Une vie en Afrique

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Billet n°19 // Gérer (ou pas) ses déchets hospitaliers ? // Déc.2016

Alors qu'en France tout est plus ou moins organisé pour gérer les déchets hospitaliers, le trop-plein de pharmacie et les médicaments périmés, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne et les expatriés sont souvent les premiers à le savoir.

Au Sénégal, un constat : se débarrasser de ses déchets hospitaliers c'est compliqué. Et comme je ne me vois pas rapporter tout cela en France (j'imagine la tête des agents aéroportuaires au scanner devant les "kilos" de seringues, etc.), je me dis qu'il doit bien y avoir une solution moins contraignante non ?

 

Cas concret : un enfant diabétique. Avec 4 tests et 4 piqûres d'insuline (au minimum) par jour, facile de comprendre que ça devient vite un problème de gérer les seringues des piqueurs et du testeur. Ici on ne vous donne pas de conteneur comme on peut vous en donner à la pharmacie en France. Le pharmacien m'avait conseillé de tout récupérer dans des bouteilles en verre (surtout pas en plastique pour que ça ne traverse pas) si on devait s'en débarrasser dans la nature parce qu'évidemment au Sénégal tout part dans la nature.

Au pire le sac poubelle est ouvert par les bêtes et les enfants des rues (et les déchets se répandent au sol, aie...), au mieux la poubelle arrive entière dans la décharge de Malika à quelques kilomètres de Dakar. Théoriquement si la bouteille ne se casse pas pendant le trajet, les récupérateurs vont vider la bouteille pour la récupérer, une hérésie donc ... De toutes les façons trouver une bouteille en verre tous les mois ce n'est pas évident non plus donc on est passé à la bouteille plastique, mais qu'on recycle aussi ici donc c'est sans doute le même problème qui va se poser...

 

Bref, après avoir demandé conseil à la pharmacie à Dakar, je me suis rendue dans un laboratoire pour négocier le transfert. Lequel a accepté.

Sauf que j'ai fais la bêtise de charger mon chauffeur de déposer régulièrement les bouteilles et qu'évidemment elles sont restées à s'entasser dans la voiture pendant plusieurs mois avant que je ne m'en rende compte.

Evidemment le laboratoire a refusé de les prendre et nous a envoyé à l'Hôpital Principal, à l'incinérateur.

Lequel incinérateur est payant. 2 500 cfa/Kg. Pas cher certes, mais ... allez, on va jusqu'au bout de la réflexion.

Entre le trajet (40min.x2, le temps perdu dans les embouteillages et la mobilisation de la voiture) et le paiement, et bien j'imagine assez que plus d'une famille se passe des scrupules que j'ai à jeter les déchets de mon fils dans la nature.

Je me questionne quand même par rapport à ces déchets vu le nombre de diabétiques croissant en Afrique, et donc au Sénégal ; et je suis effrayée d'avance par tout ce qui pourrait se cacher derrière, tout ce qu'on enterre, bon ou mauvais, tout ce qu'on envoie chez les recycleurs de Malika avec le risque qu'ils prennent peut être .... sûrement.

Et je m'interroge encore plus sur le manque de communication concernant ce problème de santé, sur le manque de moyens mis en oeuvre par la pays, il y a encore tellement de choses à faire dans ce domaine.

Si vous avez une idée à partager : je suis preneuse !!

 

 

 

 

 



02/12/2016
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