Une vie en Afrique

Une vie en Afrique

Billet n°21 // "Ici, les nouvelles sont bonnes" - le retour "au pays" // septembre 2017

 

Pour information, cet article a été remanié depuis sa parution..


 

 

Pour reprendre une habitude ivoirienne que j'ai redécouvert cet été en vacances, je dirai juste que, "ici, les nouvelles sont bonnes". Enfin, ça, c'est pour ne pas vous faire fuir d'emblée !

Comme de toutes les façons c'est plutôt subjectif ce genre de nouvelles, alors autant voir le bon côté des choses.

 

1. Les "grandes surprises" du retour de vacances, on en a tous fait les frais quand on vit dans un pays africain, "ici" tout peut arriver. Alors, cette année, pas de vol ? Pas de toit effondré ? Pas d'inondation et de meuble en bois en état de putréfaction avancée ? Pas trop de cafards ? pas trop la forêt vierge dans le jardin ?

Si vous avez déjà passé cette première étape ou que vous venez d'arriver, passez à la section 2 de l'article. Sinon, je ne peux que vous souhaiter bon courage, "yako" (comme on dit chez moi en Côte d'Ivoire) et "Inch'Allah" (ça c'est plutôt sénégalais) et vous conseiller de vous référer aux articles adéquats pour y faire face !

 

2. Pour le reste, la vie reprend son cours. Il faut :

- se réhabituer au patois local,

- de nouveau réapprendre à marchander,

- remplir le frigo (et pour les nouveaux arrivants n'oubliez pas de prévoir au moins un seau, des serpillères et une raclette pour les inondations encore possibles au mois de septembre),

- surmonter les premiers déboires de la rentrée comme la femme de ménage qui vous envoie à l'inspection (c'est très très courant ici, on ne vous dira jamais assez de vous méfier) et/ou (re)commencer les premiers castings d'employés de maison tout gentils tous beaux tous des perles rares (!!),

- supporter le bêlement des moutons partout partout (et oui, grande découverte, même sur les toits des immeubles) qui arrivent de tout le pays pour la Tabaski (ah oui, question subsidiaire : comment expliquer à tous vos petits anges que ces jolis petits moutons qu'on voit dans la rue tout brillants et bien lavés seront bientôt tous mangés ?),

- retrouver le sens du "dépassement de soi" sur la route et se souvenir de la zénitude des vacances (ça peut vous aider croyez-moi à oublier le comportement discourtois et puéril des chauffeurs ici)

- etc ....

 

Et tout ça en s'épongeant du matin au soir parce que le taux d'humidité est à presque 100% à cette période de l'année.

 

3. A part ça rien n'a changé en deux mois : toujours autant d'enfants mendiants, toujours les mêmes problèmes avec Orange, toujours les inondations etc. Grâce (ou à cause ?) aux réseaux sociaux nous voilà bien informés comme si on n'était pas parti ...

 

4. Nota Bene pour la rentrée scolaire : nos enfants étant sous la pression d'enseignants paresseux qui ne se donnent pas tous la peine de notifier avant la rentrée la liste des fournitures nécessaires, tout en la réclamant jour après jour dans la semaine qui suit (comme si nous étions tous disponibles à plein temps pour faire des allers et retours quotidiens à la librairie), mes trois grands m'ont déjà prévenu qu'il n'était pas question d'aller en cours si tout n'était pas acheté, bonjour l'ambiance et bienvenue au lycée Jean Mermoz ...

 

4. Bref, ici, c'est comme partout, et plutôt que de vous donner la liste des plages à Dakar (à éviter pendant au moins une semaine après la Tabaski et si possible toute l'année) et d'autres informations pratiques qui sont déjà sur le blog, voici plutôt des petits conseils pour bien s'acclimater pendant la durée de votre séjour :

 

- Il faut savoir bien s'entourer et ne pas oublier qu'ici aussi on ne connait pas toujours aussi bien les gens qu'on le pense ; le contact est relativement facile dans la rue (avec le sourire tout passe ou presque), un peu moins en dehors ...

- Il ne faut pas avoir peur des désillusions, parce qu'il y en aura, forcément, comme partout ;

- Il faut aussi laisser ses "grands" rêves de côté, il n'y a pas de place ici pour tous les rêves de tout le monde, mais comme on me le faisait remarquer aujourd'hui finalement on n'a quand même pas mal de liberté de créer, alors pourquoi pas se lancer (même si c'est pour mieux tomber, on aura essayé !) ;

- Parce que nous n'êtes pas africain, et on on vous le dira (ou vous le ressentirez, et/ou le lirez sur les réseaux sociaux)... il ne faut pas l'oublier, si vous êtes expatrié vous n'êtes que de passage, au mieux vous aurez le temps de vous faire quelques amis et de beaux souvenirs avant de repartir, et sinon ....

 

Sinon, de manière générale :

- évitez de louer la maison à côté de la mosquée (ça c'est une question de bon sens !) ;

- inscrivez-vous vite au Consulat (c'est fortement conseillé) et dans les associations locales (pour trouver de bonnes copines et du soutien moral si besoin, et pour vous occuper ...) ;

- "blindez" vous contre le trop plein d'émotions ! Une petite cure de magnésium (et de vitamines pour le enfants) peut-être ? Ici on vous sollicitera en permanence pour mettre la main à la poche. Enfants mendiants, personnes qui vous arrêtent dans la rue ou qui sonnent chez vous, petits escrocs (voir l'article), respirez, ça va bien se passer, il faut juste le savoir (et prévoir un paquet de mouchoirs dans le sac ?) ;

 

Mes deux derniers conseils :

- c'est indéniable j'ai quand même le contact plus facile avec les sénégalais (dans le cadre de mon travail il m'arrive de rencontrer beaucoup de monde) ; cependant, je vous conseille de ne pas vous approchez trop "des femmes". Confidence pour confidence, c'est sans aucun doute le premier pays où je me suis faite insulter au téléphone par une femme jalouse et complètement folle qui prenait mon mari pour quelqu'un d'autre (ça c'était le lendemain de mon arrivée dans le pays), et par une autre femme encore plus dingue qui trouvait que je m'adressais trop à son mari ; c'est aussi le seul pays où je me suis faite agresser dans un supermarché par une autre folle qui sous prétexte que j'étais blanche ne voulait pas bouger son charriot pour me laisser passer ; ici, de manière générale, les femmes m'agressent quotidiennement en me faisant le signe de m'égorger dès qu'elles voient mon appareil photo (même en bandoulière) ... Alors certes, nous sommes dans le pays de "la teranga" et vous me direz qu'il ne faut pas généraliser (d'ailleurs j'ai quelques copines sénégalaises en couple mixte si, si), mais mon expérience sur le terrain m'a rendue très méfiante et je réfléchis à deux fois avant de m'engager maintenant ...

- évitez de sortir la veille des fêtes musulmanes (risque de vol élevé, esprits échauffés, bagarres et accidents). 

 

Voilà, la vie de village, à peine tranquille (une ville quand même), dans laquelle tout est possible.

La meilleure chose qui puisse vous arriver ici, c'est de rencontrer des personnes qui en valent vraiment la peine, il y en a, mais pour cela il va falloir chercher "un peu" ...

 

Ici, c'est comme ailleurs, "les nouvelles sont bonnes".



04/09/2017
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