Une vie en Afrique

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Billet n°4 // Visite Impromptue // Novembre 2012

 

Billet n°4 // Visite impromptue // Novembre 2012

 

On n'a pas réalisé, pas vu, pas compris ; on a d'abord demandé aux enfants, puis on a fait le tour de l'appartement, une fois, deux fois, puis trois, on est monté sur le toit, on est descendu dans le jardin, on a regardé sous les meubles. C'était absurde, mais sur l'instant, on espérait que ça ne l'était pas, absurde.

 

Et là, rien. RIEN. C'est horrible de se dire RIEN. Ça veut à la fois dire tout, et rien, parce qu'il n'y a plus rien.

 

J'ai réalisé, enfin, l'angoisse est montée, elle s'est arrêtée dans la gorge, là où une grosse boule s'est formée petit à petit, serrant de plus en plus l'étroit conduit menant l'air. Ce n'est pas le moment, ce n'est jamais le moment pour ces choses- ...

 

Je crois que j'ai besoin de l'écrire pour l'exorciser, pas de le dire, pas de le crier, juste de l'écrire. Ce n'est pas tant la valeur de ce qui a été volé que les traces du passé qui nous ont été arrachées, ainsi que des semaines de travail photographique non sauvegardé, évidemment ... Parce qu'on n’imagine pas que c'est possible, parce qu'on n'avait pas trop entendu que ça pouvait arriver, parce qu'on ne s'est pas méfié ...

 

Après la pression, les larmes, parce qu'il faut bien la libérer cette tension trop forte qui s'est accumulée d'un coup ; puis on fait l'état de lieux, et la réalité nous rappelle brusquement à elle : assurance, constat par un huissier, allers et retours à la gendarmerie. Et l'espoir, vain sans doute, mais qui permet d'avancer, et qui nous fait arpenter les marchés au noir, passer une annonce à la radio, surfer sur internet, promettre une récompense. En vain, mais au moins on se sera battu contre, même si ça ne sert à rien !

 



15/03/2013
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