compassion et l'interlocuteur en oublie vite la raison de notre venue.

 

Ainsi, le marché de Yoff pêcheurs reçoit régulièrement notre visite ; ici notre ami le plongeur avec qui je discute plongée sous-marine sous les yeux étonnés des 'mamas' sénégalaises. Là un pêcheur au filet qui plaisante régulièrement sur les photos que je prends et qui me réclame 100 000 $ (pas moins) pour cela ! Et encore la vendeuse de poissons, qui voudrait une photo d'elle, et les enfants qui jouent devant l'objectif. Inès, dans les bras de notre chauffeur, son petit bob sur la tête et le lange sur les épaules, attise quant à elle la convoitise des femmes qui veulent qu'on la leur donne, ou qu'on l'échange ! Je fais mine d'être outrée, ennuyée, et là elles rigolent, l'atmosphère se détend, parce que se promener avec un objectif comme le mien peut surprendre et suscite forcément des questions ! Un groupe de jeunes pêcheurs se repose et joue au football sur la plage entre les déchets rejetés par la mer et les restes de poissons, d'autres sont assis à l'ombre des pirogues, dormant ou observant autour d'eux. Certains cherchent la bagarre, mais la plupart veulent discuter, d'abord pour savoir ce qui m'amène, ensuite par curiosité culturelle. Et là, j'adore ! Le dimanche, vers midi, les acheteurs sont nombreux, il y a du monde, des charrettes partout, des tas de poisson frais et des ... mouches ! Sous le soleil sénégalais, l'ambiance est bonne enfant, pépère, tout roule, la patience est de mise, au gré des retours des bateaux.

 

Tous les mardis, je retourne à Yoff pêcheurs, et j'observe la vente des poissons, le repos des pêcheurs, les divers métiers qui se côtoient. L'occasion d'assister à une pêche au filet bien organisée à laquelle participent plusieurs dizaines d'hommes, au hasard d'une journée très ensoleillée.

En charrette, ou à pied, la plage est toujours aussi surprenante et les rencontres enrichissantes.

 

Voilà, ce sont ces personnes, prises sur le vif, qui figurent ici. Ce sont parfois des ombres, furtives, à contre jour, d'autres fois des poses, ces pauses qui font de belles photos et de belles histoires à raconter.

 

 

 

Rencontre avec des pêcheurs au filet, un mardi matin sur la plage de Yoff. Le filet est lancé en bateau, au large, puis deux files d'hommes remontent les filets à la marée montante, d'un bout à l'autre, jusqu'à ce que les deux bouts se retrouvent sur la plage. C'est lourd, on les sent peiner. Au bout de la file, le dernier homme enroule la corde qui tient le filet. Une fois vidé, le filet est plié. Il sera lancé 2 à 3 fois dans la journée. Ce qui est étrange, c'est de voir les enfants ou les badauds venir aider. C'est de voir les mamans africaines qui arrivent en charrette ou à pieds avec leur seau, pour acheter le poisson. A la lueur d'un soleil montant et d'une journée très chaude, sous les vapeurs de l'eau de mer, cette rencontre était "magique".

 

 

 

 

A la fin de la journée, à Yoff pêcheurs, la plage est bondée et l'appareil photo mal vu. Enfin, pour le moment. Je suis restée auprès d'une vendeuse de murène grillée, et j'ai observée l'activité intense de la plage, les enfants sont sortis de l'école, ils jouent au football et se baignent. Les femmes rangent, les charrettes rentrent, les badauds viennent dîner. Il y fait bon, l'odeur du poisson grillé prend les narines en otage, on aimerait rester plus longtemps mais bébé Inès n'est pas d'accord !

 

 

 Au fil des semaines, surtout le mardi, j'ai pris l'habitude d'aller à Yoff voir les pêcheurs. Il arrive parfois que je passe au bon moment, quand ils déchargent leurs cargaisons de poissons. Certains se laissent photographier, d'autres non, mais c'est comme un jeu avec l'objectif, on le prend plutôt bien !

 

 

 

 

 

(à suivre)



27/09/2012
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