Une vie en Afrique

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Abidjan prépare la Tabaski - aout 2017

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Le rond-point Akwaba transformé en marché au mouton. Des milliers de bêtes installées dans des enclos de bois (ou non) envahissent maintenant les terre-pleins du boulevard Giscard d’Estaing, à la sortie de la capitale économique ivoirienne, occasionnant un embouteillage permanent.

A l’approche de la Tabaski (70 jours après la fin du ramadan), toute une ‘filière’ s’est mise en place pour proposer aux musulmans du pays les précieux moutons qui seront immolés vendredi prochain.

Des vendeurs aux acheteurs, de nombreux autres intermédiaires participent au bon fonctionnement de ce marché de plein air (menuisier, vétérinaire, vendeurs d’eau, dépouilleur, d’herbe et grains, service de sécurité, laveur, déchargeur, porteur et vendeur de corde, vendeur de couteaux, revendeur et margouillat – intermédiaire entre le propriétaire du mouton et l’acheteur, etc.).

 

De l’avis des clients rencontrés sur le marché, les prix ont encore augmenté.

 

Ce que les acheteurs justifient par l’augmentation constante des charges. Entre le transport (la plupart d’entre eux étant maliens et burkinabés, compter environ 3 jours pour venir) et les taxes douanières, la taxe de déchargement payée au district, la taxe de sécurité, l’enclos, la main d’œuvre (pour décharger et laver les bêtes) et les frais quotidiens d’eau et de nourriture (les prix ont doublé entre la semaine dernière et cette semaine), ils s’estiment sur-taxés.

 

Si les autres années le prix de base d’un mouton se négociait autour de 80 000-100 000 cfa (150 euros), il semble que cette année il faudra compter pas moins de 110 000 cfa pour une bête de corpulence moyenne, au grand dépit des acheteurs que nous avons rencontrés, les prix pouvant atteindre 500 000 cfa (750 euros) pour les plus belles bêtes.

 

 

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Certains viennent ici depuis deux jours pour négocier, et avouent repartir bredouilles. Il faut dire que le budget de la majorité des ivoiriens ne suffit pas pour l’achat d’un mouton. La tendance depuis plusieurs années est au partage entre plusieurs familles.

 

Néanmoins l’air n’est pas à l’apitoiement. Ce marché « de dialogue » n’est pas sans rappeler qu’ici tout se négocie. Un échange verbal silencieux, des montants échangés loin des regards de la concurrence, le plus souvent dans l’enclos du bétail, et des poignées de main, ou non. C’est ainsi que l’on achète son mouton.

 

A défaut de pouvoir acheter, les curieux sont nombreux à venir observer le marché et se restaurer. Ici, ce sont les nigériens, réputés maîtres dans l’art de cuire la viande, qui s’occupent des braseros. De bonnes odeurs de viande grillée, qui ne peuvent que vous inciter à acheter !

 

 



29/08/2017
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